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28 mars 2014

Esperanza de Zanina Mircevska / Patrick Verschueren / Vingtième Théâtre

"Au secours, au secours, au secours !"esperanza,zanina mircevska,patrick verschueren,sébastien albillo,olivier cherki,rebecca finet,gersende michel,maya vignando,david van de woestyne,vingtième théâtre,critique,avis,blog

Au Vingtième Théâtre, Patrick Verschueren met en scène Esperanza de la dramaturge macédonienne Zanina Mircevska. Esperanza, c'est le nom du paquebot à bord duquel s'embarquent de grands bourgeois pour traverser l'Atlantique, direction Caracas. Parmi les passagers : un criminel de guerre ayant en lui le pouvoir de détruire le monde. 

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Dis comme cela, cela pourrait ressembler à un polar, une pièce pleine d'action à la James Bond ... mais Esperanza est écrit comme une farce dont Verschueren nous propose une version cabaret avec trompettes et accordéons. L'idée est bonne idée mais le résultat n'est pas concluant. L'ensemble est très décousu. On perd un peu le fil entre tous ces personnages, très caricaturaux, aux apparitions si courtes qu'on n'en retient presque rien. L'histoire semble au final à peine ébauchée, comme si il ne s'agissait là que d'un résumé, et le comique de répétition ne fonctionne pas vraiment.

Louons toutefois la prestation des six comédiens-musiciens. Passant d'un rôle à l'autre, ils dansent, chantent, jouent plutôt bien et ne ménagent pas leur peine pour empêcher le bateau - et la pièce - de sombrer. En vain.

Esperanza de Zanina Mircevska (traduction Maria Bejanovska), mise en scène Patrick Verschueren, musique Philippe Morino. Avec Sébastien Albillo, Olivier Cherki, Rebecca Finet, Gersende Michel, Maya Vignando, David Van De Woestyne. Au Vingtième Théâtre, du mercredi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30, jusqu'au 20 avril 2014. Réservations au 01 48 65 97 90. Durée : 1h15.

03 novembre 2013

Les démineuses de Milka Assaf / Vingtième Théâtre

"Verrouiller le passé"

Il y a quelques semaines, je vous parlais du livre de Sorj Chalandon Le Quatrième mur. Un roman passionnant dans lequel un metteur en scène tente de monter Antigone d'Anouilh en pleine guerre du Liban. Du Liban et de la guerre, il en est aussi question dans Les Démineuses. Une pièce écrite et mise en scène par Milka Assaf,  présentée actuellement au Vingtième Théâtre.

 

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Photo © Vincent Marit

Depuis les raids aériens israéliens de 2006, le Sud-Liban est recouvert de mines anti-personnel. Il y en aurait deux millions, disséminées dans les champs, les collines. Autant de dangers pour les populations civiles.

Milka Assaf est franco-libanaise. Documentariste, elle a passé deux mois en 2009 avec des démineuses. Son projet de documentaire n'a pu aboutir alors elle a choisi de raconter le quotidien de ces femmes sur les planches. 

Sur scène, alignées, elles scrute méticuleusement le sol, leur détecteur à bout de bras.  Travail de fourmis et de robots à la fois : lorsqu'une mine est repérée, il faut s'agenouiller avec précaution, retirer la terre, marquer la zone ... avec pour toutes protections un casque avec visière et un plastron sur lequel figure leur nom et leur groupe sanguin. Détail significatif du danger qu'elles encourent. 

 

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Photo © Vincent Marit

Un danger quotidien que ce métier mais aussi une liberté : bien payée, les voilà autonomes financièrement dans un pays où les femmes dépendent encore beaucoup des hommes. Toutes sont musulmanes - certaines voilées, d'autres non - mais n'appartiennent pas à la même communauté. Si c'est la solidarité qui prime entre elles, leurs visions de Dieu et de la religion divergent. Face à Salma, la rigoriste, Shéhérazade, la chef d'équipe fait figure de rebelle. Scientifique, elle peut citer par coeur les versets du Coran mais rejette les dogmes ... La mort de l'une d'entre elle va encore plus ébranler leurs certitudes respectives.

On regrettera quelques imperfections : à trop vouloir nous expliquer la situation de ce pays, les dialogues virent parfois au cours d'histoire-géographie et manquent alors de naturel. Quelques longueurs aussi. Pour autant, l'histoire est prenante ; les réflexions sur la religion, la vie et la mort le sont tout autant et les six héroïnes très attachantes. Milka Assaf parvient ainsi à faire appel à nos émotions.  

Les démineuses, texte et mise en scène de Milka Assaf. Avec Sabrina Aliane, Nawel Ben Kraiem, Marine Martin-Ehlinger, Sophie Garmilla, Ibtissem Guerda, Taïdir Ouazine. Au Vingtième Théâtre, du mercredi au samedi à 21h30, le dimanche à 17h30. Réservations au 01 48 65 97 90.

24 juin 2013

Un "Roméo & Juliet" rock et 100% mâle au Vingtième Théâtre

"Peu m'importent les conventions"

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Christophe Bonzom et Sinan Bertrand / Crédit photo Marie Julliard

Roméo et Juliette c'est l'histoire d'amour universelle, adaptable à toutes les époques, à tous les amours impossibles. Au Vingtième Théâtre, la Compagnie Magnus Casalibus nous le démontre : Roméo & Juliet revisite la pièce de Shakespeare - façon glam-rock et amour gay - avec une distribution 100% masculine.

La metteuse en scène Vincianne Regattieri a choisi de situer l'action dans les coulisses d'un théâtre, entre caisses à roulettes et portants pour les vêtements. Des accessoires qui deviennent un terrain de jeu pour les six comédiens de la distribution. Lucas Anglarès (Roméo), évolue comme un chat au quatre coins de la scène malgré une blessure qui, ce soir-là, le contraignit à se déplacer avec des béquilles. Sinan Bertrand est éblouissant dans le rôle de Juliet. Pas de perruque ni de travestissement : le comédien parvient à exprimer une certaine féminité sans tomber dans la caricature. Alexandre Bonstein, Christophe Bonzom, Lauri Lupi et Léo Messe assurent, eux aussi avec brio, tous les autres rôles de la distribution. 

Comme le film Romeo + Juliet de Baz Luhrmann (avec Leonardo Di Caprio et Claire Danes), la pièce est ponctuée de chansons pop rock qui agissent comme des exhausteurs d'émotions comme "Where the wild roses grove" de Nick Cave, interprêtée par Lucas Anglarès et Sinan Bertrand. Un moment magnifique. A la fin de la scène, on a la gorge nouée  lorsqu'ils s'enlacent. C'est simplement beau et émouvant. David Bowie et Rage against the machine figurent aussi dans la playlist. 

Bon, j'arrête là, les mots manquent un peu pour décrire ce que j'ai ressenti ce soir-là : vous aurez cependant compris, j'espère, que j'ai été saisie aux tripes (en langage plus spontanné, j'ai kiffé grave !) et vous conseille vivement de courir au Vingtième Théâtre pour voir cela. 

Pour vous donner un léger avant-goût, voici une vidéo réalisée lors du Festival d'Angers où la pièce a reçu le prix du jury. Même mise en scène mais distribution différente :

Roméo & Juliet, d'après William Shakespeare par la compagnie Magnus Casalibus, mise en scène Vincianne Regattieri, adaptation Alain Sizey et Vincianne Regattieri. Avec Lucas Anglarès, Sinan Bertrand, Alexandre Bonstein, Christophe Bonzom, Lauri Lupi, Léo Messe. Au Vingtième Théâtre, du mardi au samedi à 21h30, le dimanche à 17h30, jusqu'au 28 juillet 2013 (relâche exceptionnelle le 24 juillet 2013).
Réseravtion au 01 48 65 97 90. Durée 1h45.