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10 septembre 2013

Zelda et Scott de Renaud Meyer / Théâtre La Bruyère

"On se croirait dans Gatsby ..."

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On avait laissé Sara Giraudeau en jeune ingénue dans Colombe d'Anouilh. La voila en femme libérée, totalement scandaleuse sur la scène du Théâtre La Bruyère. La jeune comédienne incarne Zelda, l'épouse de Scott Fitzgerald alias Julien Boisselier.

Zelda et Scott, pièce écrite et mise en scène par Renaud Meyer, nous narre en trois épisodes la vie sulfureuse de ce couple américain, véritable mythe de l'entre-deux-guerres.

A New-York d'abord. Dans une suite d'hôtel où l'on fête en grande pompe l'anniversaire de Zelda. Jazz en fond sonore, les amoureux sont au lit pendant que les invités festoient à côté. Zelda, fille du Sud, est la femme, la maîtresse  la muse du grand écrivain. C'est d'elle dont il s'inspire pour créer les héroïnes de ses romans. On sent déjà cependant, quelques fissures apparaître entre eux deux. Au milieu de ce couple, Hemingway (Jean-Paul Bordes), jeune écrivain peu sûr de lui, tente de faire lire son manuscrit au maître Fitzgerald. 

On retrouve les Fitzgerald quelques années plus tard sur la Riviera. Le couple est en crise : Zelda a des amants, veut écrire ; Scott refuse et tente de la garder sous sa coupe en menaçant de la faire interner. Hemingway, toujours lui, est désormais un écrivain reconnu. Il conseille à un Fitzgerald au creu de la vague de quitter sa femme ...

Sara Giraudeau est magistrale dans ce rôle, passant de Zelda la tigresse à un personnage perclus de tics nerveux avant de jouer avec beaucoup de véracité la folie. Le duo avec Julien Boisselier - Fitzgerald plein d'élégance - fonctionne parfaitement, du couple glamour aux artistes à la dérive. Jean-Paul Bordes, enfin, est manifestement plus à l'aise dans la seconde partie, le personnage d'Hemingway plein d'assurance lui correspondant mieux que celui de jeune écrivain à la recherche de reconnaissance. On appréciera également la prestation du Manhattan Jazz band : sur scène, les trois musiciens contribuent pleinement à restituer l'ambiance et l'atmosphère de cette époque. A voir.

Zelda et Scott de Renaud MEYER. Avec Sara Giraudeau, Julien Boisselier et Jean-Paul Bordes et le Manhattan Jazz Band, Xavier BORNENS (Trompette), François FUCHS (Contrebasse), Aidje TAFIAL (Batterie). Au Théâtre La Bruyère, du mardi au samedi à 21h - matinée samedi à 15h.  Réservations au 01 48 74 76 99.

24 mars 2011

"Pour l'amour de Gérard Philippe" au Théâtre La Bruyère

"Un nom craché aux étoiles à jamais"

Hier soir, au théâtre La Bruyère, à chaque fois que Sophie Artur entrait en scène,  je m'attendais à voir arriver Rosy Varte et Marthe Villalonga dans sa foulée. Les trois quarts d'entre vous trouverons cela saugrenu mais quelques-uns auront peut-être les mêmes réminiscences  : Sophie Artur, c'est avant tout pour moi Caro dans la série culte des années 80 Maguy. On a les références - et les madeleines de Proust - qu'on peut... Alors hier, installée dans un fauteuil de théâtre devant Pour l'amour de Gérard Philippe, c'était un peu comme si j'étais chez ma grand-mère en train de regarder la télé en mangeant une soupe de pâtes (c'est justement d'avoir le droit de manger devant la télé qui rendait la soupe de pâtes de Mamie bien meilleure que celle de ma mère !)

De souvenirs et de réminiscences, il en est aussi question dans la pièce écrite et mise en scène par Pierre Notte. Une certaine nostalgie sous  forme d'archives audio qui émaillent le récit. Fidel à Cuba, le premier homme sur la lune et bien sûr la mort de Gérard Philippe. Un acteur  que la femme interprêtée par Sophie Artur adule au point d'épouser un Monsieur Gérard et d'appeler son fils Philippe. Un enfant pas tout à fait parfait - il ne possède qu'un seul doigt à chaque main - mais qui doit devenir quelqu'un, à coup sûr, selon sa mère. Pour fuir la pression maternelle, l'enfant devenu adulte trouve refuge dans un cirque où il parvient à apprivoiser une ourse réputée tueuse...

Mais dans la pièce, l'intrigue semble finalement assez secondaire. C'est le texte qui importe le plus. Un texte ciselé, des répliques qui font mouche ... mais récitées à la cadence d'une mitraillette par tous les acteurs (probablement une indication de jeu, mais dans quel but ?). Les acteurs justement: pour la promo, l'accent est mis sur Raphaël (le chanteur) et Emma de Caunes, mais ce ne sont finalement pas eu que l'on retient le plus après le spectacle (j'irai même jusqu'à dire que Raphaël est presque transparent). Outre Sophie Artur, déjà citée, Bernard Alane et Romain Apelbaum nous offrent un jeu bien plus drôle et plus intéressant à mon sens.

 

Pour l'amour de Gérard Philippe, écrit et mis en scène par Pierre Notte, avec Bernard Alane, Romain Apelbaum, Sophie Artur, Emma de Caunes, Raphael. Du mardi au Samedi au Théâtre La Bruyère Réservations : 01 48 74 76 99