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10 avril 2013

Solness le Constructeur au Théâtre de la Colline, Les revenants au Théâtre des Amandiers : deux pièces de Henrik Ibsen à l'affiche

Le dramaturge norvégien Henrik Ibsen est doublement à l'affiche en ce mois d'avril : au Théâtre de la Colline, à Paris, Alain Françon s'attaque à Solness le constructeur tandis qu'au Théâtre des Amandiers à Nanterre, Thomas Ostermeier met en scène Les Revenants

Alain Françon connait bien le Théâtre de la Colline : à la fin des années 90, il en fut le directeur. Pour cette mise en scène de Solness, c'est à Vladimir Yordanoff qu'il a confié le rôle titre.  Mais celle sur qui se posent tous les regards, qui porte la pièce, c'est Adeline d'Hermy. Elle est Hilde, la jeune fille descendue de sa montagne pour retrouver l'architecte et lui rappeler sa promesse.

 Photo Elisabeth Carecchio

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La distribution est somptueuse : outre Vladimir Yordanoff et Adeline d'Hermy, on retrouve notamment Michel Robin et Adrien Gamba-Gontard, ex-pensionnaire de la Comédie-Française.  

Adeline d'Hermy est exceptionnelle : si la jeune comédienne avait déjà prouvé son talent sur la scène du Français (Peer Gynt ou Un Chapeau de paille d'Italie), elle explose littéralement dans cette pièce. Femme enfant, enjouée et vive, elle glisse quelque chose d'irréel dans son personnage, quelques grammes de magie, faisant de cette Hilde à la fois une fée et un lutin diabolique.

Il y a dans cette pièce beaucoup de symbolique. Ibsen fait appel à l'imagerie de l'enfance : un royaume, une tour, une princesse ... mais c'est pour mieux évoquer une condition perdue car cette pièce raconte aussi le déclin, la chute, l'échec. On ne peut devenir un autre, on ne réécrit pas le passé semble nous dire Ibsen. 

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Les Revenants, photo Marion Del Curto

Il est aussi question du passé dans Les Revenants. Un passé qui empoisonne les vivants, paralysés par le poids du secret et le carcan imposé par cette société puritaine de la fin du XIXe siècle.

Le Capitaine Alving était un homme admiré de tous. A sa mort, sa veuve a fait construire un orphelinat en sa mémoire. L'édifice est sur le point d'être inauguré et le Pasteur Manders s'est déplacé pour l'occasion. Mais au fil des confidences de Madame Alving, on découvre que le défunt était loin d'être un homme parfait. Alving n'était qu'un être violent et dépravé. Un non-dit qui ronge son fils Osvald de l'intérieur. Le jeune homme s'est épris de Régine, la bonne. Mais celle-ci est la fille naturelle du capitaine. 

Thomas Ostermeier est un amoureux de Ibsen. Il a déjà monté plusieurs de ses pièces, Hedda Gabler ou encore le magnifique  Un ennemi du peuple,  présenté au Festival d'Avignon en 2012. Le metteur en scène allemand a fait cette fois appel à des comédiens français : Eric Caravaca (Osvald), Valérie Dréville (Madame Alving) mais surtout Mélodie Richard (Régine) et François Loriquet (le pasteur)

Des corbeaux qui volent au dessus d'une lande apparaissent en vidéo sur les murs ; un plateau tournant nous permet de voir la scène sous des axes différents : Ostermeier est un adepte des scénographies à la technique poussée. Pour autant, on ne trouve pas dans Les Revenants ce trait de génie qui le caractérise habituellement. Le metteur en scène nous avait habitués à plus de panache et de folie. On reste un peu sur notre faim. 

Solness, le constructeur de Henrik Ibsen, mise en scène Alain Françon. Avec Gérard Chaillou, Adrien Gamba-Gontard, Adeline D’Hermy de la Comédie-Française, Agathe L’Huillier, Michel Robin, Dominique Valadié, Wladimir Yordanoff. Au Théâtre de la Colline, jusqu'au 25 avril 2013, du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30. Réservations : 01 44 62 52 52 Durée 2h15

Les Revenants, d'après Henrik Ibsen, mise en scène Thomas Ostermeier, traduction, adaptation Olivier Cadiot et Thomas Ostermeier.  Avec Eric Caravaca,  Valérie Dréville,  Mélodie Richard,  Jean-Pierre Gos,  François Loriquet. Au Théâtre des Amandiers à Nanterre, jusqu'au  27 avril 2013, t ous les jours à 20h sauf le dimanche à 16h et le jeudi 19h30 (relâche le lundi ).  Réservations : 01 46 14 70 00 Durée : 1h40  
En tournée : à Douai les 6 et 7 mai 2013, à Nantes du 15 au 17 mai 2013, à Thonon les 23 et 24 mai 2013, à Quimper les 29 et 30 mai 2013, à Caen du 5 au 7 juin 2013 e à Montpelleir les 11 et 12 juin 2013.  

18 janvier 2012

Au Théâtre des Amandiers, reprise de "Une maison de poupée" avec Marina Foïs

Il y a deux saisons, la pièce avait été un vrai succès. Sur la scène du Théâtre des Amandiers, à Nanterre, avant une tournée, Marina Foïs et Alain Fromager sont à nouveau réunis pour cette Maison de Poupée, mise en scène par Jean-Louis Martinelli.

Le metteur en scène est aussi le directeur de ce théâtre. Voici un portrait de Jean-Louis Martinelli, réalisé à l'occasion de la reprise de la pièce d'Ibsen et diffusé sur France 3 Ile-de-France (Rédaction : Pascale Sorgues, Images : Audrey Natalizi, Son : Régis Saint-Estève, Montage : Sandra Sonder).

 


Pour ceux qui avait vu la pièce mise en scène par Michel Fau au Théâtre de la Madeleine (avec Audrey Tautou), voici une version fort différente. 

Chez Martinelli, la scénographie est plus moderne, le décor composé de meubles au design nordique, le plateau immense. Une modernité que l'on retrouve aussi dans les costumes. Là où Tautou était corsetée et entravée dans ses soieries et rubans, Marina Foïs évolue plus librement dans une robe courte et dépouillée. Alors forcément, on ressent un peu moins l'oppression, le poids des conventions qui pèsent sur Nora, l'héroïne de ce drame.  Mais finalement, les barrières qui entravent notre liberté sont souvent uniquement dans notre tête. C'est peut-être ce que Jean-louis Martinelli voulait nous montrer.

Une maison de poupée de Henrik Ibsen (Texte français Jean-Louis Martinelli, Grégoire Œstermann et Amélie Wendling), mise en scène Jean-Louis Martinelli. Avec Bénédicte Cerutti, Marina Foïs, Alain Fromager, Laurent Grévill, Grégoire Œstermann et Martine Vandeville. Au Théâtre des Amandiers à Nanterre, jusqu'au 22 janvier 2012 puis en tournée. Réservations au : 01.46.14.70.00