Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06 janvier 2012

Le Théâtre de La Huchette menacé : appel à la solidarité

Le prix des loyers parisiens s'envole, ce n'est pas une nouveauté. Mais cette surenchère ne touche pas que les particuliers. Le Théâtre de La Huchette en fait lui aussi les frais. Il est aujourd'hui menacé d'expulsion.

Depuis plus de 50 ans, on y joue, chaque soir, La Cantatrice Chauve et La Leçon de Ionesco. Au printemps dernier, peu après la 17 000 ème, j'avais assisté à une des représentations dans le cadre d'un reportage diffusé sur France 3 Ile-de-France.


Situé dans le quartier latin, ce théâtre fonctionne comme une coopérative dont les comédiens sont les actionnaires ...mais pas les propriétaires des murs. Coût du loyer : 52 000 euros par an. "On est aujourd'hui dans une situation critique avec un loyer que l'on ne peut plus honorer " explique Gonzague Phélip, membre de l'Association des amis du Théâtre de La Huchette. Le loyer a doublé en 15 ans. "Impossible de répercuter cette hausse sur le prix des billets : nous accueillons un public jeune, composé en grande partie de groupes scolaires. On tient donc à garder nos tarifs accessibles mais si on suivait l'évolution du loyer, il faudrait mettre le prix des places à 30 euros."

Et lorsque l'on ajoute à cette hausse de loyer, la très petite jauge du théâtre (90 places), on comprend vite que , malgré une salle souvent pleine, la dette grimpe à toute allure : 80 000 euros actuellement. L'Association des amis du Théâtre de la Huchette a donc lancé un appel aux dons, auprès des particuliers et des entreprises. "On sent que la possible disparition du Théâtre de la Huchette provoque une émotion, beaucoup de gens se mobilisent" poursuit Gonzague Phélip. Les fonds récoltés couvrent pour l'instant un quart de la dette mais la Huchette reste dans une "fragilité extrême".

Le Ministère a été appelé au secours, mais aucune proposition concrête à ce jour. L'objectif est double : apurer la dette, d'une part, et trouver un financement pérenne, d'autre part. "Nous assurons une mission de service public" tient à préciser Gonzague Phélip. Le théâtre, parallèlement aux représentations des pièces de Ionesco, met aussi l'accent sur la découverte de jeunes auteurs contemporains.

Espérons qu'un solution sera trouvée pour sauver ce lieu : voir une boutique de fringues ou un enième restaurant s'installer à cet endroit-là ferait vraiment mal au coeur.

23 juin 2011

"La Cantatrice chauve" au Théâtre de La Huchette : la vidéo

Voici la vidéo du reportage sur La Cantatrice chauve au Théâtre de la Huchettte, dont je vous parlais il y a quelques temps :



18 mai 2011

Plus de 17 000 représentations pour "La Cantatrice chauve" à La Huchette

"Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s'ils ne peuvent pas guérir ensemble."

Un billet en forme de coup de gueule. J'avais initialement prévu de vous parler de La cantatrice chauve qui se joue au Théâtre de  La Huchette depuis plus de 50 ans. Je suis allée voir la pièce la semaine dernière. Oui mais voilà, de la pièce, je n'ai pas vu grand chose ... la faute à une bande d'adolescents qui n'avait aucune envie d'être là et qui ont transformé la représentation en enfer pour tous les autres, comédiens compris.

Pourquoi forcer les gens à aller au théâtre contre leur gré ? "Pour leur bien" pourrait-on répondre, comme le faisant ma mère en enfournant une cuillère de sirop pour la toux dans mon gosier lorsque j'étais enfant. Et inéluctablement, je rejetais le contenu de la cuillère en même temps que celui de mon estomac. Et bien c'est exactement ce qu'il s'est passé ce soir là au Théâtre de La Huchette. Si, si, je vous assure ! Le jeune homme, passablement aviné, assis juste devant moi a vomi - par trois fois - au cours de la représentation. Et les accompagnants (je n'ose employer le terme d'enseignants) n'ont pas jugé bon de le faire sortir : "Il s'est lui même mis dans cet état, qu'il assume ! Hors de question qu'il sorte" a même laché l'un d'eux. Ce sont surtout les autres qui ont assumé, spectateurs incommodés par l'odeur pendant une heure et comédiens, jouant contre vents et sonneries de téléphone portable (la jeune fille à mes côtés à carrément décroché, non pour dire "je peux pas te parler, je suis au théâtre" mais pour avoir une vraie conversation, sans la moindre gêne, avec son interlocuteur). Et là, cher lecteur, je sais que c'en est trop pour toi, alors je t'éviterais le récit de l'algarade à la sortie  avec les accompagnants qui ne comprenaient pas notre indignation ("Vous nous stigmatisez parce qu'on vient de Roubaix, c'est ça ?"). Naïvement - mais je ne suis pas pédagogue - je pensais qu'une sortie au théâtre ça se préparait, qu'on rappelait au préalable quelques règles élémentaires (on arrive à l'heure, on parle pas, on éteint son téléphone portable ... on n'est pas au cinéma, sur scène, ce sont des vrais gens qui doivent se concentrer pour dire leur texte) et surtout, que lorsqu'on se rendait compte que deux ou trois garnements ont apparemment écumé les bars de la rue avant d'arriver au théâtre et ne sont pas en état de suivre la pièce, on reste avec eux à l'extérieur. Mais j'ai depuis peu passé le cap des 30 ans et  je suis probablement devenue une vieille réac' coincée !!!!!

Et la Cantatrice chauve dans tout ça ? Bien sûr, "elle se coiffe toujours de la même façon" mais elle se porte à merveille. De pièce d'avant-garde, elle est devenue un classique. Et au bout de 17 031 représentations, toujours dans la mise-en-scène de Nicolas Bataille, la mécanique est bien huilée permettant aux comédiens de réussir le tour de force de jouer malgré tout (avec tout de même un petit "si cela ne vous plait pas, vous pouvez sortir" laché entre deux répliques). Chapeau bas ! 

Ce soir-là, pour les besoins d'un reportage, nous avons rencontré Odette Barrois qui a créé le rôle de la bonne Mary en 1950 (ce n'était pas encore à la Huchette mais aux Noctambules). La comédienne a arrêté les représentations il y a tout juste un an, après avoir incarné ce rôle "5000 ou 6000 fois", elle n'a jamais compté ! (Si la pièce est jouée non-stop, les comédiens alternent par quinzaine). Des anecdotes Odette Barrois en a des tonnes ... mais je suis sûre qu'un chahut comme celui auquel eurent droit les comédiens ce soir-là, elle n'avait jamais vu ça !