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25 avril 2012

Roméo et Juliette sur France 2 : l'audience n'est pas au rendez-vous

Hier soir, France 2 proposait en "prime time" un audacieux documentaire. On y suivait des lycéens en train de préparer une représentation de Roméo et Juliette sous la houlette du metteur en scène Alain Sachs

Du casting en septembre à la représentation le 19 décembre sur la scène de l'Odéon, deux heures de pur délice où, immergés au sein de cette troupe pas comme les autres, l'on découvrait les tâtonnements et les questionnements de ces ados issus de deux lycées parisiens.

Des comédiens non professionnels, un timing serré ... C'est un beau challenge que relevait Alain Sachs. Roméo, c'est le timide Timothée, un peu effacé derrière son frère jumeau. Juliette, c'est la pas si sage Anaïs, qui fait tourner la tête des garçons de la troupe. Aussi attachants l'un que l'autre, les deux lycéens peinent un peu lors des répétitions. La scène du baiser, lors du bal, pose notamment problème. "Comment embrasser quelqu'un sur scène et paraître vraiment amoureuse alors qu'on ne l'est pas" s'interroge Anaïs.  On se dit qu'ils n'y arriveront jamais, trop jeunes pour prendre du recul, pas assez expérimentés en amour et en théâtre ... Et puis survient cette répétition - un déclic né on ne sait comment - Anaïs et Timothée jouent soudain la scène avec une justesse éblouissante. Le temps se suspend, Alain Sachs semble hypnotisé et, malgré ses années d'expérience théâtrale, ses yeux brillent (et les nôtres aussi).

Et même si, en visionnant la captation, on ne peut s'empêcher d'y voir des lacunes dans l'interprétation, on est totalement séduit par l'enthousiasme et l'engagement de tous les protagonistes de cette expérience.

Hélas, trois fois hélas : les télespectateurs n'ont pas été au rendez-vous. 2,6% de part d’audience seulement selon Médiamétrie soit 696.000 téléspectateurs. Shakespeare concurrencé directement par d'autres Anglais, ceux de Chelsea qui affrontaient le Barça sur TF1 (presque 8 millions de télespectateurs): forcément le match était perdu d'avance.

Alors un petit agacement pointe : pourquoi avoir programmé ce documentaire ce soir-là ? Pourquoi avoir relégué la diffusion de la pièce à 1h du matin au lieu de la proposer à la suite du documentaire ?

Pour couronner le tout, ni la pièce ni le docu ne sont , pour le moment, disponibles sur Pluzz, le site de rattrapage de France télévisions ...


20 mai 2011

Mille francs de récompense de Victor Hugo à l'Odéon - Théâtre de l'Europe

"Paris est grand, Paris est bon ; je viens m'y perdre et m'y retrouver"

 Laurent Pelly, victor Hugo, theatre de l'odeon, mille francs de recompenseJ'avoue : de Victor Hugo dramaturge je connaissais Hernani, Ruy Blas, Angelo tyran de Padoue, Lucrèce Borgia... mais Mille francs de récompense, jusqu'à la semaine dernière, je n'en avais jamais entendu parler. Jusqu'à ce que je vois une affiche. C'est surtout le nom de Laurent Pelly à la mise en scène qui m'a donné envie d'y aller. Et c'est tant mieux car cette pièce est un petit joyaux.

L'histoire, c'est un peu celle des Misérables. Un récit à tiroir avec des situations qui s'entrecroisent et se recoupent. L'histoire débute dans une famille démunie devenue la proie des huissiers. Témoin de cela, un cambrioleur à qui la jeune fille de la maison, Cyprienne, a permis de traverser l'appartement pour s'enfuir par les toits. Le voleur, Glapieu, décide alors de faire une bonne action.  A mi-chemin entre Jean Valjean et Gavroche, il tente de rétablir une certaine forme de justice sociale face aux banquiers et aux bourgeois et devient, un peu malgré lui, le deus ex machina de l'intrigue. 

La pièce a été créée l'année dernière au Théâtre national de Toulouse que Laurent Pelly co-dirige. Le metteur en scène (dont on peut également voir en ce moment L'Opéra de quat'sous à la Comédie-française) et son équipe ont opté pour un décor assez épuré, laissant une grande place à l'imagination du spectateur : des armatures en fer dessinant tour à tour un appartement ou un tribunal et permettant à Glapieu de se transformer en passe-muraille pour venir nous interpeller. La distribution est irréprochable à mes yeux : Jérôme Huguet parvient à rendre Glapieu vraiment attachant, Emmanuel Daumas campe avec humour un fêtard devenu substitut du procureur contre son gré (avec une scène où, déguisé en chevalier, il vient en aide à la jeune fille éplorée tel Don Quichotte) mais surtout Christine Brücher et Emile Vaudou réussissent à jouer une mère et une fille au comble du désespoir sans tomber dans le pathos.

Car tel était le risque avec cette pièce, véritable mélodrame avec une happy end comme on en fait plus. Laurent Pelly évite avec brio de plonger dans le côté "gnangnan" et met superbement en valeur les longues tirades humanistes, permettant ainsi à Victor Hugo de nous interpeller par delà les années.

Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Laurent Pelly avec Vincent Bramoullé, Christine Brücher, Emmanuel Daumas, Rémi Gibier, Benjamin Hubert, Jérôme Huguet, Pascal Lambert, Eddy Letexier, Laurent Meininger, Jean-Benoît Terral, Émilie Vaudou et avec la participation de François Bombaglia. Au Théâtre de l’Odéon jusqu'au 5 juin 2011. Réservation :  01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

14 avril 2011

Le ministre et la fausse ingénue

Ce matin, le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand était l'invité de l'émission Comme on nous parle sur France Inter. Une émission, présentée par Ali Rebeihi en l'absence de Pascale Clark, dont le sujet était "Comment se passe les nominations qui dépendent du ministère de la culture ?". Un titre un peu général, pour surtout parler de l'affaire Py au théâtre de l'Odéon.

Si vous avez passé une partie de la semaine dernière sur la planète Mars ou au fond d'une grotte, sachez, en résumé, que Frédéric Mitterrand a annoncé le non-renouvellement du mandat d'Olivier Py à la tête de L'Odéon - Théâtre de l'Europe, au profit du metteur en scène Luc Bondy, et ce alors même que le mandat d'Olivier Py court jusqu'au printemps 2012. La nouvelle a fait grand bruit dans le milieu du théâtre : pourquoi ne pas renouveler Olivier Py et surtout pourquoi annoncer cela si tôt ?

Et heureusement que Laure Adler était là, aux côtés d'Ali Rebeihi, pour poser les vraies questions et faire sortir le ministre de ses retranchements. D'entrée de jeu, la journaliste attaque sur ce calendrier, soulignant que rien n'a été annoncé pour des échéances beaucoup plus proches (Murielle Mayette à la Comédie française, par exemple,  voit son mandat s'achever en juillet ...) Elle parle de "précipitation". Réponse du ministre : c'est justement le contraire de la précipitation, à un an de l'échéance. "Mais pourquoi cet agenda ?" persiste la journaliste.  "Il y avait tout d'un coup un climat autour de cette situation, avec une certaine agitation de certains réseaux, de beaucoup de monde, qui impliquait que l'on puisse vider l'abcés en laissant à chacun des protagonistes le temps de s'organiser", rétorque Frédéric Mitterrand. "Quel abcès ?" pas de réponse ...

Que reproche-t-il à Olivier Py ? "Mon soucis, c'était de trouver pour ce théâtre le meilleur rayonnement européen auquel il a droit et qui est conforme à sa vocation. Je regrette de ne pas avoir eu vraiment ce genre de conversation avec Olivier Py." Et d'ajouter, qu'il réfléchit à "une affectation conforme à son talent. Et lorsque l'on dit ça, tout le monde sait à quoi on pense." Ali Rebeihi reprend la parole sans relever la question (il n'était apparemment pas bien réveillé ce matin ...). Mais Laure Adler, coupant la parole à son collègue, veille au grain et ne laisse pas passer ça, quitte à se faire traiter de "fausse ingénue" par le ministre. "Tout le monde pense évidemment au Festival d'Avignon." Voilà donc une annonce un peu plus officielle que toute les rumeurs qui circulaient jusqu'alors.

Reste que les actuels directeurs du Festival d'Avignon, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, sont en poste jusqu'en 2013 et surtout qu'un autre événement au printemps 2012 pourrait modifier la donne : l'élection présidentielle... Que deviendront alors les annonces et promesses de Frédéric Mitterrand aujourd'hui !

La suite demain soir, puisque Laure Adler reçoit dans son Studio théâtre Olivier Py (à 23h15, toujours sur France Inter).

Pour réécouter l'émission en entier, c'est .

 

Epilogue (?) : Frédéric Mittrrand a proposé officiellement à Olivier Py le direction du Festival d'Avignon (après l'édition 2013 donc) et celui-ci a accepté.

Quant à Muriel Mayette, elle devrait voir son mandat renouvelé, d'après la journaliste du Figaro Armelle Héliot (voir son blog)