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17 décembre 2013

Feu³ la mère de Madame d'après Feydeau / Compagnie HoCemo Théâtre / Théâtre de Belleville

  Allez ! allez, dis ! qu’est-ce que tu leur reproches ?
— Oh ! peu de choses !… Même en dessous ils sont très bien ! là, tu vois, je suis juste. Mais au-dessus, dam ! ça creuse un peu ; ça…

feu³ la  mère de madame,georges feydeau,compagnie hocemo,theatre de belleville,géry clappier,julien large,claire pouderoux,damien prévot,lise quet,avis,critique,théâtre,blogIl faut dire les choses telles qu'elles sont : elle est plutôt pas mal la programmation du Théâtre de Belleville ! Le lieu - ancien Théâtre du Tambour Royal, repris en 2011 par Laurent Sroussi - réussit le pari de présenter des spectacles de bonne qualité avec des moyens modestes en s'appuyant pour cela le plus souvent sur de jeunes metteurs en scène. L'année dernière, la compagnie HoCemo Théâtre nous avait régalé avec Un Fil à la patte. Ils récidivent avec Feu³ la Mère de Madame

En lisant le titre, il peut passer un peu inaperçu ce petit "³". C'est pourtant là que réside toute l'inventivité de ce spectacle "d'après" Feydeau. La courte pièce - rarement présentée seule - est ici passée à la centrifugeuse pour devenir le support d'une expérience scientifique : analyser les comportements amoureux des Français.  

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Voici donc deux scientifiques nous présentant leur expérience. Ils vont tirer au sort deux "spectateurs" et leur demander de jouer la pièce de Feydeau dans une cage métallique, la C.U.B.E (centrifugeuse universelle à bi-polarité émotionnelle) afin d'observer et d'analyser le comportement de ce couple cobaye. Le vaudeville devient en somme l'exemple parfait de la vie matrimoniale à la Française. 

Dès les premières minutes, on rit franchement devant ces personnages, de la scientifique stricte (Lise Quet) au savant fou (Julien Large) sans oublier les deux faux spectateurs aux tempéraments diamétralement opposés (Claire Pouderoux et Damien Prévot). Même si le Feydeau en question est joué à vive allure, amputé de quelques scènes et pas vraiment mis en valeur au sein de cette histoire d'expérience scientifique, on est une fois de plus séduit par les comédiens de cette troupe. Beaucoup d'énergie, un grain de folie ... on en redemande ! 

Feu³ la Mère de Madame d'après Georges Feydeau par la Compagnie HoCemo Théâtre. Avec Géry Clappier, Julien Large, Claire Pouderoux, Damien Prévot, Lise Quet. Au Théâtre de Belleville, jusqu'au 2 février 2014, du mercredi au samedi à 21H30, dimanche à 17H00. Réservations au 01 48 06 72 34. Durée 1h15.

30 janvier 2013

Un fil à la patte de Feydeau / Lise Quet / Théâtre de Belleville

 "Il est plouss pétite que l'autre...
mais il est plouss portatif ! ..."
Un fil à la patte.jpg

Une fois de plus, le Théâtre de Belleville réussit le pari de la jeunesse. Après Hernani de Victor Hugo mis en scène par Margaux Eskenazy, voici Un fil à la patte de Feydeau, mis en scène par Lise Quet et interprêté par la jeune troupe HoCemo (composée d'anciens élèves de l'Ecole Claude Mathieu).

C'est en ayant fortement en tête la version Jérôme Deschamps-Comédie-Française que je me suis installée dans mon fauteuil. On a beau tenter d'avoir un regard neuf et neutre dans ces cas-là, il faut se faire violence pour ne pas faire des comparaisons scène à scène ... Du moins pendant les premières minutes. Car très rapidement, l'énergie de ces jeunes comédiens a effacé tout le reste. 

Il y a de l'inventivité et de l'enthousiasme dans cette mise en scène. Peu de moyens pour les décors - on le sent bien - et même pas de rideau. Comment faire alors pour passer d'un acte à l'autre, de l'appartement de Lucette à celui de la baronne puis à la cage d'escalier de Bois d'Enghien ? L'astuce trouvée est ingénieuse : une petite chanson et tout le monde s'active à déménager en rythme. Et comme Cindy Rodrigues (Lucette) a une assez jolie voix, le subterfuge n'en est que plus agréable.

Rappelons en deux mots l'histoire : Bois d'Enghien va bientôt se marier mais n'arrive pas à se défaire de sa maitresse, Lucette, chanteuse de café-concert. La chose se complique encore plus lorsque surgit un général sud-américain fou amoureux de la chanteuse et que cette dernière se retrouve invitée à la signature de contrat des deux futurs mariés.

Voici un court extrait du spectacle :


L'atmosphère est un peu cartoonesque - mais qui s'en plaindrait ? - et les huit comédiens en scène mènent l'intrigue tambour battant. Mention spéciale pour Damien Prévot qui interprête le général Irrigua et Nicolas Fantoli dans le rôle de Bois d'Enghien. Comique de situation, quiproquos ... tous les ressorts qui font le succès des pièces de Feydeau sont bien au rendez-vous cette mise en scène. Lise Quiet parvient en plus à mettre de la légèreté dans tout cela. On en redemande ! 

Un fil à la patte de Georges Feydeau, mise en scène Lise Quet. Avec Nicolas Fantoli , Cindy Rodrigues, Julien Large, Lionel Rondeau, Damien Prévot, Rémi Dessenoix (en alternance avec Florent Bresson), Amandine Calsat, Claire Pouderoux.
Au Théâtre de Belleville, jusqu'au 28 février, du  mardi au samedi à 21H15 et dimanche à 17H15 (Relâches les 6, 7 février). Réservation 01 48 06 72 34. Durée du spectacle 2H

16 novembre 2012

Reprise au Théâtre de Belleville de "Hernani", mise en scène Margaux Eskenazy

"Éteins-toi, coeur jeune et plein de flamme!
Laisse régner l’esprit que longtemps tu troublas.
Tes amours désormais, tes maîtresses, hélas !
C’est l’Allemagne, c’est la Flandre, c’est l’Espagne."

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Voici la critique publiée en avril 2012 : 

Hugo encore ... après Quatre-vingt-treize à la Maison de la poésie, voici Hernani au Théâtre de Belleville. Le Théâtre de Belleville, c'est l'ancien Tambour-Royal, une des salles de spectacle les plus vieilles de Paris. Laurent Sroussi, financier devenu comédien, a repris les lieux voilà un an et a procédé à une rénovation complète de la salle. 

A sa création, en 1830, Hernani fit scandale : sa "bataille" a marqué l'histoire du théâtre. Dans ce drame romantique, Victor Hugo plonge dans l'Espagne du 16e siècle pour nous parler de passion. Une femme, Doña Sol, et trois prétendants, Hernani, noble déchu, le roi Don Carlos, futur Charles Quint, et le vieux Don Ruy Gomez de Silva, tuteur de la belle qui espère néanmoins l'épouser. 

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Il y a dans cette mise en scène de la jeune Margaux Eskenazy du bon et du moins bon. On ne retiendra pas la musique pop, un peu trop forte, qui vient par moment couvrir les dialogues, ni la première tenue de mariée de  Doña Sol, kitsch au possible. On préfèrera souligner l'ingéniosité de la scénographie, avec peu de moyens, et les changements à vue, rapides, faits par les comédiens eux-mêmes. 

Hernani.jpg

Du côté des comédiens, Hernani (Thomas Moreno) manque un peu de gravité (certaines répliques sont dites sur un ton des plus légers qui ne sied pas vraiment à l'image du héros romantique) mais Doña Sol (Laure Grandbesancon) parvient à nous charmer par sa grâce un peu enfantine. Dans cette distribution, un des comédiens sort vraiment du lot : Laurent Deve confère à Don Carlos un petit air narquois - qui lui va plutôt bien - et réussit brillamment la tirade de l'acte IV, celle où, attendant sa désignation comme empereur, le futur Charles Quint s'adresse à Charlemagne. Un tirade où l'on retrouve tous les accents hugoliens.

En résumé, ce spectacle vaut tout de même le coup d'oeil malgré ses imperfections. Margaux Eskenazi et sa troupe parviennent à nous séduire. Une jeune metteuse en scène sur l'avenir de laquelle on peut se permettre de parier sans gros risque !

Hernani de Victor Hugo, mise en scène de Margaux Eskenazi. Avec Sylvie Beurtheret, Laurent Deve, Thomas Moreno, Jean Pavageau, Laure Grandbesançon. Au Théâtre de Belleville, jusqu'au au dimanche 3 juin 2012 (du mercredi au samedi à 21H, le dimanche à 17H). Réservation 01 48 06 72 34.

Reprise au Théâtre de Belleville, du mercredi 14 novembre au dimanche 30 décembre 2012 (du mardi au jeudi à 21H) et du mardi 1er au dimanche 6 janvier 2013 (du mardi au samedi à 21H, dimanche à 17H).