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16 janvier 2014

Deux hommes jonglaient dans leur tête / Roland Auzet et Jérôme Thomas / Le Monfort

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Deux hommes jonglaient dans leur tête : voilà un titre à la fois explicite et obscur. Roland Auzet et Jérôme Thomas - les deux hommes en question - s'installent avec leurs instruments étonnants au Monfort.

Ici et là sur la scène, d'élégants objets de bois. Ces machines pourraient être sorties de l'imagination de Léonard de Vinci. Au milieu de cette installation : Jérôme Thomas,jongleur , et Roland Auzet, virtuose de la percussion. Dans une semi-obscurité, vêtus de très chics costumes-cravates et sans échanger un seul mot, les deux hommes enchaînent les démonstrations d'une machine à l'autre. Les percussions impulsent le rythme au jonglage, le jonglage lui-même devient percussion. 

La technique est impressionnante : les deux compères parviennent même à créer des illusions d'optiques tant ils sont rapides. Des miroirs et des lumières magnifiques sont aussi là pour les y aider. Jérôme Thomas nous démontre que l'on peut jongler avec tout - des plumes comme des grelots - et Roland Auzet que tout est musique.

Le spectacle est ainsi autant visuel et sonore. Toutes ses machines en bois produisent du son : dans leurs entrailles, des tringles métalliques, des carillons ... leur corps sert de caisse de résonance. On peut être fascinés en voyant cela mais il s’exhale aussi de la scène une certaine tension et la frénésie des deux hommes vire un peu à la cacophonie: des sons de toute part qui en deviennent assourdissants lorsque, comme pris de folie, ils animent toute cette machinerie en même temps.  

Deux hommes jonglaient dans leur tête, conception et interprétation Roland Auzet et Jérôme Thomas. Au Monfort Théâtre, jusqu'au 1er février 2014, du mardi au samedi à 20h45, le jeudi 23 janvier à 14h30. Réservations au 01 56 08 33 88.  Durée : 1h. 

20 octobre 2013

Un bon petit diable et Boucle d'or : deux spectacles pour enfants au banc d'essai

Loin des grosses productions avec danseurs par dizaines et costumes XXL, ce sont deux pièces pour enfants plus intimistes que j'ai testées pour vous. Un Bon Petit diable et Boucle d'or - une étrange affaire sont à voir pendant les vacances de la Toussaint (et même après !)

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Photos : Luca Malterre

D'Un bon petit diable, je garde en mémoire ma frayeur d'enfant devant Alice Sapritch incarnant l'horrible veuve Mac'Miche dans le film de Jean-Claude Brialy. Sur la scène d'A la Folie théâtre, la vieille femme vénale (Caroline Marchetti) - qui affame son pupille Charles (Raphaël Poli) et le met finalement en pension pour capter son héritage, -est plus ridicule qu'effrayante.

Cette adaptation s'adresse clairement aux jeunes enfants et s'attache au début de l'histoire de la Comtesse de Ségur. Le spectacle vire au numéro de clown mais les clowns font toujours rire les enfants même quand ils ont recours à des subterfuges aussi éculés qu'un coussin péteur...

On retiendra surtout le personnage de Betty (Charlotte Popon), domestique façon Mary Poppins qui insuffle quelques grammes de magie et de féerie dans l'histoire. Les décors sont simples mais les accessoires et les costumes soignés. La pièce ravira les enfants mais frustrera un peu les parents nostalgiques de l'oeuvre originale.

 

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Photos : Maud Bernos

Au Lucernaire, c'est une enquête autour de l'histoire de Boucle d'or qui nous est proposée. Boucle d'or - Une étrange affaire décortique le conte de façon ultra-pédagogique. Etape 1 : comprendre pourquoi Boucle d'or s'est échappée de chez elle. Etape 2 : que faire si l'on croise un ours ? Et la magie dans tout ça me direz-vous. Qui sait, peut-être que Boucle d'or et Petit ours sont restés en contact, peut-être même qu'ils sont à présent amis et confidents l'un de l'autre ? 

Sur scène, les deux comédiennes déplient des trésors d'inventivité pour construire cette "enquête". En guise de décor, des patchworks en tissus sur lesquels des mobiles se dessinent en ombres chinoises grâce à des lampes de poches. Magie et poésie de l'enfance, un peu comme quand on raconte des histoires sous les couvertures. La maison des trois ours, elle, est une magnifique maquette en carton. 

Le spectacle est lui aussi pour les tout-petits (à partir de 4 ans) mais les parents ne pourront pas lutter contre une certaine régression. On fond un peu devant cette création ! 


Un Bon petit diable d'après la Comtesse de Ségur, adaptation Rébecca Stella et Danielle Barthélemy, mise en scène Rébecca Stella. Avec Caroline Marchetti, Charlotte Popon et Raphaël Poli. A la Folie Théâtre, jusqu'au 11 janvier 2014, samedi à 18h15, dimache à 15, réprésentations supplémentaires les 2 et 3 janvier 2014 à 18h15. Réservations au 01 43 55 14 80. 
Boucle d'or - Une étrange affaire de Florence Le Corre, mise en scène  Isabelle Hazaël. Avec (en alternance) Mia Delmaë, Flore Grimaud, Rachel Huet-Bayelle, Florence Le Corre. Au Lucernaire, jusqu'au 8 février 2014, les mercredis et samedis à 16h30, du mardi au samedi pendant les vacances scolaires à 16h30. 

12 janvier 2011

"20 000 lieues sous les mers" à l'Alhambra

Mobilis in mobile

"20 000 lieues sous les mers" au théâtre, comment est-ce possible ? Le roman de Jules Verne se préterait plutôt à une adaptation cinématographique, façon blockbuster en 3D et son saturé. Le style de film que je fuis, à peine en ai-je aperçu l'affiche ...

Et lorsque l'on découvre que le spectacle en question dure seulement une heure vingt et que la distribution se résume  à deux comédiens, les interrogations deviennent vite de lourdes craintes.

C'est donc un peu sceptique que je me suis installée dans mon fauteuil à l'Alhambra ce soir-là.

IMG00136-20101207-1411.jpg Pourtant, avant même que le spectacle ne débute, le charme opère. Le décor est soigné, la bande son qui nous accueille aussi. On est déjà dans l'atmosphère, prêts à plonger.

Et puis il y a l'accueil, déjà du spectacle ! Au milieu des fauteuils, Antoine Dumont d'Urville (alias Thierry Le Gad) tout nouvel assistant du professeur Aronnax, nous salue individuellement, nous remercie chaleureusement de notre venue et prend le temps de papoter un instant avec nous. Le procédé n'est pas nouveau, mais il fonctionne à chaque fois.

Quand je vous disais que la distribution se limitait à deux comédiens, c'était oublier les figurants : coquillages vides, poissons empaillés, crâne de dinosaure et autres accessoires "interprêtent" les autres personnages avec brio, tels des marionnettes auxquelles le Professeur Aronnax, alias Sydney Bernard, prête voix.

Autre procédé qui me séduit à coup sûr (je suis restée une enfant, je sais !) : les effets spéciaux . En la matière, l'adaptation théâtrale du film "Les 39 marches" - l'année dernière au théâtre La Bruyère - avait fait fort. Course poursuite au sommet d'un train, long périple dans la lande écossaise, atmosphère pluvieuse ... L'ingéniosité était au rendez-vous pour restituer au mieux les scènes du film.

Oui mais là, comment faire ? Une attaque de calamar  géant (ou bien était-ce un poulpe ?), cela doit être surprenant, effrayant, violent ... Et bien tout y est. Je ne vous dirait pas comment car ce serait gâcher votre plaisir de futur spectateur. Mais sachez que vous ne sortirez pas indemnes après l'attaque de ce monstre marin. Décoiffés et mouillés mais probablement hilares aussi ...Et convaincus, comme moi, que finalement adapter Jules Verne au théâtre, en une heure vingt et avec deux comédiens seulement, c'est possible quand on a du talent.

 

"20 000 lieues sous les mers" à l'Alhambra jusqu'à 30 janvier 2011.

 

Note au lecteur : le poisson en photo ci-dessus n'a absolument rien à voir avec ce spectacle. C'est un poisson que j'ai rencontré il y a quelques semaines dans un restaurant parisien. Un peu cabot, il s'est prêté de bonne grâce à une fastidieuse séance photo. Sa patience méritait bien d'être récompensée ...