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14 février 2013

Anny Duperey est "La Folle de Chaillot" à la Comédie des Champs Elysées

"Vous pouvez tolérer cela,
un monde où l'on ne soit pas heureux,
du lever au coucher !"

La Folle de Chaillot, Jean Giraudoux, Didier Long, Anny Duperey, Dominique Pinon, Catherine Salviat, Romain Apelbaum, Jean-Paul Bordes, Stéphanie Caillol, Jacques de Cande, Franck Capillery, Fabienne Chaudat, Catherine Hosmalin, Mathias Jung, Antoni Klemm, Gaelle Marie, Adrien Melin, Jean-Jacques Moreau, Frédéric Rose, Geoffrey Sauveaux, Martin Schwietzke, Laurent Spielvogel, Comédie des Champs-Elysées

C'est une des grosses affiches de cette rentrée théâtrale de janvier 2013 : Anny Duperey  est  La Folle de Chaillot au Théâtre des Champs-Elysées, dans une mise en scène de Didier Long

Dans cette fable écologiste et utopiste  de Jean Giraudoux, des promotteurs avides veulent creuser la colline de Chaillot pour chercher du pétrole. Mais Aurélie, personnage fantasque, mi-clocharde mi-aristo, est là pour déjouer leurs plans. 

Le texte est certes plein de bons sentiments mais c'est une bouffée d'optimisme. Un plaidoyer contre les profiteurs aussi. Cette folle et ses trois amies sont marginales et complètement toquées mais elles portent en elles la joie, une forme de bonheur qui s'oppose à la grisaille et la noirceur des hommes d'affaires qu'elles vont mettre en déroute. Il y a un peu de Mary Poppins et de bonne fée de conte en cette Aurélie. 

Un spectacle ambitieux - et réussi - pour fêter les 100 ans de la Comédie des Champs Elysées. Les décors, signés Bernard Fau,  sont magnifiques : la place du café est soigneusement reconstituée, ambiance fin 19ème ; le refuge de la folle, dans les entrailles de la ville, est un entrelas de tuyaux et d'escaliers en fer.

La pièce comporte beaucoup de personnages : ce sont donc pas moins de 18 comédiens qui sont réunis sur la scène. Aux côtés d'Anny Duperey, du beau monde : Catherine Salviat (la folle de Saint-Sulpice), Dominique Pinon (le chifonnier), Jean-Paul Bordes et Laurent Spielvogel dans les rôles des hommes d'affaires ... Impossible de tous les citer.

La Folle de Chaillot aux Champs Elysées, c'est une forme d'hommage à l'ancien directeur des lieux, décédé en 2011 :  Michel Fagadau avait signé une mise en scène de la pièce en 1980, à la Comédie-Française. En voici un extrait avec Gisèle Casadesus, Lise Delamare et Annie Ducaux (la captation, réalisée par Georges Paumier, est publiée aux éditions Montparnasse) :

Des comédiens qui jouent juste, de beaux décors, un texte qui trouve encore un écho aujourd'hui : autant d'ingrédients qui  vous ferons sans nul doute passer une agréable soirée !

La Folle de Chaillot de Jean Giraudoux, mise en scène de Didier Long. Avec Anny Duperey, Dominique Pinon, Catherine Salviat, Romain Apelbaum, Jean-Paul Bordes, Stéphanie Caillol, Jacques de Cande, Franck Capillery, Fabienne Chaudat, Catherine Hosmalin, Mathias Jung, Antoni Klemm, Gaelle Marie, Adrien Melin, Jean-Jacques Moreau, Frédéric Rose, Geoffrey Sauveaux, Martin Schwietzke, Laurent Spielvogel. 
A la Comédie des Champs-Elysées, du mardi au samedi 20h30, le dimanche à 16h00. 
Réservation : 01 53 23 99 19 / Durée : 1h45

24 mars 2011

"Pour l'amour de Gérard Philippe" au Théâtre La Bruyère

"Un nom craché aux étoiles à jamais"

Hier soir, au théâtre La Bruyère, à chaque fois que Sophie Artur entrait en scène,  je m'attendais à voir arriver Rosy Varte et Marthe Villalonga dans sa foulée. Les trois quarts d'entre vous trouverons cela saugrenu mais quelques-uns auront peut-être les mêmes réminiscences  : Sophie Artur, c'est avant tout pour moi Caro dans la série culte des années 80 Maguy. On a les références - et les madeleines de Proust - qu'on peut... Alors hier, installée dans un fauteuil de théâtre devant Pour l'amour de Gérard Philippe, c'était un peu comme si j'étais chez ma grand-mère en train de regarder la télé en mangeant une soupe de pâtes (c'est justement d'avoir le droit de manger devant la télé qui rendait la soupe de pâtes de Mamie bien meilleure que celle de ma mère !)

De souvenirs et de réminiscences, il en est aussi question dans la pièce écrite et mise en scène par Pierre Notte. Une certaine nostalgie sous  forme d'archives audio qui émaillent le récit. Fidel à Cuba, le premier homme sur la lune et bien sûr la mort de Gérard Philippe. Un acteur  que la femme interprêtée par Sophie Artur adule au point d'épouser un Monsieur Gérard et d'appeler son fils Philippe. Un enfant pas tout à fait parfait - il ne possède qu'un seul doigt à chaque main - mais qui doit devenir quelqu'un, à coup sûr, selon sa mère. Pour fuir la pression maternelle, l'enfant devenu adulte trouve refuge dans un cirque où il parvient à apprivoiser une ourse réputée tueuse...

Mais dans la pièce, l'intrigue semble finalement assez secondaire. C'est le texte qui importe le plus. Un texte ciselé, des répliques qui font mouche ... mais récitées à la cadence d'une mitraillette par tous les acteurs (probablement une indication de jeu, mais dans quel but ?). Les acteurs justement: pour la promo, l'accent est mis sur Raphaël (le chanteur) et Emma de Caunes, mais ce ne sont finalement pas eu que l'on retient le plus après le spectacle (j'irai même jusqu'à dire que Raphaël est presque transparent). Outre Sophie Artur, déjà citée, Bernard Alane et Romain Apelbaum nous offrent un jeu bien plus drôle et plus intéressant à mon sens.

 

Pour l'amour de Gérard Philippe, écrit et mis en scène par Pierre Notte, avec Bernard Alane, Romain Apelbaum, Sophie Artur, Emma de Caunes, Raphael. Du mardi au Samedi au Théâtre La Bruyère Réservations : 01 48 74 76 99