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29 février 2016

[REPRISE] : "Ancien Malade des Hôpitaux de Paris" de Daniel Pennac / Théâtre de l'Atelier

"Il se peut que j'exagère"

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Au Théâtre de l'Atelier, Olivier Saladin, seul en scène, interprète la nouvelle de Daniel Pennac Ancien malade des Hôpitaux de Paris. Un long monologue plein de drôlerie mis en scène par Benjamin Guillard.La pièce, jouée au printemps 2015, est reprise jusqu'au 20 mars 2016. Voici la critique écrite l'année dernière :
 

Gérard Galvan, jeune interne ambitieux, est de garde pour le week-end. Venant à bout d'une journée éprouvante car surchargée en patients, il s'apprête à soigner le cas en apparence le plus bénin de cette journée : un monsieur discret qui "ne se sent pas très bien". Indication assez flou du mal qui ronge ce patient dont l'état va bizarrement se détériorer. Tout au long de la nuit, de nouveaux symptômes apparaissent, convoquant au chevet du patient tous les spécialistes de l'hôpital. Tous restent sans voix devant cette maladie mystérieuse.

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Vu comme cela, ça pourrait paraître sinistre. Bien au contraire ! Qui a lu la prose de Pennac connaît sa truculence, ici à son apogée. Il y a quelque chose de gargantuesque dans ce texte. Tout y est démesuré. Le plus trivial est raconté par le menu détail, dans un élan épique et poétique.

Mais si l'on rit autant c'est aussi grâce à l'interprétation d'Olivier Saladin, ancien Deschiens que l'on avait récemment découvert en critique de cinéma. De la cardiologue à la voix sensuelle au médecin à l'accent belge en passant par le responsable du scanner qui marmonne au téléphone, il campe avec dérision une multitude de personnages. La pièce est un vrai régal jusqu'au rebondissement final (ou plutôt aux rebondissements finaux) qui remettent en cause la vocation du jeune interne ambitieux. Mais au fait de quoi souffrait exactement ce malade ?
 
Ancien malade des Hôpitaux de Paris de Daniel Pennac, mise en scène Benjamin Guillard. Avec Olivier Saladin. Au Théâtre de l'Atelier, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h,  Reprise jusqu'au 20 mars 2016. Réservations au 01 46 06 49 24. Durée : 1h15.

12 novembre 2014

Troyennes de Kevin Keiss d'après Euripide / Laëtitia Guédon / Théâtre 13 Côté Seine

 "Nous ne serons pas d'obscures disparues
Nous ne disparaitrons pas."

Voilà une pièce que j'attendais avec impatience : au Théâtre 13 côté Seine, Laëtitia Guédon met en scène une adaptation des Troyennes d'Euripide. Un projet que j'ai eu la chance de suivre sur la longueur, depuis ma rencontre avec Laëtitia Guédon la saison dernière.

C'est au printemps dernier, au cours d'une interview, que la metteuse en scène, par ailleurs directrice du Festival au féminin, m'a parlé pour la première fois de cette pièce, des étoiles plein les yeux. Une création dans laquelle elle essayait d'intégrer  les collégiens d'Aubervilliers auprès desquels elle anime des ateliers. Ce travail avec les élèves, j'ai pu le suivre il y a quelques semaines pour un un reportage diffusé sur France 3 Ile-de-France. Ici, je m'attacherai plutôt a vous parler de la pièce elle même.

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Photo : © Alain Richard

L'adaptation d'abord, signée Kevin Keiss (également interprète du chœur et du Coryphée dans la pièce). Une traduction et une adaptation à la langue d'aujourd'hui qui font de ce texte quelque chose de parfaitement audible sans trop le simplifier. La poésie des mots, le caractère élégiaque de l'ensemble demeurent. En cela cette adaptation est fort bien réussie. On y retrouve la douleur de ces Troyennes, seules survivantes de la ville après la victoire des Grecs au bout de 10 ans de guerre. Hécube, Cassandre, Andromaque ... transformées en butin, elles attendent de connaitre leur funeste destin : de quel guerrier victorieux deviendront-elles chacune l'esclave ?

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Photo © Alain Richard

Elles ont le visage maculé de cendres, des vêtements en lambeaux. Autour d'elles, le plateau est presque nu - rien ne reste de leur cité - et l'obscurité règne. Tour à tour, elles s'expriment, invoquent les dieux, les maudissent ... La mise en scène se veut contemporaine - morceaux de beatbox compris - histoire de nous rappeler que ce texte vieux de presque 2500 ans est toujours d'actualité. Ces Troyennes, ce pourrait être vous, moi : des femmes arrachées à leur cité qui vivront l'exil et l'errance. L'histoire se répète à l'infini et l'on se surprend à faire un rapprochement avec les 200 lycéennes nigériannes enlevées par Boko Haram.

En cela, le message des ces Troyennes devient universel et intemporel. Leur sort, elles l'affrontent le front relevé. Loin d'être des victimes, ce sont des combattantes qui nous livrent en testament un message de résistance à la barbarie.  Et l'on ne peut qu'admettre qu'effectivement il y a une grande vitalité dans ce "chant de deuil". On ressort de ce spectacle touchés par la tragédie de ces femmes mais en même temps emplis d'espoir et de passion pour la vie.

Troyennes - Les morts se moquent des beaux enterrements de Kevin Keiss, d'après Euripide, mise en scène Laëtitia Guédon.  Avec Blade, Mounya Boudiaf, Kevin Keiss, Adrien Michaux, Pierre Mignard, Marie Payen, Valentine Vittoz et Lou Wenzel. Au Théâtre 13 côté Seine (Paris 13e),  mardi, jeudi et samedi à 19h30, mercredi et vendredi à 20h30, dimanche à 15h30, jusqu'au 14 décembre 2014.
1h45 sans entracte - à partir de 14 ans

02 octobre 2014

La Comédie Italienne lutte toujours pour survivre : lancement d'une souscription

L'événement avait attristé tous les amoureux du théâtre et de la culture en général : le 26 décembre dernier, Attilio Maggiulli, fondateur et directeur de la Comédie Italienne, pris à la gorge par les créances, était frappé d'un coup de folie et fonçait sur les grilles de l'Elysée. Je vous avais alors longuement parlé de ce théâtre et des difficultés qu'il rencontrait.

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Neuf mois plus tard, où en est-on ? La Comédie Italienne lutte toujours pour sa survie. Ce petit théâtre, avec sa jolie façade rue de la Gaité dans le 14e arrondissement, défend la commedia dell'arte depuis 1974. Aujourd'hui, une souscription est lancée sur le site de financement participatif ulule afin de financer la saison 2014 / 2015 et les deux spectacles programmés (Le Jardin Des Amours Enchantés de Goldoni et Les Grincheux Chez Molière, spectacle dédié à un public scolaire).

"Nos fournisseurs, qui depuis longtemps ont confiance en notre honnêteté, nous permettent de démarrer dans un mois la première de ces deux pièces Le Jardin Des Amours Enchantées d'après Goldoni. Mais cette confiance est néanmoins limitée dans le temps et la poursuite du spectacle durant le reste de la saison est conditionnée à la réussite de cette collecte. L'argent récolté servira entre autres à payer les charges du théâtre, les salaires et charges sociales mais également à financer l'entretien de la salle et des loges. En outre, cet argent servira à financer les nouveaux décors, les masques ainsi que l'entretien des costumes. Enfin, il sera utilisé pour la formation de jeunes comédiens car notre théâtre a vocation à former les jeunes générations aux techniques du jeu théâtral de la commedia dell'arte" explique la troupe sur le site dédié à cette collecte.

Pour participer, rendez-vous sur la page consacrée à la collecte. Sachez, en outre, que vous bénéficierez d'une réduction fiscale de l'impôt sur le revenu égale à 66% du montant de votre don, dans la limite de 20% de votre revenu imposable.

En ce début du mois d'octobre, moins de 20% de la somme a pour l'instant été collectée, la souscription se poursuit jusqu'au 8 novembre prochain.