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02 février 2014

Les Cercle des Illusionnistes d'Alexis Michalik / La Pépinière théâtre

"Certains savent, d'autres cherchent,
les derniers ne veulent pas savoir."

Reprise pour 60 représentations à partir du 4 septembre 2015 à la Comédie des Champs-Elysées (du mardi au samedi 20h30, dimanche 16h).

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Photo : Mirco Magliocca

Après avoir été bluffés par Le Porteur d'histoire, on l'attendait avec impatience cette nouvelle pièce d'Alexis Michalik ! Gageons dès à présent que Le Cercle des illusionnistes sera un succès. 

L'histoire débute en 1984, en plein championnat d'Europe de foot. Décembre - c'est son nom - a volé un sac dans le métro. Sa victime s'appelle Avril et comme elle est très jolie, Décembre décide de lui fixer rendez-vous pour lui restituer son bien. Il n'y a pas de coïncidence dans la vie, pas de hasard ... cette rencontre les conduira tout deux sur la piste d'un théâtre parisien oublié.

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Photo : Mirco Magliocca

Pour cette création, Michalik reprend une construction similaire à celle de son succès précédent : plusieurs histoires qui se déroulent en parallèle, à des périodes différentes, et qui convergent vers le dénouement final. Après Dumas et Delacroix, c'est Robert-Houdin, grand illusionniste du 19e, et Méliès, l'un des pionniers du cinéma, qui sont cette fois au coeur du récit. Leur point commun ? Ils ont fait rêver les spectateurs de leur époque par la magie et l'illusion. 

Six comédiens interprètent tous les personnages de cette fresque historique. Pas de tête d'affiche mais une troupe brillante et pleine d'enthousiasme : aux côtés de Décembre alias Mathieu Métral (à l'affiche il y a quelques semaines au Théâtre de la Tempête avec Fragments d'un pays lointain de Lagarce) et Avril (la pétillante et sublime Maud Baecker), Arnaud Dupont, Jeanne Arènes, Vincent Joncquez et Michel Derville. Tous nous livreront en prime quelques tours de magie. La scénographie est un peu plus élaborée que celle du Porteur (du moins dans la version que j'avais vu au Théâtre 13) : plus d'éléments de décor, des projections et de la fumée, des costumes plus élaborés ... mais l'esprit, lui, reste le même avec des scènes se juxtaposant en différent endroits de la scène.

Alexis Michalik transforme ainsi l'essai : la magie opère à nouveau même si l'on craignait au départ que l'effet de surprise s'essouffle. Pour la seconde fois, nous voici comme des enfants, avides de rêves et d'aventures, attentifs devant celui qui sait raconter des histoires. Bravo ! 

Le Cercle des illusionnistes, texte et mise en scène Alexis Michalik. Avec Jeanne Arènes, Clotilde Daniault, Maud Baecker, Michel Derville, Arnaud Dupont, Vincent Joncquez et Mathieu Métral.

13 février 2012

Judith Magre : Rose épanouie à la Pépinière théâtre

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"Cette vie,
c'est tout ce qu'on a. "

C'est un rôle qu'on croirait écrit pour elle. Sur la scène de la Pépinière théâtre, Judith Magre est Rose, une vieille dame juive qui, au soir de sa vie, nous raconte les périples qui l'ont conduite de son petit village d'Europe de l'Est à Miami.

Lorsque la pièce s'ouvre, Judith Magre est assise sur un banc en bois. Elle fait Shiv'ah nous explique-t-elle, une tradition juive de recueillement à la mémoire d'un proche récemment décédé. Un acte de deuil qu'elle accomplit pour une enfant, tuée d'une balle. Une petite fille dont on ne découvrira l'identité que plus tard.

Durant une heure trente, la comédienne va nous conter la vie de cette grand-mère, seule en scène. La campagne ukrainienne dans les années 30, Varsovie avant la guerre, le ghetto, la survie dans les égouts durant deux années - une cachette qui permettra à Rose d'échapper aux camps - puis la chimère que fut le voyage de l'Exodus et enfin l'installation aux États-Unis.

Rose est à elle seule un morceau de l'histoire du XXème siècle. Une histoire incarnée par cette vieille dame, un peu indigne il faut bien l'avouer, qui a croqué la vie à pleines dents malgré les drames. Une vieille dame qui nous livre un message : les souffrances du passé ne peuvent en aucun cas légitimer les crimes d'aujourd'hui. Et lorsque l'on découvre pour qui Rose fait Shiv'ah, on est sans voix devant cette grandeur d'âme.

Magistrale, Judith Magre fait de Rose un personnage attachant, sans cesse entre rires et larmes, capable, du haut des années, d'avoir encore l'oeil qui frise en évoquant son premier amant. Un formidable hymne à la vie.

Rose de Martin Sherman (traduction Perrine Moran et Laurent Sillan), mise en scène Thierry Harcourt. Avec Judith Magre. Jusqu'à fin avril, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h à la Pépinière Théâtre.
Réservations : 01 42 61 44 16. 

Au Théâtre de l'Ouest Parisien les 29, 30 et 31 mai à 20h30.

20 juin 2011

"Tu m'as sauvé la vie" : Guitry et Jean-Laurent Cochet à la Pépinière Théâtre

Je vous annonçais il y a deux jours la participation de Jean-Laurent Cochet au journal de France 3 Ile-de-France pour parler de la pièce de Guitry qu'il met en scène et dans laquelle il joue actuellement, à La Pépinière Théâtre. Voici, pour ceux qui n'étaient pas devant leur télé samedi à 19h, la séquence en question. Séquence au sein de laquelle vous retrouverez le reportage sur la pièce que j'ai tourné avec Jean-Noel Mirande la semaine dernière.

 

Tu m'as sauvé la vie est une pièce écrite par Guitry après la guerre. C'est Guitry lui-même qui jouait le rôle du Baron lors de la création de cette oeuvre (dont il existe une version filmée), rôle aujourd'hui tenu par Jean-Laurent Cochet, le premier à avoir repris cette pièce il y a une quinzaine d'années (le rôle de Fortuné, aujourd'hui tenu par Jean-Pierre Castaldi, a été créé par Fernandel)

Comment présenter Jean-Laurent Cochet à ceux (mais y'en a-t-il ?) qui n'en aurait jamais entendu parler ? Disons qu'il a révélé dans son cours de nombreux comédiens : Fabrice Luchini, Isabelle Hupert, Richard Berry ... mais surtout Gérard Depardieu que Cochet imposera malgré l'avis de son producteur, jugeant le jeune comédien "trop laid".
Soulignons surtout qu'il est un - sinon LE - spécialiste de Guitry : passionné depuis son enfance par l'auteur - il ira même jusqu'à se battre au lycée parce qu'un de ses camarades avait parlé de "Guitry, le collabo" - il a mis en scène ses pièces à de nombreuses reprises. 
Mais ce qui frappe le plus lorsqu'on lit l'ouvrage que Jean-Laurent Cochet a écrit sur Guitry (aux éditions Oxus), c'est à quel point il a théorisé la façon dont il fallait jouer Guitry, le rythme qui convient à cette écriture si particulière. Une théorie dont il faut absolument apprécier la justesse en direct, en voyant Jean-Laurent Cochet sur scène.

PS : Un grand merci au fabuleux Jean-Noël Mirande qui a décelé un énorme bourde dans cet article. C'est donc une version corrigée que vous lisez à présent.

Tu m'as sauvé la vie de Sacha Guitry, mise en scène de Jean-Laurent Cochet, avec Jean-Laurent Cochet, Jean-Pierre Castaldi, Catherine Griffoni, Anne-Marie Mailfer, Pierre Chaillet, Julien Bonnet, Laurent Maillard, Brigitte Perrier, Sam Richez, Rebecca Saada et Denis Souppe. La Pépinière Théâtre (7, rue Louis Le Grand) Réservation : 01 42 61 44 16