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20 avril 2014

Rencontre avec Olivier Py, directeur du festival d'Avignon

Olivier Py, nouveau directeur du festival d'Avignon, avait convié il y a quelques jours une quinzaine de blogueurs à Paris pour nous présenter l'avant-programme de la 68e édition. Un signe des temps nouveaux alors qu'il y a deux ans, on avait plutôt senti les organisateurs du In dédaigneux des blogs ...

A notre arrivée au Théâtre de la Ville, lieu de la rencontre, on retrouve Oliver Py en pleine discussion avec une partie de son équipe. Un directeur au travail, un dimanche soir à 20h30, comme si aucune seconde ne devait être perdue pour mener à bien cette 68e édition. D'entrée de jeu, la discussion s'ouvre cordialement, Olivier Py nous encourageant à nous présenter individuellement avant que ne débute l'échange. On en gardera l'image d'un homme abordable. Plutôt encourageant pour la suite.

festival d'avignon 2014,olivier py,programmation,théâtreCette 68e édition du festival d'Avignon, sera placée sous le signe de la jeunesse. Olivier Py l'avait largement annoncé dans les médias, il réitère ici cette volonté. Aujourd'hui, les moins de 26 ans représentent moins de 12% des spectateurs.  C'est trop peu. Pour remédier à cela, un gros effort va être consenti sur la billetterie : une formule "quatre spectacles pour quarante euros" sera proposée aux jeunes. Des actions de communication envers les lycées de la région et l'Université d'Avignon sont également menées.

La jeunesse sera aussi présente dans la programmation. Des spectacles jeune public d'une part mais aussi une plus large place laissée aux jeunes metteurs en scène. Sur les 25 nouveaux venus dans la programmation, la moitié à moins de trente ans. 

Le directeur du festival est également revenu sur "l'épisode d'il y a trois semaines" façon pudique de nommer sa  - courageuse - prise de position face à l'éventuel victoire du FN à Avignon. Il y a "une force symbolique du festival qui me dépasse moi-même" a-t-il souligné. Cette présence du Front National, il ne s'y résout pas. Si le parti d'extrême droite n'a pas remporté la mairie, il reste présent sur le plan local. Pour étayer son propos, Olivier Py raconte le climat pesant, les interventions malveillantes des partisans du FN lors de réunions publiques sur le Festival. Comme un pied de nez à tout cela, il précise que le spectacle itinérant Othello Variation de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano fera étape au Pontet, ville devenue frontiste aux municipales. 

Autre volonté du nouveau directeur : multiplier les ponts entre le In et le Off. Lui même a joué l'année dernière dans le Off son Miss Knife. Premier pas : les dates des deux festivals seront cette année alignées. D'autres "passerelles" devraient être mises en place.

Parmi les questions multiples ce jour-là, on souleva la difficulté d'obtenir des places pour certains spectacles, la billetterie prise d'assaut à son ouverture et injoignable. Une question qu'Olivier Py n'esquiva pas. Il est conscient de ce problème. Un service d'alerte lorsque des places sont remises en vente va être mis en place. On attend de voir avec impatience si cela fonctionne... d'autant que la programmation de cette 68e édition est fort alléchante. 

Quelques pièces repérées dans l'Avant-programme  

On attend avec impatience de découvrir Le Prince de Hombourg, mis en scène par Giorgio Barberio Corsetti (dont on avait adoré Un chapeau de paille d'Italie à la Comédie-Française). La pièce apparait un peu comme la tête d'affiche de ce festival. Présentée dans la Cour d'honneur du Palais des Papes (du 4 au 13 juillet 2014), elle sera retransmise à la télévision mais aussi sur grand écran en plein air, à Avignon, à Marseille et à Paris !

Olivier Py ne se contente pas de diriger le festival : il proposera trois pièces dans cette 68e édition. Une création (Orlando ou l'impatience, du 5 au 16 juillet 2014 à La Fabrica) et deux reprises (Vitrioli de Yannis Mavritsakis, du 10 au 19 juillet 2014 au Gymnase Paul Giéra ; La Jeune fille, le diable et le moulin d'après les frères Grimm, du 23 au 27 juillet 2014, chapelle des Pénitents blancs).

Othello Variation de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, d'après l'oeuvre de Shakespeare, sera présenté dans plusieurs villes et villages autour d'Avignon, du 9 au 25 juillet 2014. Christian Schiaretti se plongera dans l'année 68 avec Mai, juin, juillet de Denis Guénoun (à l'Opéra-Théâtre du 14 au 19 juillet 2014) tandis que Thomas Jolly présentera pour la première fois dans son intégralité sa mise en scène d'Henri VI de Shakespeare. 

Enfin, on gardera un œil attentif sur Falstafe de Valère Novarina, mis en scène par Lazare Herson-Macarel (Chapelle des pénitents blancs, du 6 au 11 juillet 2014). Le jeune comédien, fils d'Eric Herson-Macarel, semble être un metteur en scène des plus prometteurs.

Ouverture de la billetterie le 16 juin 2014

22 septembre 2011

"Roméo et Juliette" revu par Olivier Py à l'Odéon - Théâtre de l'Europe

"Amère réalité
d'une image divine"

Cela faisait un petit moment que l'on n'avait pas parlé d'Olivier Py pour ses mises en scène : le directeur de l'Odéon - Théâtre de l'Europe a surtout fait l'actualité ces derniers temps pour le non-renouvellement de son mandat à la tête de cette institution. On se rappelle que le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand avait nommé son successeur alors même qu'il restait encore une année à faire à Olivier Py. On se rappelle aussi les protestations que cela avait soulevé et comment s'était conclu l'affaire: Olivier Py dirigera le Festival d'Avignon à partir de la saison 2014.

romeo et juliette,odéon,olivier py,shakespeare,camille cobbi,matthieu dessertine,quentin faureMais pour l'instant, le metteur en scène est encore à l'Odéon et il nous propose, en cette rentrée SA version de Roméo et Juliette de Shakespeare. Et si  j'emploie les majuscules, c'est parce qu'il ne s'agit pas seulement de revoir cette pièce par la mise-en-scène : Olivier Py a également retraduit le texte. Une traduction dans une langue beaucoup plus quotidienne et contemporaine (la rose sous un autre nom, dans la scène du balcon, n'embaume plus comme chez François-Victor Hugo : chez Py, le verbe "sentir" suffit !) et surtout, beaucoup plus crue que la traduction classique.

"On passe de la blague de corps de garde à la philosophie la plus subtile. Shakespeare s’adresse à tous les niveaux de la société : au parterre, qui doit rire à ses blagues de cul, comme à la reine, qui n’est peut-être pas la dernière à s’esclaffer" expliquait le metteur en scène à nos confrères du JDD, dimanche dernier, "ça m’a toujours embêté de voir 'fils de pute' traduit par 'faquin'”.

Et c'est le point positif de cette version du grand classique anglais. Pour le reste : je suis plus que réservée ! Les jeux de mots shakespeariens, une fois traduits, sont suffisamment explicites : pas besoin de mimer une copulation pour que l'on comprenne, on n'est pas neuneux !!!! Cela vire souvent au grotesque.

Côté scénographie : des néons en fond de scène et la salle qui reste à demi-allumée pendant la représentation -  pas top non plus (limite génant au second balcon où j'étais) - et un décor minimaliste, composé seulement de quelques estrades à roulettes. Bof, bof, bof !

Mais bon, il est vrai, j'ai la pruderie et les goûts d'une dame de 80 ans, I know ! Mais je suis aussi une incorrigible optimiste qui voit toujours des trucs biens même quand je n'aime pas quelque chose. Ici, c'est dans la distribution qu'on les trouve. De la jeunesse sur scène : Camille Cobbi (Juliette), Mathieu Dessertine (Roméo) et Quentin Faure (Tybalt et Lady Capulet) sont tous trois sortis du conservatoire il y a peu. Et ils assurent, surtout la demoiselle. Heureusement que Juliette était là pour sauver la soirée !

Roméo et Juliette de Shakespeare, traduction et mise en scène OlivierPy. Avec Olivier Balazuc, Camille Cobbi, Matthieu Dessertine, Quentin Faure, Philippe Girard, Frédéric Giroutru, Mireille Herbstmeyer, Benjamin Lavernhe, Barthélémy Meridjen, Jérôme Quéron, David Broutté, Fabrice Charles, Gilles Hollande, Vincent Val. Musique au piano interprétée sur scène par Jérôme Quéron. Odéon Théâtre de l’Europe, du 21 septembre au 29 octobre 2011. En tournée ensuite. Réservations : 01.44.85.40.40. Le texte est publié aux éditions Actes Sud – Papiers.

14 avril 2011

Le ministre et la fausse ingénue

Ce matin, le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand était l'invité de l'émission Comme on nous parle sur France Inter. Une émission, présentée par Ali Rebeihi en l'absence de Pascale Clark, dont le sujet était "Comment se passe les nominations qui dépendent du ministère de la culture ?". Un titre un peu général, pour surtout parler de l'affaire Py au théâtre de l'Odéon.

Si vous avez passé une partie de la semaine dernière sur la planète Mars ou au fond d'une grotte, sachez, en résumé, que Frédéric Mitterrand a annoncé le non-renouvellement du mandat d'Olivier Py à la tête de L'Odéon - Théâtre de l'Europe, au profit du metteur en scène Luc Bondy, et ce alors même que le mandat d'Olivier Py court jusqu'au printemps 2012. La nouvelle a fait grand bruit dans le milieu du théâtre : pourquoi ne pas renouveler Olivier Py et surtout pourquoi annoncer cela si tôt ?

Et heureusement que Laure Adler était là, aux côtés d'Ali Rebeihi, pour poser les vraies questions et faire sortir le ministre de ses retranchements. D'entrée de jeu, la journaliste attaque sur ce calendrier, soulignant que rien n'a été annoncé pour des échéances beaucoup plus proches (Murielle Mayette à la Comédie française, par exemple,  voit son mandat s'achever en juillet ...) Elle parle de "précipitation". Réponse du ministre : c'est justement le contraire de la précipitation, à un an de l'échéance. "Mais pourquoi cet agenda ?" persiste la journaliste.  "Il y avait tout d'un coup un climat autour de cette situation, avec une certaine agitation de certains réseaux, de beaucoup de monde, qui impliquait que l'on puisse vider l'abcés en laissant à chacun des protagonistes le temps de s'organiser", rétorque Frédéric Mitterrand. "Quel abcès ?" pas de réponse ...

Que reproche-t-il à Olivier Py ? "Mon soucis, c'était de trouver pour ce théâtre le meilleur rayonnement européen auquel il a droit et qui est conforme à sa vocation. Je regrette de ne pas avoir eu vraiment ce genre de conversation avec Olivier Py." Et d'ajouter, qu'il réfléchit à "une affectation conforme à son talent. Et lorsque l'on dit ça, tout le monde sait à quoi on pense." Ali Rebeihi reprend la parole sans relever la question (il n'était apparemment pas bien réveillé ce matin ...). Mais Laure Adler, coupant la parole à son collègue, veille au grain et ne laisse pas passer ça, quitte à se faire traiter de "fausse ingénue" par le ministre. "Tout le monde pense évidemment au Festival d'Avignon." Voilà donc une annonce un peu plus officielle que toute les rumeurs qui circulaient jusqu'alors.

Reste que les actuels directeurs du Festival d'Avignon, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, sont en poste jusqu'en 2013 et surtout qu'un autre événement au printemps 2012 pourrait modifier la donne : l'élection présidentielle... Que deviendront alors les annonces et promesses de Frédéric Mitterrand aujourd'hui !

La suite demain soir, puisque Laure Adler reçoit dans son Studio théâtre Olivier Py (à 23h15, toujours sur France Inter).

Pour réécouter l'émission en entier, c'est .

 

Epilogue (?) : Frédéric Mittrrand a proposé officiellement à Olivier Py le direction du Festival d'Avignon (après l'édition 2013 donc) et celui-ci a accepté.

Quant à Muriel Mayette, elle devrait voir son mandat renouvelé, d'après la journaliste du Figaro Armelle Héliot (voir son blog)