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21 novembre 2013

Le Système Ribadier de Feydeau / Zabou Breitman / Comédie-Française

 " Ah ! Oui ! Très drôle ! C’est le clou, ça!
Nous y comptons beaucoup ! "

Le Système Ribadier, Georges Feydeau, Zabou Breitman, Martine Chevallier, Christian Blanc, Laurent Stocker, Julie Sicard, Nicolas Lormeau, Laurent Lafitte, Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier

Voilà un spectacle qui devrait faire l'unanimité. Ce n'est pas si fréquent ces derniers temps à la Comédie-Française ! Au Théâtre du Vieux-Colombier, Zabou Breitman met en scène Le Système Ribadier de Feydeau. Jubilatoire !

On avait apprécié cette pièce l'année dernière au Théâtre de l'Ouest Parisien dans un décor et des costumes très sixties. Zabou Breitman reste, elle, fidèle au XIXe siècle pour nous en livrer une version plutôt cartoonesque (la photo ci-contre en montre déjà beaucoup). 

Les relations sont un peu tendues entre Monsieur (Laurent Lafitte) et Madame Ribadier (Julie Sicard). En cause : les crises de jalousie de cette dernière. Échaudée par un premier mari infidèle nommé Robineau, Angèle traque le moindre faux-pas de son nouvel époux. Mais Ribadier est un malin. Pour tromper son épouse sans se faire prendre, il a un truc : avant chaque escapades, il hypnotise Angèle et ne la réveille qu'à son retour. Un "système" infaillible qu'il confie à Thommereux (Laurent Stocker). Cet ami commun de Ribadier et du couple Robineau revient d'un long exil à Batavia. Mais ce que Ribadier ignore, c'est que Thommereux est amoureux fou d'Angèle. C'est même pour cela qu'il s'est exilé. Alors forcément, le système Ribadier va faire long feu ! 

La mise en scène est pleinement réussie : Zabou Breitman a imprimé le parfait rythme à ce vaudeville. Les mimiques des uns et des autres sont à pleurer de rire. On est hilares devant Julie Sicard alternant les crises telle une mégère et les minauderies enfantines pour s'excuser et devant Laurent Lafitte plein de suffisances et se recoiffant à chaque secondes. Laurent Stocker n'est pas en reste, bondissant aux quatre coins du plateau voire par la fenêtre. Un petit chien facétieux a été ajouté à la distribution. Chacune de ses apparitions entraîne une série de gags, tous plus drôles les uns que les autres. Et l'on se dit que c'est une prise de risque énorme que de faire reposer autant d'éléments de mise en scène sur cet animal : que se passera-t-il si un soir le chien rate l'un de ses numéros ? 

La fantaisie de Zabou Breitman, le brio des comédiens, les somptueux décors signés du défunt Jean-Marc Stehlé (attendez-vous à rester bouche bée en pénétrant dans la salle) : tout ce qu'il faut pour apporter un peu de légèreté à cette fin d'année. Courez-y !

Le Système Ribadier de Georges Feydeau, mise en scène Zabou Breitman. Avec Martine Chevallier, Christian Blanc, Laurent Stocker, Julie Sicard, Nicolas Lormeau, Laurent Lafitte. A la Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, à 19h les mardis, du mercredi au samedi à 20h, 16h les dimanches, jusqu'au 5 janvier 2014.  Reprise du 29 mai au 17 juillet 2015.
Réservations : 0 825 10 1680. Durée : 2h sans entracte  

22 janvier 2013

Candide de Voltaire / Emmanuel Daumas / Studio-Théâtre de la Comédie-Française

"Tout est pour le mieux ..."

candide,voltaire,emmanuel daumas,comedie-française,studio-theatre,claude mathieu,laurent stocker,julie sicard,serge bagdassarian,laurent lafitteBon OK, je ne me suis pas trop creusé la tête pour trouver la citation à mettre en exergue pour ce spectacle. Mais tout est réellement pour le mieux dans cette adaptation de Candide de Voltaire au Studio-Théâtre de la Comédie-Française. Seul hic :  si vous n'avez pas déjà acheté des places, et bien c'est foutu! Les représentations débutent à peine mais c'est déjà archi-complet jusqu'à la dernière. 

Candide, c'est un voyage initiatique qui entraine le jeune héros un peu naïf aux quatre coins du monde, de la Westaphalie où il naquit à Constantinople en passant par Lisbonne et Buenos-Aires. Partout le héros découvre la cruauté des hommes, mettant ainsi en doute la doctrine philosophique de son précepteur Pangloss selon qui "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Les scènes de carnages sont nombreuses dans l'ouvrage. Comment, dès lors, mettre cela en scène ?

Emmanuel Daumas - que l'on avait vu en tant que comédien dans le magnifique spectacle 1000 francs de récompense - a opté pour un lieu unique assez surprenant. Toute l'action se déroule dans un luxueux salon de thé. Entre les passe-plats, les charriots à patisseries et les poufs moelleux, cinq personnages très élégants (du moins au départ!) racontent et incarnent ce récit.

Voici donc Candide alias Laurent Stocker recevant 30 coups de baton - ou plutôt de tige d'arum - après avoir été enrolé dans l'armée bulgare puis tuant avec une pelle à tarte le vieux juif qui séquestrait la belle Cunégonde (Julie Sicard). Laurent Lafitte dévoile tous ces talents comiques, passant aisément d'un personnage à un autre, contre-faisant différents accents. Claude Mathieu et Serge Bagdassarian complètent cette belle distribution. 

C'est inventif et fort drôle ... Un peu trop peut-être. La dimension dramatique de l'oeuvre a tendance à s'effacer. On rit de tout, même lorsque la vieille raconte son histoire, succession de kidnapping, viols et autres maltraitance. Mais que retient-on du message philosophique de Voltaire ? On est tout de même tenté de dire que le côté distrayant de la pièce en fait un spectacle réussi. 

Candide de Voltaire, adaptation et mise en scène d'Emmanuel Daumas. Avec Claude Mathieu, Laurent Stocker, Julie Sicard,Serge Bagdassarian et Laurent Lafitte. Au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, jusqu'au 3 mars 2013.

19 janvier 2012

Comédie-française : après la grève, la Trilogie de la Villégiature débute enfin

 " Mais on ne touche pas à la villégiature ;
elle doit être aussi digne de nous, aussi luxueuse
et aussi élégante que d’habitude."

Ouf ! Après une semaine d'attente, la première va enfin avoir lieu. Hier soir, c'était la couturière de La Trilogie de la Villégiature de Goldoni, mise en scène d'Alain Françon.

Une couturière à laquelle j'ai pu assister, pour un reportage pour France 3 Ile-de-France que voici (Rédaction : Jean-Noël Mirande, Images : Audrey Natalizi, Son : Stéphane Fouquet, Montage : Sonia Barie)

  

Une belle réussite que cette mise-en-scène. Un spectacle de 4h30 au final (avec deux entractes) mais qui ne nous lasse pas un seul instant. Les trois pièces s'enchainent comme un feuilleton. On suit ainsi l'évolution de ses bourgeois qui s'endettent pour leurs vacances. Le faste doit être partout, dans les robes des dames et sur les tables, quitte à ce que le Retour de la Villégiature soit pénible. Trois épisodes où l'on sent peu à peu le déclin. D'une première partie lumineuse et enjouée, on arrive à un final sombre : les volets sont tirés et les protagonistes, enroulés dans des couvertures, tentent d'échapper aux créanciers. L'enthousiasme des coeurs aussi s'est éteint : difficile retour à la réalité qui conduit à des choix de raison.

Sur scène, les interprètes de la troupe sont à leur meilleur. Georgia Scalliet, Anne Kessler, Laurent Stocker et Guillaume Gallienne constituent le quatuor de tête mais les seconds rôles ne sont pas en reste, tel ce duo amoureux constitué par Danièle Lebrun et Michel Vuillermoz.

On rit beaucoup de ces dialogues subtils mais parfois extrêmement cruels, nous faisant ressentir, derrière la comédie, le drame de cette bourgeoisie qui veut vivre au dessus de ses moyens.

La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni (texte français de Myriam Tanant), mise en scène d’Alain Françon. Avec Anne Kessler, Éric Ruf, Bruno Raffaelli, Florence Viala, Jérôme Pouly, Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Michel Vuillermoz, Elsa Lepoivre, Hervé Pierre, Adrien Gamba-Gontard, Georgia Scalliet, Adeline d’Hermy, Danièle Lebrun, et les élèves-comédiens de la Comédie-Française : Romain Dutheil, Guillaume Mika, Samuel Roger, Julien Romelard et Floriane Bonanni. Au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française jusqu'au 12 mars 2012. Réservations au 0 825 10 1680.

Note : si vous n'aviez pas vu la version proposée en 1978 par Giorgio Strehler, avec, entre autres, Ludmila Mikaël, Catherine Salviat et Pierre Dux, une captation DVD existe, publiée par les Editions Montparnasse.