Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17 septembre 2013

L'Ecole des femmes de Molière / Philippe Adrien / Théâtre de la Tempête

"Oui mais qui rit d'autrui
Doit craindre qu'en revanche
on rie aussi de lui."

Il y a de nombreuses façons de monter L'Ecole des Femmes. On peut en faire une pièce sombre façon fait divers sordide où Arnolphe serait un tortionnaire qui séquestre une enfant. On peut aussi faire rire avec cette histoire : c'est le choix de Philippe Adrien qui met en valeur la farce dans la pièce de Molière. A voir au Théâtre de la Tempête jusqu'au 27 octobre 2013.

ecole4.jpg
Photo Laura Mariani

La scénographie est des plus élégantes. Sur l'avant-scène, un chemin de gravier. Un parquet en bois clair et un petit champ planté de choux occupent le milieu du plateau. C'est la demeure d'Arnolphe, séparée de la rue par un mur invisible. Pour y accéder, on emprunte au choix une porte à jardin ou une autre à cour. Tout au fond, dissimulée derrière un tulle qui devient opaque lorsque la lumière décroit, il y a la chambre d'Agnès, cellule de couvent ou la jeune fille est recluse comme une novice.

Tout cela est très lumineux, à l'image de cette mise en scène. Loin d'être effrayant, Arnolphe (Patrick Paroux) devient ici le dindon de la farce, personnage ridicule aux dépens de qui on rit. Agnès, elle, est lumineuse d'intelligence. Valentine Galey qui incarne la jeune fille est la révélation de cette pièce. Elle esquive avec merveille le piège de la mièvrerie pour nous livrer une Agnès, pleine de bon sens et d'aplomb malgré son éducation.

ecole2.jpg
Photo Laura Mariani

Mimiques, portes qui claquent, personnages caricaturaux  comme ce notaire bourré de tics nerveux ou Enrique et Oronte, les pères d'Agnès et Horace, relookés en Quakers (ou peut-être s'agit-il d'Amish, je ne sais pas exactement) : tout est fait - et bien fait - pour que l'on rit. 

Le rire, c'est ce qui a guidé Philippe Adrien dans cette mise en scène, comme dans celle du Dindon de Feydeau il y a deux ans. Le directeur du Théâtre de la Tempête explique son travail dans la vidéo suivante (réalisée par Visioscène). 

L'Ecole des femmes de Molière, mise en scène Philippe Adrien. Avec Raphaël Almosni, Vladimir Ant, Gilles Comode, Pierre Diot, Joanna Jianoux, Valentine Galey, Pierre Lefebvre et Patrick Paroux. Au Théâtre de la Tempête, juqu'au 27 Octobre 2013, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h. Réservations au 01 43 28 36 36 

 

25 septembre 2012

A la Comédie-Française, reprise de "L'école des femmes" et de "La Critique de l'école des femmes"

Belle idée de programmation en ce début de saison à la Comédie-Française: présenter en même temps L'Ecole des femmes et La Critique de l'école des femmes, sur la scène du Théâtre Ephémère pour la première, au Studio-théâtre pour la seconde.

Deux reprises : on a pu voir ces deux pièces de Molière au cours de l'année 2011, à quelques mois d'intervalle.

La distribution de chacune des pièces a subi quelques modification : Adeline d'Hermy reprend notamment le rôle tenu par Julie-Marie Parmentier aux côtés de Thierry Hancisse.

Je vous propose néanmoins de (re)lire ci-dessous les articles écrits aux sujets de ces pièces sur le blog l'année dernière :
La Critique de l'école des femmes, mise en scène par Clément Hervieu-Léger
L'Ecole des femmes, mise en scène par Jacques Lassalle

L'Ecole des femmes de Molière, mise en scène par Jacques Lassalle. Avec Thierry Hancisse, Andrzej Seweryn, Christian BlancCéline Samie, Pierre Louis-Calixte, Gilles David, Jérémy Lopez et Adeline d'Hermy. Au Théâtre Ephémère de la Comédie-FrançaiseJusqu'au 28 octobre 2012 (en alternance). 

La critique de l'Ecole des femmes de Molière, Studio Théâtre de la Comédie française, mise en scène Clément Hervieu-Léger, avec Clotilde de Bayser, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Christian Hecq, Georgia Scalliet, Jérémy Lopez et Samuel Labarthe. Jusqu'au 28 octobre 2012.

Réservations : 0 825 10 1680


21 novembre 2011

"L'Ecole des femmes" à la Comédie-Française, mise en scène de Jacques Lassalle

L-Ecole-des-femmes_imagesspectaclesalle.jpg "L'une est moitié suprême,
et l'autre subalterne :
L'une en tout est soumise
à l'autre qui gouverne."


Mise à jour de l'article le 25 septembre 2012 :

Reprise de L'Ecole des femmes (mise en scène de Jacques Lassalle), au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française, du 25 septembre au 28 octobre 2012. Plusieurs modifications ont été effectuées dans la distribution depuis l'écriture de cet article en novembre 2011 : Adeline d'Hermy reprend le rôle tenu par Julie-Marie Parmentier, Yves Gasc et Simon Eine sont remplacés par Andrzej Seweryn et Christian Blanc.  

Pour la quatrième fois, Jacques Lassalle s'attaque à cette oeuvre de Molière. La troisième c'était en octobre 2011, à Varsovie et en polonais.

C'est à Thierry Hancisse et Julie-Marie Parmentier qu'incombent d'incarner Arnolphe et Agnès. Et le duo fonctionne plutôt bien. Elle, douce et joyeuse, coud des bonnets dans la maison où il la tient recluse. Lui a quelque chose de machiavélique qui nous fait froid dans le dos par instant. Car, finalement, qu'est-ce qu'Arnolphe sinon un monstre qui a élevé une enfant dans le seul but d'en faire sa femme ? La même histoire transposée aujourd'hui figurerait dans la rubrique des faits divers, à bien y réfléchir (Lassalle fait d'ailleurs lui même référence à Natacha Kampusch, cette jeune autrichienne enlevée et séquestrée dans une cave pendant huit ans ) . Mais cet Arnolphe-là peut aussi nous émouvoir tant son amour, et sa jalousie, pour Agnès sont grands. Dans le rôle d'Horace : Jérémy Lopez. Un amoureux assez fou pour franchir les murailles mais pas assez courageux pour affronter ses ainés. Jacques Lassalle nous présente ainsi un Horace coincée entre deux figures paternelles - son père et Arnolphe chez qui il vient naïvement chercher du réconfort - un gamin encore immature qui s'efface devant les adultes. Et malgré la fin heureuse, c'est avec une Agnès pleine de désillusion que s'achève la pièce, Agnès qui quitte la scène sans un regard pour son promis pour qui elle semble ne plus avoir ni amour ni respect. A ce  brillant trio, rajoutons, Céline Samie et Pierre Louis-Calixte dans les rôles de Georgette et Alain, les serviteurs chargés de surveiller Agnès. Les deux comédiens jouent à merveille les nigauds, frustres mais heureux de leur vie au grand air.

Une lecture de l'oeuvre intéressante et de bons acteurs donc. Je serai plus réservée sur la scénographie. La maison où Agnès est recluse est sur une île, au milieu d'un lac. On y accède soit par barque sur par un radeau actionné par un système de poulie. Autour de la maison, un petit jardin et un arbre en carton (ou du moins, la silhouette d'un arbre). Le reste de l'action se déroule sur l'avant-scène. La maison est alors dissimulée par une toile peinte figurant une rue. Par un jeu de transparence, on aperçoit parfois la maison. Un décor qui ne fait pas vraiment rêver. A cela, il faut ajouter une bande sonore - clapotis du lac et pépiements d'oiseaux - agaçante au possible et masquant parfois les dialogues. Dommage, cela aurait pu être un spectacle mémorable.

L'Ecole des femmes de Molière, mise en scène par Jacques Lassalle. Avec Yves Gasc, Simon Eine, Thierry Hancisse, Andrzej Seweryn, Christian BlancCéline Samie, Pierre Louis-Calixte, Gilles David, Julie-Marie Parmentier, Jérémy Lopez et Adeline d'Hermy. A la Comédie-Française, salle Richelieu, jusqu'au 6 janvier 2012 (en alternance). Réservations : 0 825 10 1680

Reprise au Théâtre Ephémère du 25 septembre au 28 octobre 2012

A lire aussi : La Critique de l'école des femmes, mise en scène par Clément Hervieu-Léger.