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27 septembre 2015

Celui qui tombe de Yoann Bourgeois / Le Monfort théâtre

"I planned each charted course
Each careful step along the byway"

Il y a, parfois, dans les corps en mouvement tout autant de poésie que dans les mots. En cela, Yoann Bourgeois excelle : son Art de la fugue m'avait mis les larmes aux yeux en 2012 au Monfort Théâtre. Le chorégraphe récidive, au même endroit, avec Celui qui tombe, à découvrir absolument jusqu'au 10 octobre 2015. 

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Le spectacle est un travail sur la pesanteur. Cette fois, Yoann Bourgeois place six danseurs-acrobates sur un plateau de bois suspendu dans les airs. Tel des pions sur un échiquier, ils subissent les mouvements de cette structure à leur corps défendant. Ça tourbillonne, ça oscille, ça se balance. On en perd la tête mais pas eux : tous les six continuent à se mouvoir avec une grâce prodigieuse.

Trois tableaux se succèdent. Le premier nous donnera des frissons de plaisir tant il est empli de poésie. Les corps sont penchés à 45° sous l'effet de la force centrifuge mais parviennent à se regrouper, à s'enlacer, au son de My way interprété par Sinatra. Au fil du spectacle, on appréciera aussi la force physique de ces interprètes, suspendus un long moment à bout de bras ; leur précision aussi lorsqu'ils esquivent de la tête, tels des trompe-la-mort, le lourd plateau en train de se balancer .

34-20140918_0881.jpg"Une petite humanité qui essaie simplement de tenir debout malgré toutes les contraintes qui sont exercées sur elle." Voilà les mots qu'utilise Yoann Bourgeois pour décrire sa création. Il y a quelques choses de magnifique dans ces six êtres en équilibre, en apparence si fragiles, qui résistent à toutes ces épreuves. Sans parole mais avec une solide trame narrative, Celui qui tombe séduit par son inventivité et la virtuosité de ses interprètes. Un travail abouti et millimétré ne laissant rien transparaître de la difficulté d'exécution : c'est souvent là que se trouve la marque des chefs-d'oeuvre.

Celui qui tombe de Yoann Bourgeois. Avec Jean-Baptiste André, Mathieu Bleton, Julien Cramillet, Marie Fonte, Elise Legros et Vania Vaneau, en alternance avec Francesca Ziviani. Au Monfort théâtre, jusqu'au 10 octobre 2015. Réservations au  01 56 08 33 88. Durée : 1h05.

En tournée : 
du 22 au 24 octobre 2015 MC2: Grenoble / Grenoble
du 6 au 7 novembre 2015 Scène Nationale de Sénart / Sénart
du 13 au 14 novembre 2015 Le Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées / Tarbes
du 17 au 19 novembre 2015 Le Grand R Scène Nationale / La Roche-sur-Yon
du 24 au 25 novembre 2015 La Coursive Scène Nationale / La Rochelle
du 14 au 15 décembre 2015 Maison de la Culture d’Amiens / Amiens
du 18 au 19 décembre 2015 L’Apostrophe / Cergy-Pontoise
du 19 au 23 janvier 2016 Théâtre National de Bretagne / Rennes
du 27 au 28 janvier 2016 Montpellier Danse / Montpellier
du 4 au 5 mars 2016 La Passerelle Scène Nationale / Gap
du 10 au 12 mars 2016 Cirque-Théâtre / Elbeuf
du 17 au 19 mars 2016 Lieu Unique / Nantes
du 23 au 24 mars 2016 Théâtre d’Angoulême / Angoulême
du 30 mars au 1er avril 2016 Théâtre de Caen - Spring Festival / Caen
du 7 au 9 et du 11 au 13 avril 2016 Le Centquatre / Paris
du 26 au 27 avril 2016 Anthéa Théâtre d’Antibes / Antibes

27 septembre 2014

Le Vide, essai de cirque / Gehlker, Auffray, Diaz Verbèke / Le Monfort

"C'est quelqu'un qui ne fait que monter et descendre."

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Prenez huit cordes, suspendez- les au plafond. Cela ne fait pas un spectacle ? Si, si vous faites appel à Fragan Gehlker, Alexis Auffray et Maroussia Diaz Verbèke. Le trio présente Le Vide, essai de cirque, un spectacle fascinant, à découvrir au Monfort.

Fragan Gehlker est cordeliste. Entendez par là qu'il monte à la corde et en redescend de mille et une façon qui vous font froid dans le dos et vous soulèvent l'estomac de peur. La prouesse technique est au rendez-vous mais la réussite de ce spectacle va bien au delà.

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La dramaturgie, signée Maroussia Diaz Verbèke (co-fondatrice du collectif Ivan Mosjoukine, déjà admiré au Monfort), fait largement référence au mythe de Sisyphe. Alors Fragan reprend son ascension, inlassablement, faisant face à des événements inattendus (mais chut ! Trop en dire serait vous gâcher le plaisir ...) avec fatalité mais sans jamais baisser les bras. A ses côtés, Alexis Auffray joue du violon et manipule des radio-cassettes délivrant des maximes qui font mouche.

On est fascinés par cette maîtrise du vide et les risques pris, séduits par l'humour de la situation. Au milieu du Monfort transformé en piste aux étoiles, on s'amuse aussi des bouches grandes ouvertes des spectateurs en face (mais on fait probablement la même tête). 50 minutes intenses dont on ressort totalement charmés.

Le Vide, essai de cirque, un spectacle écrit par Fragan Gehlker, Alexis Auffray et Maroussia Diaz Verbèke. Avec Fragan Gehlker et Alexis Auffray. Au Monfort, jusqu'au 11 octobre 2014, du mardi au samedi à 20h30. Réservation au 01 56 08 33 88. Durée : 50 mn

16 janvier 2014

Deux hommes jonglaient dans leur tête / Roland Auzet et Jérôme Thomas / Le Monfort

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Deux hommes jonglaient dans leur tête : voilà un titre à la fois explicite et obscur. Roland Auzet et Jérôme Thomas - les deux hommes en question - s'installent avec leurs instruments étonnants au Monfort.

Ici et là sur la scène, d'élégants objets de bois. Ces machines pourraient être sorties de l'imagination de Léonard de Vinci. Au milieu de cette installation : Jérôme Thomas,jongleur , et Roland Auzet, virtuose de la percussion. Dans une semi-obscurité, vêtus de très chics costumes-cravates et sans échanger un seul mot, les deux hommes enchaînent les démonstrations d'une machine à l'autre. Les percussions impulsent le rythme au jonglage, le jonglage lui-même devient percussion. 

La technique est impressionnante : les deux compères parviennent même à créer des illusions d'optiques tant ils sont rapides. Des miroirs et des lumières magnifiques sont aussi là pour les y aider. Jérôme Thomas nous démontre que l'on peut jongler avec tout - des plumes comme des grelots - et Roland Auzet que tout est musique.

Le spectacle est ainsi autant visuel et sonore. Toutes ses machines en bois produisent du son : dans leurs entrailles, des tringles métalliques, des carillons ... leur corps sert de caisse de résonance. On peut être fascinés en voyant cela mais il s’exhale aussi de la scène une certaine tension et la frénésie des deux hommes vire un peu à la cacophonie: des sons de toute part qui en deviennent assourdissants lorsque, comme pris de folie, ils animent toute cette machinerie en même temps.  

Deux hommes jonglaient dans leur tête, conception et interprétation Roland Auzet et Jérôme Thomas. Au Monfort Théâtre, jusqu'au 1er février 2014, du mardi au samedi à 20h45, le jeudi 23 janvier à 14h30. Réservations au 01 56 08 33 88.  Durée : 1h.