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22 mai 2013

Mises en capsules au Ciné XIII Théâtre : à la découverte des succès de demain ?

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Depuis lundi 20 mai, et pour trois semaines, les formes théâtrales très courtes sont à l'honneur au Ciné XIII Théâtre pour la 7e édition du Festival Mises en Capsules

Des formes courtes théâtrales ? Le principe du festival, c'est de présenter de très courtes pièces - une demi-heure chacune - écrites par de jeunes auteurs. Chaque soir, cinq pièces s'enchainent ainsi. A la fin du festival, l'une d'entre elles se verra offrir les moyens d'aller un peu plus loin, de se développer sous un format plus long. 

L'expérience a plutôt bien marché lors des éditions précédentes : Le Porteur d'histoire dont je vous ai déjà parlé et qui cartonne en ce moment au Studio des Champs-Elysées a été créé lors de ce festival.

Je ne vais pas vous faire de fausses promesses : toutes les pièces présentées ne sont pas de ce niveau là. Faire court, c'est compliqué : il faut réussir à présenter les personnages, créer une atmosphère, nouer et dénouer l'intrigue ...  en une demi-heure seulement, ça ne laisse pas la place aux approximations ! On sent bien que ces oeuvres auraient besoin de plus de temps pour réellement embarquer le spectateur. Pourtant au milieu de toutes ces pièces - 15 au total sont présentées en alternance pendant le festival - quelques unes suscitent un peu plus l'enthousiasme. Parmi les quatre pièces que j'ai pu voir, deux ont véritablement retenu mon attention.

Un jour quelqu'un que j'aime m'a dit tu me frappes avec tes yeux, pièce écrite par Anaïs Allais et Guillaume Gouix autour du personnage de Lester Bangs (un critique musical américain des années 70), nous interroge sur ce que c'est qu'être rock ou punk aujourd'hui. La forme de cette création peut un peu surprendre mais le texte est bien écrit et impeccablement interprêté par Guillaume Gouix, Fanny Touron et Benjamin Le Souef.  

Plus classique par la forme Un Boulevard dans la tête pourrait aisément, sous un format lon, tenir l'affiche. Ses trois auteurs et metteurs en scène, Martin Darondeau, Julien Labigne et Jordi Le Bolloc'h, nous entrainent dans l'imaginaire d'un auteur de théâtre qui n'ose pas se lancer. Et lorsque l'on a une pièce de boulevard en tête, qu'on réécrit sans cesse le début de l'intrigue, imaginez ce que cela peut donner si les personnages se matérialisent sous nos yeux. On rit beaucoup au cours de cette demi-heure qui a un goût de trop peu.

Quinze pièces en alternance, ça laisse pas mal de possibilités de découvrir une pépite ! Côté tarif, la formule pass à 36 euros (22 euros en tarif réduit) permet de tout voir sans casser sa tirelire. Voilà de quoi satisfaire les boulimiques de théâtre!

Festival Mises en Capsules au Ciné XIII Théâtre (Paris 18e), jusqu'au 8 juin 2013 du lundi au samedi, de 19h à 22h30. Réservations au 01 42 54 15 12. 

11 février 2013

Le best-seller "La liste de mes envies" adapté sur les planches : reprise au Festival Off d'Avignon 2013

 "On va vous aimer pour autre chose que vous désormais"

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Photo : William K.

Article mis à jour le 6 juillet 2013

Ce fut un des succès littéraire de 2012 : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt s'est vendu à plus de 400 000 exemplaires. L'ouvrage a été adapté et mis en scène au Ciné XIII Théâtre par Anne Bouvier et interprêté par Mikaël Chinirian. Il sera repris cet été dans le Off au Festival d'Avignon, au Théâtre des Béliers

Sur le plateau, tous les accessoires ont été recouverts de tricot et de macramé. L'univers de Jocelyne, mercière à Arras, est ainsi : tout feutré et douillé. Et même si son mari a changé avec le temps, elle l'aime encore profondément après 21 ans de mariage. Lorsqu'elle découvre qu'elle a remporté plusieurs millions d'euros au loto, la mercière imagine immédiatement tous les achats qu'elle va pouvoir faire. Mais la psychologue de la Française des jeux qui la reçoit a tôt fait de lui dresser un tableau très sombre de ce qui l'attend. Amis avides, époux volage une fois la somme partagée, pique-assiettes ...  Alors Jocelyne prend peur et cache le chèque au lieu de l'encaisser. 

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Photo : William K.

Un homme pour incarner Jocelyne : le choix peut paraitre saugrenu de prime abord. Mais Mikaël Chinirian est finalement touchant et convaincant dans ce rôle (même si le maniement des aiguilles à tricoter reste laborieux !). Il insuffle à son personnage une douceur, une certaine indolence face aux aléas de la vie. Le comédien se glisse aussi dans la peau des autres protagonistes : le mari bourru, le père amnésique après un AVC, les deux amies de l'héroïne, des jumelles coiffeuses fantasques. 

Loin de l'aspect anecdotique du gain à la loterie, la pièce nous interroge sur notre rapport à l'argent, nos liens affectifs. Que coucherions nous, nous, sur la liste de nos envies ? Qu'est-ce qui est finalement essentiel à notre quotidien : les biens matériels ou les gens qui nous entourent ? Comme dans toutes les fables, il y a une morale à la fin ...

La liste de mes envies de Grégoire Delacourt. Adaptation et mise en scène Anne Bouvier et Mikael Chinirian. Avec Mikaël Chinirian. Au Ciné XIII Théâtre, du mercredi au samedi à 20h, le dimanche à 16 h, jusqu'au . Réservations : 01 42 54 15 12

Au Théâtre des Béliers  à Avignon, du 8 au 28 juillet 2013 à 17h40. Réseravtions : 04 90 82 21 07 

17 janvier 2013

Au Ciné XIII Théâtre, Nicolas Briançon met en scène "Sade" de et avec Pierre-Alain Leleu

 "La première des libertés est la liberté de tout dire."

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Photo : Fabien Dumas

Je vous en parlais il y a quelques jours : D.A.F Marquis de Sade est à l'affiche du Ciné XIII Théâtre. Une pièce écrite et interprêtée par Pierre-Alain Leleu et mise en scène par Nicolas Briançon

Le Marquis de Sade y est représenté incarcéré à la Bastille, coincé entre une geôlier frustre (Jacques Brunet) et une religieuse qui tente de le remettre dans le droit chemin (Michel Dussarat). Seule évasion possible : ses écrits et ses conversations avec une femme imaginaire (Dany Verissimo) à la fois confidente et voix de la raison. 

J'avoue : avant d'aller voir le spectacle, j'étais un peu sceptique . Lors d'une interview, Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu avaient eu beau m'expliquer que ce qui les intéressait c'est l'homme derrière les écrits et sa soif de liberté, la réputation sulfureuse de  Sade - dont les écrits émaillent la pièce - me faisais craindre le pire. Et bien j'avais tort : malgré quelques passages un peu difficiles à entendre (on réservera ce spectacle aux adultes) il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce texte. 

La liberté, la religion, la notion de remord sont abordés sur scène dans ce dialogue entre Sade et cette femme imaginaire. On y découvre un homme rendu vulnérable par sa détention. Les conditions de vie sont difficiles, encore plus pour une personne de son rang. Désespéré, il cherche des signes partout, se raccroche à la numérologie pour savoir de quoi l'avenir sera fait. C'est toujours en réaction que surviennent ses "dérapages", lorsqu'on l'on n'accède pas à l'une de ses demandes. Un flot d'injures sort alors de sa bouche, il décrit des fantasmes vraiment trash.

Peut-être n'est-ce là que provocation ? C'est la thèse de l'auteur de la pièce en tout cas. Le personnage de femme qu'il a créé nous permet de prendre de la distance avec ce discours réellement choquant. Elle ne cautionne pas, se bouche les oreilles, va jusqu'à dire à Sade que son emprisonnement est justifié. Dans ce rôle, Dany Verissimo se révèle être une bonne surprise. Malgré son parcours atypique et son manque d'expérience au théâtre, elle s'en sort plutôt bien.

Pierre-Alain Leleu et Nicolas Briançon donnent ici à l'écrivain l'humanité qu'on lui accorde rarement. En cela ils ont réussi leur pari. La pièce vaut le détour mais n'est pas conseillées aux oreilles trop prudes. 

D.A.F Marquis de Sade de Pierre-Alain Leleu, mise en scène Nicolas Briançon. Avec Pierre-Alain Leleu, Dany Verissimo, Michel Dussarat et Jacques Brunet. Au  Ciné XII Théâtre (rue Junot, Paris 18e). A 21 h 30 (relâche les lundi et mardi), le dimanche à 17 h 30. Réservations au 01 42 54 15 12.  

A lire aussi : Rencontre avec Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu