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06 février 2013

Confession d'un enfant du siècle au Théâtre du Marais : coup de chapeau pour la scénographie !

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Photos : Didier Goudal

Découvrir un nouveau théâtre est toujours un moment spécial. La capitale en comptant plusieurs centaines, ce plaisir est presque sans fin ! Des salles parfois minuscules comme le Théâtre du Marais où se joue actuellement La Confession d'un enfant du siècle de Musset, dans une adaptation de Frédéric Vossier et une mise en scène de Marie-Claude Morland.

Seul en scène, Bertrand Farge incarne un homme du 19e siècle, personnage torturé et double de Musset. Octave, blessé par l'inconstance d'une maitresse qu'il aimait profondement, devient un libertin s'adonnant à tous les plaisirs sans contraintes : les fêtes, les jeux, l'alcool ... Une vie dissolue interrompue par le décès de son père. De retour dans sa campagne natale, il rencontre une jeune veuve, redécouvre ce que c'est qu'aimer et devient la proie d'une jalousie maladive.

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Il est rare que de telles productions bénéficient d'une scénographie aussi élaborée et aboutie. Commençons donc par louer cet effort. Elle est l'oeuvre d'Elsa Belenguier, diplômée de l'ENSATT en 2011, qui signe là sa première scénographie professionnelle. Dans un espace très restreint, on admire l'élégance des verres et carafes disposés sur deux guéridons. Des bougies et des tapis viennent renforcer cette atmosphère propice aux confidences. Et puis il y a ces magnifiques arbres aux reflets flamboyants de l'automne.

Dans ce cadre, Bertrand Farge et sa voix chaude nous livrent cette confession teintée de regrets et de mélancolie. On suit pas à pas l'évolution du personnage, ses changements d'humeur. On vit son désarroi et ses angoisses. Le texte de Musset est magnifique, ce n'est pas une nouveauté ! Il est ici sublimement mis en valeur. 

La Confession d’un enfant du siècle d'après Alfred de Musset. Adaptation Frédéric Vossier, mise en scène Marie-Claude Morland. Avec Bertrand Farge. Au Théâtre du Marais (37 rue Volta, Paris 3e) prolongation jusqu'au 28 avril 2013, du jeudi au samedi à 21h, dimanche à 17h. Réservations : 01 45 44 88 42
Durée du spectacle : 1h20  

10 mai 2012

Reprise de "On ne Badine pas avec l'amour" au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française

Une distribution modifiée pour les deux principaux rôles féminins : voilà l'excuse toute trouvée (mais en même temps, en fallait-il vraiment une ?) pour retourner voir Badine pour la 3e fois.

La pièce, présentée la saison dernière au Vieux-Colombier, est reprise actuellement en Théâtre Ephémère.

Outre quelques adaptations de mise en scène rendues nécessaire par le nouveau lieu, c'est donc dans la distribution que s'opèrent principalement les changements. Ce n'est plus entre Suliane Brahim et Julie-Marie Parmentier que Perdican (Loïc Corbery) partage son coeur mais entre Françoise Gillard et Marion Malenfant.

Alors ? Alors Marion Malenfant s'en sort très bien pour ses premiers pas au Français. La toute nouvelle pensionnaire insuffle à Camille un certaine froideur et une détermination que l'on ne trouvaient pas chez Julie-Marie Parmantier, plus exaltée, la saison dernière. Je suis moins séduite par Françoise Gillard - que j'aime beaucoup par ailleurs - cependant. Suliane Brahim avait su apporter à Rosette une candeur et une naïveté que l'on ne retrouve pas ici et on le regrette un peu.

Sinon ? Et bien cela reste un spectacle géniallissime. Au bout de la 3e réprésentation, je suis toujours sous le charme, je verse à chaque fois ma petite larme sur la fameuse tirade de Perdican, je souris toujours devant le numéro de Christian Blanc en précepteur ivre. Les personnes qui m'ont accompagnées ont, elles aussi, à chaque fois été séduites.

Oui mais voilà, un problème surgit à présent : qui vais-je bien pouvoir trouver pour m'accompagner une quatrième fois?

On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset, mise en scène de Yves Beaunesne. Avec Roland Bertin, Christian Blanc, Françoise Gillard, Pierre Vial, Loïc Corbery, Danièle Lebrun et Marion Malenfant. Au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française jusqu'au 17 juin 2012.
Réservations : 0 825 10 1680.

24 février 2012

"Il faut je ne veux pas" : un petit bijou magnifiquement orchestré par Besset au Théâtre de l'Oeuvre

" Dites-moi un peu,
vous qui avez le sens commun,
qu’est-ce que signifie cette chose-là :
faire la cour à une femme ? "

il faut je ne veux as,il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée,alfred de musset,je ne veux pas me marier,jean-marie besset,théâtre de l'oeuvre,blanche leleu,chloé olivères et adrien melinIl faut je ne veux pas : derrière ce titre se cachent en réalité deux pièces. La première, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, a été écrite par Alfred de Musset en 1845. Une pièce assez peu jouée aujourd'hui dont on découvre, avec un grand plaisir, la beauté du texte dans la bouche des comédiens. La seconde, Je ne veux pas me marier, est plus récente (2008) et signée du metteur en scène de ce spectacle, Jean-Marie Besset.

Présentée l'une après l'autre, ces deux pièces deviennent une  oeuvre à part entière tant elles se répondent et se complètent. Ce que nous montre Besset dans cet assemblage c'est que, par delà les siècles, le face à face amoureux n'a guère changé. "Vieux refrain, orchestration nouvelle" résume l'auteur et metteur en scène. "D'où vient cette science qu'ont les femmes pour réformer les hommes qui les aiment ? Les adapter constamment à leurs besoins, à leurs désirs ? Renouveler le lien du couple ?"

Une marquise corsetée qui malmène son prétendant en rejetant les formules d'amour toutes faites et refusant qu'on lui fasse la cour. Une future mariée, perdue au milieu des cartons de table à la veille de ses noces, qui  doute et remet tout en cause, au désespoir de son promis. L'une est blonde (Blanche Leleu), l'autre brune (Chloé Olivères) mais ces deux trentenaires  se ressemblent tant,  toute deux en quête d'absolu et rejètant la facilité de certaines relations amoureuses. Face à elles, le même amoureux (Adrien Melin) un peu désarmé, le chapeau haut de forme ou le manteau à la main, ne sachant jamais s'il doit partir ou rester, s'il faut croire ces mots si durs ou s'il faut comprendre le contraire ...

Les trois comédiens sont brillants (Adrien Melin est cependant légèrement meilleur dans le rôle contemporain que chez Musset) et la mise en scène vraiment, vraiment réussie. On appréciera le passage d'une histoire à l'autre: comme dans un déménagement, la maîtresse de maison indique quels objets emporter et laisse place à la nouvelle occupante des lieux qui fait installer ses effets.

Outre cette jolie mise en scène, Jean-Marie Besset réussit à mettre en musique son propre texte, face  aux mots de Musset, si beaux. Il nous livre un décryptage parfait du couple sans jamais tomber dans le théâtre de boulevard et les jeux de mots vaseux. Une finesse qui fait mouche : on rit beaucoup, on se reconnaît souvent, surtout lorsque l'on est soi-même une fille de trente ans (avouons-le, tout aussi prise de tête que les deux héroïnes).

Il faut je ne veux pas d'Alfred de Musset et Jean-Marie Besset, mise en scène de Jean-Marie Besset. Avec Blanche Leleu, Chloé Olivères et Adrien Melin. Au Théâtre de l'Oeuvre, Du mardi au samedi à 21h00, en matinée le samedi à 18h30 et le dimanche à 15h30. Réservations : 01 44 53 88 88