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28 janvier 2011

"Thriller live" au Zénith

"Can you feel it ? Can you feel it ?
Can you feeeeeeeeel it ?"

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas parler cette fois-ci d'une pièce de théâtre mais d'un spectacle musical.

Je n'ai jamais été une fan de Michael Jackson. Mais avoir filmé 200 passionnés en train de danser Thriller sous la Tour Eiffel la semaine dernière et avoir interviewé Adrian Grant, le créateur du spectacle, m'a donné envie d'aller voir "Thriller live" au Zénith.

"Thriller live", qu'es aco ? Pas une comédie musicale qui raconte la vie de Michael Jackson. Juste ses plus grands tubes présentés sur scène comme il aurait pu le faire lui-même ... Enfin pas tout a fait, plutôt comme si tous les Michael Jackson successifs - j'attends par là les différents styles qu'il a incarnés au fil de sa carrière - étaient sur scène le même soir. Le MJ des Jackson five, puis celui de Thriller et Bad et celui des années 90. Le Michael disco, le rocker, le chanteur de Soul et bien sûr le danseur.

Petite précision, mais cela a son importance : ce spectacle n'a pas été créé à la mort de Jackson mais en 2006. Inutile donc de crier à la récupération commerciale.  Créé à Londres, le spectacle faisait donc escale à Paris cette semaine, pour quelques représentations seulement.

Voilà pour le contexte. Venons-en au spectacle : époustouflant tout simplement (ou comme l'a dit, un peu moins élégament, mon voisin de strapontin "Putain, ça envoie !"). Dix danseurs et danseuses de haut niveau(avec une parité parfaite)  et six chanteurs. Car c'est là que réside selon moins la réussite du spectacle : avoir d'entrée de jeu admis qu'une seule et même personne ne pourrait pas faire aussi bien que la King of pop, vocalement et chorégraphiquement. Quatre hommes, une femme et un enfant (pour la période Jackson 5) se succèdent donc au micro, en fonction du style et de la tonalité de la chanson. Le tout sur un rythme effreiné (comment font les danseurs pour changer de costumes aussi vite et enchaîner les chansons sans être essouflés ?)

Tous les hits y sont (coup de coeur personnel pour "the way you make me feel") et, c'est assez rare pour être souligné, la musique est jouée en live par un orchestre dissimulé derrière un écran géant. Seul bémol : l'ensemble du spectacle est en V.O, y compris les speaches entre les chansons. Difficile pour certains de suivre et difficile aussi pour les chanteurs d'entrer en interaction avec le public.

Malgré tout, l'ambiance prend. Le spectacle est aussi dans la salle : les fans sont au rendez-vous et enchainent les chorégraphie face à la scène. Dans ces conditions, il devient vite impossible de rester sagement assis sur son fauteuil. Quelque chose comme à vous démanger.  Alors on se met debout et on se surprend à danser entre les sièges. C'est inéluctable : ce soir-là, par la force des choses, je suis devenue pour quelques heures une fan de Michael Jackson.

25 janvier 2011

"La duchese de Malfi" au Théâtre 71 à Malakoff

"Elle ternit le passé et illumine l'avenir"

Cette pièce-là pourrait bien entrer dans le top 10 de celles que j'ai le plus aimées. Un beau texte, une héroïne fascinante, voire éblouissante, et une interprétation irréprochable.

Il s'agit de La duchesse de Malfi, présentée au Théâtre 71 à Malakoff. Comme beaucoup, je ne connaissais pas ce texte, ni même son auteur, l'Anglais John Webster, contemporain de Shakespeare. Mais comme j'ai toujours un a priori positif sur les pièces dont le rôle-tître est une femme, j'ai tenté l'aventure.

J'ai lu (et je ne dirai pas où) que cette pièce était "un pilier du répertoire britannique". Je me suis alors sentie un peu ignare mais, en bonne journaliste, j'ai cherché à vérifier l'info. Et cela tombe bien, une de mes proches est mariée avec un Anglais et vit en Angleterre. Alors Webster? Inconnu au bataillon (bon, je vous l'accorde, mes amis ne sont pas des spécialistes du théâtre élisabéthain, mais quand même, "un pilier du répertoire" ...). J'ai donc poursuivi mes recherches sur le net. Webster est principalement connu pour deux oeuvres :  The White Devil (1609-1612) et The Duchess of Malfi (1613-1614, éd. 1623), parfois traduite en Français sous le tître La Duchesse d'Amalfi. Quant à savoir si ces ouvrages sont étudiés par les écoliers britanniques, il semblerait que non ...

Bien dommage donc que cette duchesse-là soit si méconnue. Jeune veuve, elle se voit interdire un second mariage par ses deux frères. Qu'importe, la duchesse est une insoumise qui, non seulement passe outre et se remarie, mais, qui plus est, choisit pour mari son intendant, un homme n'ayant pour rang et fortune que son intelligence. Un vrai mariage d'amour qui reste secret et duquel naîtront trois enfants. La tragédie, car c'en est une, débutera lorsque les deux frères découvriront cette union et y mettront fin au  nom de la morale - alors même que l'un des deux, cardinal, vit de façon des plus dépravée, et que l'autre nourrit des sentiments incestueux pour sa soeur ... Et c'est dans les épreuves que ses chers frères lui font subir qu’apparaît au grand jour la grandeur de l'héroïne. Pour rien au monde elle ne reniera son amour, quitte à être ouvertement traitée comme une putain.  

L'histoire est écrite au 17eme siècle, l'action se déroule au 16eme siècle en Italie (s'inspirant de l’histoire vraie de la Duchesse d’Amalfi et d’Antonio Bologna à Milan) mais le texte est résolument moderne. Sans doute parce qu'il a été retraduit et adapté  par la metteuse-en-scène elle-même, Anne-Laure Liégeois, en collaboration avec Nigel Gearing. Un travail ciselé qui nous suspend aux lèvres des comédiens pendant 3h15 (tout de même) sans que l'on s'ennuie une seule minute.

Chapeau bas !

Au Théâtre 71 à Malakoff jusqu'au 5 février 2011 puis à Châtenay-Malabry (92) le 10, à Colmar les 16 et 17. En mars : Amiens (les 8 et 9), Limoges (du 15 au 18) et Besançon (du 23 au 25 mars 2011) 

22 janvier 2011

"Du mariage au divorce" au Théâtre de Marigny (2)

"Quand il s'agit de ton plaisir,
tu n'y regardes pas !"

Dans mon dernier billet, je vous parlais de ma frustration de n'avoir vu que deux des quatre pièces de Feydeau proposées à Marigny, dans une mise en scène d'Alain Françon.

Comme il est très mauvais d'avoir des frustrations - et aussi parce qu'une de mes amies était déçue que je ne l'ai pas "attendue" pour aller voir cette pièce (et comme c'est elle qui a fait la photo figurant dans le colonne de gauche de ce blog, je ne peux rien lui refuser !!!) - je suis donc allée jeudi soir voir l'autre spectacle.


Au programme donc On purge bébé puis Feu la mère de Madame. La distribution : la même que pour les deux autres pièces, sans Judith Henry.

Bon disons le tout de go : j'ai trouvé ces deux pièces-là un peu moins drôles que les deux autres. Ni la mise en scène, ni l'interprétation ne sont en cause. Seul reproche  : avoir conservé le même décor pour les deux spectacles. On est toujours dans le même intérieur bourgeois, même papier peint, mêmes rideaux. Seuls quelques meubles varient d'une pièce à l'autre. Et cela a un peu tendance à renforcer l'impression de déjà vu que l'on peut avoir en allant voir les deux spectacles à quelques jours d'intervalle.

J'avais déjà vu Feu la mère de Madame la saison dernière, à la Comédie française. La pièce y était présentée avec trois autres oeuvres de Feydeau, très différentes entre elles , par leur forme et leurs personnages, et ne créant donc pas cette impression de redondance (Amour et piano, Un monsieur qui n'aime pas les monologues et Fiancés en herbe). Le rôle de Joseph, le domestique de la défunte mère, y était tenu par le facétieux Christian Hecq. Si vous ne l'avez jamais vu sur scène, sachez simplement qu'il lui suffit d'apparaître pour faire rire. Alors forcément, aussi bonne puisse être l'interprétation des comédiens à Marigny, difficile de faire mieux...

Entendons nous bien : je ne suis pas en train de dire que je n'ai pas aimé ce spectacle. J'ai passé un excellent moment. Simplement, si vous n'avez qu'une seule soirée de libre, mieux vaut choisir la version Léonie est en avance / Mais n'te promène donc pas toute nue. Sinon, allez voir les deux !