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04 février 2011

Les Vocapeople se posent à Bobino

 

 

Une petite vidéo musicale pour vous mettre la pêche avant le week-end (ou plutôt pour vous donner la banane, c'est plus de saison).

Il s'agit d'un reportage réalisé la semaine dernière et diffusé sur France 3 Ile-de-France. Quelques minutes juste pour nous, en marge du spectacle,  avec les Vocapeople qui ont posé leur soucoupe pour plusieurs semaines à Bobino.

Les Vocapeople, ce sont des extraterrestres (on a tenté de savoir d'où ils venaient vraiment et la seule réponse fournie par la prod' c'est "de la planète Voca" ... Impossible d'en savoir plus, marketing oblige !) . Ils  ne communiquent avec les humains que par le biais de la musique et la chanson. Plus pragmatiquement, c'est un groupe qui chante a capella. Je n'ai pas vu le spectacle en entier mais les quelques extraits étaient plutôt impressionnants. Quand je me suis retrouvée au millieu d'eux avec ma caméra et qu'ils se sont mis à chanter, j'avais vraiment l'impression d'avoir des instruments de musique tout autour de moi.

Reste à savoir si un spectacle entier sur ce mode là n'est pas trop lassant ... Perso, je ne suis pas assez mélomane pour tenter l'aventure mais si vous y allez, tenez moi au courant.

En attendant, voici un petit aperçu :

 

Commentaire : Jean-Laurent Serra

Images : Audrey Natalizi

Son : Claudio Tennant et Stéphane Fouquet

Reprise à Bobino jusqu'au 8 janvier 2012.

 

03 février 2011

Une soirée au bureau des lecteurs de la Comédie-Française

"On est resté bouche bée"

Hier soir donc, comme annoncé dans le dernier billet, lecture au Studio théâtre de la Comédie française.

Au programme Débris de Dennis Kelly. Un texte contemporain faisant partie d'une sélection d'oeuvres qui pourraient entrer au répertoire. Comme je vous le disais, ces textes font l'objet de lectures toute la semaine. Hier soir, on était des petits veinards : l'auteur himself était présent dans la salle car, par une coïncidence toute théâtrale, une autre de ses pièces est jouée actuellement au Théâtre de la Colline (Occupe-toi du bébé, mise en scène Olivier Werner).

Commençons par parler du texte puisque cette lecture était organisée pour nous le faire découvrir. L'histoire de deux enfants, Michael et Michelle, frère et soeur, élevés dans un milieu des plus défavorisés, ne connaissant ni l'amour ni la douceur d'un foyer. Un texte très dur, très cru. Première scène : le suicide du père par crucifixion devant son fils, le jour de ses 16 ans. On fait plus soft comme entrée en matière ... mais Dennis Kelly nous montre d'un bout à l'autre de ce récit, que le soft, c'est pas son truc. C'est pourtant une pièce sur l'amour. Et l'auteur lui même insiste sur ce point lors de la causerie d'après lecture. Une belle histoire d'amour filial en somme : Michael découvre un bébé dans un tas d'ordure et ,en même temps, ce que peut ressentir un homme en devenant père. Débris, c'est le nom qu'il donne à ce nourrisson sorti des immondices à demi-mort et qu'il ramène à la vie.

Le récit est poignant, le public est suspendu à cette lecture mais on ne peut s'empêcher de se demander ce que cela donnerait dans une vraie mise en scène. Rester dans le dépouillement comme cette lecture ? Créer des décors ? La pièce a déjà été montée à Londres, et je serai très curieuse de voir à quoi cela peut ressembler.

Venons-en au comédiens à présent. La lecture est dirigée par Alain Lenglet. Deux comédiens sur scène. Dans le rôle de Michelle, la pétillante Julie Sicard. Un bonbon acidulé qui se fond parfaitement dans ce personnage de fillette écorchée par la vie. Et puis Julie Sicard, c'était Lise dans L'illusion comique ... et comme c'est dans sa bouche que j'ai entendu pour la première fois "Aime en tous lieux, perfide ...", forcément j'ai de la sympathie pour elle.

Dans le rôle de Michael, LUI. Qui ça lui ? LUI ! Ne comptez pas sur moi pour lâcher l'info et vous dire son nom. Je fais mon égoïste : si vous ne le connaissez pas, tant pis pour vous ! Vous n'avez qu'à chercher vous même et aller le voir sur scène au lieu de rester les fesses dans votre canapé à regarder des séries américaines (hier soir, j'ai renoncé à mes trois épisodes hebdomadaires de Grey's anatomy - nobody's perfect ! - et j'ai traversé Paris en bravant le froid pour LE voir sur scène). Inutile de vous faire une liste d'adjectifs pour décrire son talent. Cela n'y suffirait pas. Sachez seulement qu'il donne l'impression de vivre ce qu'il dit comme personne, d'être plus vivant que quiconque lorsqu'il joue, comme si chacune de ses cellules ne respirait que par et pour le théâtre. Et en plus il a un charme fou et un joli minois, ce qui ne gâche rien. 

Une fois que vous l'aurez vu sur scène, mesdemoiselles, soyez sûres que vos mecs ne dormiront plus jamais sereinement ... la comparaison doit être si dure à souffrir!

30 janvier 2011

"Le Nombril" de Jean Anouilh à la Comédie des Champs Elysées

"Ah ! Elle n'est pas belle
à contempler nue, la vérité ..."

Profitant du tarif réduit "Premiers aux premières"  proposé par la Comédie des Champs Elysées, je suis allée  voir, hier soir, Le Nombril de Jean Anouilh, mis en scène par Michel Fagadau.

Le Nombril, c'est la dernière pièce de Anouilh, écrite en 1987. L'histoire tient en quelques lignes : Léon (Francis Perrin), un auteur de théâtre, bloqué chez lui par une crise de goutte, voit ses proches défiler un à un pour lui soutirer de l'argent, tout en le traitant d'égoïste et en remettant en cause son oeuvre. Une pièce sur la famille, donc, mais aussi une mise en abîme du théâtre et de la perception de l'auteur par ses proches. "Ton théâtre est commercial" se verra lancer en pleine figure Léon, à qui on reproche de ne pas faire du théâtre d'avant-garde.

Un de mes amis dit toujours que, si la première chose que l'on trouve à dire à une comédienne sortant de scène c'est "Ma chéri ta robe est merveilleuse", cela signifie en général que son interprétation n'est pas fabuleuse ... Et hier soir, il faut bien l'admettre, c'est la beauté des costumes qui m'a le plus interpelée. De somptueuses robes années 50. Un sens du détail allant jusqu'à des bas avec une couture à l'arrière de la jambe (oui je sais, il faut être un peu toquée - ou fashion victim - pour remarquer cela). On soulignera donc que les costumes sont signés Pascale Bordet.

Si j'ai surtout apprécié les costumes, est-ce à dire que les comédiens jouaient mal ? Mon côté "bon spectateur" m'empêche d'aller jusque là ... Disons plutôt que j'apprécie le jeu plus épuré. J'ai tendance à croire , mais peut- être ai-je tort, que quand le texte est drôle, pas besoin d'en faire des tonnes pour faire rire le public. Pourtant cela marche : hier, la salle était hilare. Moi, plutôt agacée par certaines grimaces, à mon avis parfaitement inutiles.

Je n'avais jamais vu Francis Perrin sur scène. Par contre, j'avais déjà vu une pièce montée par Michel Fagadau l'année dernière: Colombe (avec Anny Duperey et Sara Giraudeau). Déjà du Anouilh et déjà la Comédie des Champs Elysées. Une pièce que j'avais trouvé plutôt bien (même si certaines critiques n'avaient pas été tendres), beaucoup plus en finesse que ce Nombril. Mais il est vrai aussi que l'intrigue de Colombe m'avait un peu plus séduite que celle-ci.

On rappellera tout de même qu'il s'agissait hier soir de la première. Peut-être que tout cela va s'affiner au fil des représentations ... mais en attendant, je ne garderai pas de cette soirée un souvenir impérissable.