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27 février 2011

Olivier Marchall et Bruno Wolkowitch sous une "Pluie d'enfer"

"Tout était tellement glauque et oppressant"

Ce soir là, il ne pleuvait pas mais c'est bien en enfer que nous ont emmenés Bruno Wolkowitch et Olivier Marchal. Pas le genre de pièce qu'il faut aller voir si vous avez envie de rire ou de vous détendre gentiment en sortant du boulot. Non, plutôt un bon polar, bien sordide, qui vous noue l'estomac pendant une heure trente.

Seuls sur scène, dans un décor noir et vide, les deux comédiens jouent un rôle dans lequel on les a, l'un et l'autre, beaucoup vus : flic. Mais si l'on retrouve ici la noirceur propre à certains films de Marchal - qui fut, rappelons le, véritablement policier avant d'être comédien - on est bien loin de la PJ parisienne dans laquelle officia longtemps - pour le petit écran du moins - Bruno Wolkowitch.

Ici, c'est Chicago et ses bas-fonds dans lesquelles les deux protagonistes vont, peu à peu, se perdrent. Les deux flics, pas toujours très clean dans l'exercice de leur fonction, se connaissent depuis l'enfance. Une amitié indéfectible qui conduit Dennis (alias Marchal) à faire entrer dans son foyer, chaque soir, son coéquipier Joey, alias Wolkowitch, en proie à des problèmes d'alcool. Des flics un peu ratés, un peu ripoux, un peu racistes qui, pris dans l'engrenage, vont commettre une très très grosse boulette. Et au fur et à mesure que Dennis sombre dans la culpabilité, Joey prend sa place de père de famille et d'époux.

La pièce originale,  A steady rain, écrite par l'Américain Keith Huff (co-producteur de la série Mad men), a été créée à Brodway avec Daniel Craig et Hugh Jackman. Alors oui, on pourrait dire que passer après James Bond et Wolverine est un sacré défi pour nos deux frenchies ... mais sans avoir vu ce que valaient les deux autres on stage, on ne se risquera pas sur ce terrain là. On regrettera tout de même que la mise en scène soit si simpliste. Un choix clairement revendiqué par le metteur en scène, Benoît Lavigne, qui nous l'explique dans le livret :

 
"Je veux une mise en scène au scalpel, nerveuse, un face à face poignant entre les deux hommes ... je veux que l'on ressente l'extrême solitude, le désespoir de ces  êtres qui ne sont en rien des héros ..."

Pendant toute la pièce, on attend en vain,  comme les personnages, "la fin de la pluie, un air plus léger, un ciel plus clair" Une éclaircie qui n'arrivera pas : tout commence et tout finit dans la noirceur. Pas une seule note d'espoir. Un spectacle à réserver donc à ceux qui ne croient plus en la nature humaine. Optimistes, passez votre chemin !

Pluie d'enfer de Keith Huff. Mise en scène Benoît Lavigne, avec Olivier Marchal et Bruno Wolkowitch. A la Pépinière théâtre  jusqu'au 16 avril 2011.

12 février 2011

"De la salive comme oxygène" pour le festival Odysées en Yvelines

"Et toi, t'as quel âge ?"

Malheureusement, la plupart d'entre vous ne verra pas cette pièce. Peut-être vos enfants auront-ils cette chance, eux. Du moins, s'ils sont scolarisés dans les Yvelines. Car cette création est spécialement conçue pour être jouée dans une salle de classe, devant des collégiens et lycéens. La pièce s'intitule De la salive comme oxygène. Elle est écrite par Pauline Sales et mise en scène par Kheireddine Lardjam. Une pièce proposée dans le cadre du festival Odyssées en Yvelines.

Pauline Sales ... jusqu'à la semaine dernière je n'avais jamais entendu parlé d'elle. Jusqu'à la lecture proposée dans le cadre du bureau des lecteur de la Comédie français. C'est elle qui a co-traduit Débris de Dennis Kelly (drôle de coïncidence). D'elle, les organisateurs du festival, surpris que je ne la connaisse pas, m'ont dit que c'était "une des auteurs contemporains les plus prometteurs". Le texte qui s'est joué devant moi ce jour-là est en tout cas un beau présage.

Un jeune homme, au look très ado - interprété par le comédien Philippe Baronnet - déboule dans une salle de classe. Apparemment, il n'a rien à faire là et essaye de ne pas se faire prendre par les profs (pour établir les contacts avec 25 collégiens ou lycéens, on ne fait pas mieux). Il les interpelle, leur pose des questions, n'attend même pas les réponses, les chambre ... passe de table en table, monte sur les bureaux, vide son sac (au sens propre).
Pourtant, on sent bien que quelque chose cloche avec ce garçon-là. Comme s'il avait un peu déraillé. Il nous parle de vie, de mort, de sexualité, de suicide. Les lycéens devant nous, partie prenante de la pièce - l'un d'entre eux nous dira à la fin de la représentation "j'ai aimé cette pièce  parce qu'on est pas devant la scène, le décor, c'est nous" -  sont scotchés. Les thèmes abordés semblent les toucher, trouver une résonance en eux ... 
Et l'ont sait pourtant que les groupes scolaires sont le public le plus difficile : les élèves n'ont pas choisi de venir et peuvent s'avérer impitoyables. Après la pièce, Philippe Baronnet avoue son stress avant chaque représentation, avant de découvrir la classe à laquelle il a affaire. Certaines lui donnent parfois clairement l'impression de vouloir en découdre. Et puis il y a le trac de se livrer à ce point, sans barrière (il y a même un passage où il est couché sur un des bureaux). Ce jour-là, au lycée Jules Verne de Sartrouville, tout s'est passé sans heurt. Des élèves attentifs de bout en bout et se révélant emballés lors de la discussion qui a suivi.
Pour arriver à ce résultat, des lycéens ont été mis au coeur du processus de création : deux années scolaires passées en résidence dans un lycée à Maurepas, des échanges dans des collèges normands et d'Oran, en Algérie, d'où est originaire le metteur en scène.

La pièce tournera dans les collèges et lycées des Yvelines, jusqu'au 2 avril. Beaucoup de dates et beaucoup de lieux, comme pour les sept autres créations proposées dans le cadre de ce festival (les autres créations se jouent dans des salles de théâtre). Pour cette édition, l'accent a été mis sur des pièces venant de l'étranger. Quand on s'appelle Odyssées, le voyage c'est un peu normal, non ?

Odysées en Yvelines, biennale de création théâtrale, jusqu'au 2 avril 2011. Renseignement : 01 30 86 77 79
www.theatre-sartrouville.com

06 février 2011

Quelques pas de tango

Encore une nouvelle vidéo (c'est dernier temps, j'ai fait beaucoup de reportages culture et je ne m'en plains pas !).

Cette fois-ci, c'est une comédie musicale : "Amor, amor ... à Buenos Aires" au théâtre Comédia, mise en scène de Stéphan Druet.

Comme souvent lors des reportages, je n'ai pas vu le spectacle en entier mais quelques extraits, présentés juste pour nous en plein milieu d'après-midi. Des comédiens et un metteur en scène hypers accueillants et prêts à refaire la prise à ma demande. Des conditions idéales pour faire de jolies images mais qui ne me permettent pas de vous faire une présentation détaillée du spectacle.

L'histoire se passe - comme l'indique le titre - à Buenos Aires. Octavia, jeune travesti, revient dans le quartier où il a grandit. Il y retrouve son amour de jeunesse, caricature du macho latino.  Dans la pension de famille tenue par la mère d'Octavia se croisent des vieilles filles un peu aigries, une grand-mère assez peu conventionnelle et une prostituée avec des jambes interminables.

Les dialogues sont assez crus, les scènes de danse un peu chaudes et l'ambiance totalement déjantée. Le tout crée un effet kitsch et décalé parfaitement assumé.

Pour avoir un rapide aperçu :

 

 

 

Commentaire : Jean-Laurent Serra

Images : Audrey Natalizi

Son : Olivier Crouet