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09 avril 2011

"L'Opéra de quat'sous" de Brecht à la Comédie-Française

"Sur les bords de la Tamise,
le sang coule dans la nuit ..."

Pour ceux qui n'étaient pas encore au courant, les comédiens du Français savent aussi chanter. Si vous en doutez, courez voir L'Opéra de quat'sous de Brecht, mis en scène par Laurent Pelly, salle Richelieu. Vous ne serez pas déçus, promis. Bon je sais, je ne suis pas très objective quand il s'agit de la Comédie française ... ma passion pour cette maison ne vous aura pas échappé si vous lisez régulièrement ce blog. Mais ne vous avais-je pas prévenus dès le premier billet ?

Voilà déjà trois jours que j'ai vu ce spectacle (oui, j'abuse : j'aurais dû écrire ce papier dès jeudi ...) et j'ai depuis dans la tête La complainte de Mackie (vous pouvez en écouter une interprétation de Florelle dans les années 30 ici). La chanson, interprêtée par Serge Bagdassarian, ouvre le spectacle. Le comédien, seul en scène, son  visage se détachant du fond noir, nous dresse  ainsi le décor de l'intrigue : Londres, les bords de la Tamise, les bas-fonds de Soho.

Macheath (Thierry Hancisse), alias Mackie, truand notoire, épouse à la sauvette Polly (Léonie Simaga), la fille de Jonathan Peachum (Bruno Raffaelli). Celui-ci - un homme "respectable" dont l'activité consiste à employer des mendiants en les grimant en infirmes - ne se résoud pas à cette mésalliance ... Avec sa femme Celia (Véronique Vella), ils mettent alors tout en oeuvre pour faire emprisonner Mackie. Dans cette entreprise, ils bénéficient de l'aide inattendue de Jenny-la-bordelière (Sylvia Bergé), ancienne conquête de Mackie. Voilà pour l'intrigue principale. Ajoutons à cela que Macheath est déjà engagé auprès de Lucy (Marie-Sophie Ferdane), la fille de "Tiger" Brown, redoutable préfet de police mais aussi ami d'enfance du truand, que le couronnement de la Reine approche, que Peachum menace de placer ses mendiants sur le cortège ...

Une pièce chorale (une vingtaine de comédiens en scène, quatorze musiciens dans la fosse) menée tambour battant. Les changements de décor à vue, avec en fond sonore des bruits industriels, donnent du peps à cette mise en scène. Les lumières sombres renforcent la désillusion et le malaise des personnages mais le ton reste comique. Car L'Opéra de quat'sous n'est pas une pièce dramatique malgré plusieurs chansons où le spleen règne - comme ce magnifique passage où Sylvia Bergé, assise dans un fauteuil au milieu de la scène, nous chante les malheurs de Jenny - la preuve :  cette scène si drôle où Léonie Simaga  et Marie-Sophie Ferdane  s'insultent copieusement pour les beaux yeux de Mackie (en chantant, bien sûr) : Génialissime ! La fin est heureuse car, comme le dit Jonathan Peachum, dans un opéra, contrairement à la vraie vie, un messager de la Reine peut toujours arriver pour sauver le condamné ...

Le spectacle dure presque trois heures mais on ne voit pas le temps passer ... Et on pourrait même y retourner.

Comme vous avez tous été bien sages (et surtout de plus en plus nombreux à venir traîner par ici : la barre des 1200 visiteurs a été franchie en mars !!!!) vous aurez droit à quelques images du spectacle en récompense (la semaine prochaine probablement, après la diffusion du reportage sur France 3 Ile-de-France).

 

Voici donc le lien vers la vidéo.

05 avril 2011

"Bérénice" à la Comédie-Française

"Que le jour recommence
et que le jour finisse ..."

  Reprise pour la saison 2011-2012, Salle Richelieu du 22 septembre au 27 novembre 2011

 

Je vous avez annoncé il y a quelques semaines  que la Comédie française jouait en tournée la pièce Bérénice. Je suis allée voir ce spectacle samedi dernier à l'Opéra Royal de Versailles.

Avant de vous dire ce que j'ai pensé de ce spectacle, je voulais souligner les réactions et commentaires qu'a suscité le billet où j'annonçais cette pièce. Deux lectrices n'ont pas aimé ce spectacle et l'ont fait savoir. C'est la première fois qu'un de mes billets provoque autant de réactions.

Pour autant, tout n'est pas à rejeter dans ce spectacle-là, bien au contraire. Certes, en découvrant le décor, on se dit qu'il s'agit là d'un recyclage de celui d'Andromaque joué cette saison Salle Richelieu. Ce sont apparemment les mêmes colonnes, des colonnes contre lesquelles on vient s'appuyer voire se réfugier quand le destin ou le devoir deviennent trop pesants... Les costumes eux, sont contemporains (les robes et tuniques vaporeuses d'Andromaque étaient beaucoup mieux). Mais qu'importe, se dit-on finalement, le texte de cette oeuvre est si fort que tout autour ne peut être que fioritures ...

On dit de Martine Chevalier qu'elle est une  grande tragédienne. Mais pour cette pièce, certains lui ont reproché de ne pas avoir l'âge du rôle. Je vous avouerai que j'avais effectivement un peu peur de ne pas croire en cette histoire d'amour mais finalement, je me suis laissée convaincre et même arracher une larme sur la plus célèbre tirade (cf le tître de ce billet. Et si vous ne connaissez pas la suite, vous n'avez qu'à lire le texte, cela ne pourra que vous faire du bien !).  Aurélien Recoing par contre m'a un peu moins séduite dans le rôle de Titus (notamment sur certains passages où le texte était dit à toute vitesse). 

Un jugement en demi-teinte, donc, au risque de passer pour un robinet d'eau tiède !  Cette  version de Bérénice n'est pas un spectacle que je garderai en mémoire éternellement, mais ce n'était pas une soirée ratée non plus.

Bérénice, mise en scène de Muriel Mayette avec avec Simon Eine, Yves Gasc, Martine Chevalier, Jean-Baptiste Malartre, Aurélien Recoing, Adeline d'Hermy et Renaud Triffault.
Reprise pour la saison 2011-2012 : Salle Richelieu du 22 septembre au 27 novembre

03 avril 2011

"Hair" au Théâtre du Gymnase

"Laissons laissons entrer le soleil ...."

Comme je vous le disais en début de semaine, après avoir filmé une répétition de la comédie musicale Hair, j'ai eu très envie d'aller voir le spectacle en entier.

Cette version 2011, mise en scène par Sylvain Meyniac, occulte le guerre du Vietnam, toile de fond de l'histoire originale. Le message de paix et d'amour reste le même mais le fléau c'est le Sida (une partie des bénéfices du spectacle seront d'ailleurs reversés au Sidaction). Si l'on retrouve avec plaisir les hits de la version initiale (Aquarius, Let the sun shine ...), le récit est un peu confus. Qu'importe, l'enthousiasme mis par la troupe (ou plutôt la tribu) dans les chansons nous entraîne bien loin de nos soucis quotidiens.

Les 21 artistes qui composent la distributions assurent grave. Seul bémol : le personnage de Claude, interprété par Laurent Marion, se laisse un peu éclipser par celui de Berger (Laurent Ban, grand habitué des comédies musicales, de Notre-dame de Paris à Zorro). Coup de coeur perso pour Régis Olivier qui interprête le déjanté Ronny, oscillant du rôle de punk à celui de bourgeoise coincée sans aucune difficulté.

Petite mise en garde : en sortant de ce spectacle, attendez-vous à fredonner ces chansons-là pendant plusieurs jours ... tant mieux, c'est plutôt bon pour le Karma !


Hair au Théâtre du Gymnase, jusqu'au 17 avril 2011