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08 janvier 2012

A l'Odéon, Castorf mutile La Dame aux Camélias ...

"On ne joue pas
avec les ustensiles de cuisine"

Je sais : j'avais dit, au lancement de ce blog, "Quand je n'aime vraiment pas, je n'en parle pas". Cependant, vos quelques messages à ce sujet me donnent à penser que des billets de ce genre vous permettent, aussi, de mieux choisir les spectacles que vous allez voir.

Hier soir avait lieu la première de La Dame aux Camélias à l'Odéon - Théâtre de l'Europe, mise en scène par Franck Castorf. Un spectacle dont j'ai vu la première partie seulement : je suis partie à l'entracte. C'est la première fois que cela m'arrive ...

Sachez donc que, si comme moi vous avez des goûts assez classiques en matière de théâtre et si, en outre, vous adorez cette oeuvre, vous risquez d'être déconcertés par ce spectacle.

Principalement parce que cela n'a pas grand chose à voir avec l'ouvrage d'Alexandre Dumas fils. Quelques passages de l'oeuvre y sont cités, certes, mais noyés au milieu d'autres textes (renseignements pris, il s'agit de textes érotiques de Georges Bataille et des extraits de La Mission de Heiner Müller) et de dialogues en russe, en anglais, en allemand.

Le décor à présent : côté face, un bidonville ; côté pile, des vitres et des néons faisant penser à une boite de nuit ou un club de strip-tease. A cela, il faut ajouter des poules vivantes (peut-être en référence aux cocottes du 19ème dont Marguerite Gautier faisait partie ????), un panneau publicitaire géant, fausse pub pour du viagra, sur laquelle Khadafi et Berlusconi se donnent l'accolade ... Étrange bric-à-brac dont j'ai eu plus que du mal à trouver la signification.

En revanche, si vous aimez cette conception de la modernité qui veut bousculer les conventions sans avoir peur d'être un peu trash (du porridge recraché et déversé sur scène ou encore des dialogues crus du style  "Oh oui, pisse moi dessus, pisse moi dans le cul")  alors ne vous privez pas de ce spectacle. Et ne voyez dans cette description aucun jugement de valeur de ma part ...

07 janvier 2012

Après Villeurbanne, l'excellent "Ruy Blas" de Schiaretti à Sceaux

" Devant moi tout un monde, un monde de lumière,
Comme ces paradis qu'en songe nous voyons,
S'entr'ouvre en m'inondant de vie et de rayons ! "

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Une pièce qui, rappelons-le, fut présentée à Villeurbanne  en novembre dernier, pour la réouverture du Théâtre National Populaire.

Au milieu d'un vaste espace, aux murs recouverts d'un patchwork d'azulejos  décrépis (peut-être pour figurer les fissures qui menacent le royaume d'Espagne ?), c'est une magnifique interprétation que nous ont proposée les comédiens. Une distribution alliant la troupe du TNP et celle des Trétaux de France.

En tête : Robin Renucci. Don Salluste machiavélique, tout de noir vétu, les traits sévères ... à vous glacer le sang dès son entrée en scène. Jérôme Kircher, lui, est un Don César malicieux et solaire. Aux côtés de ces deux comédiens expérimentés, Nicolas Gonzales et Juliette Rizoud illuminent la scène. Lui, formidable Ruy Blas, voix chargée d'émotion, déborde de talent. Elle, reine opressée par l'étiquette de la cour, nous laisse entrevoir le feu qui bouillonne en elle.

Oh! Comme on aimerait les voir l'un et l'autre briser les conventions ... mais dans ce décor froid et immense, la bienséance pèse sur leurs épaules. Fantastique scène finale où la Reine, découvrant que Ruy Blas n'est qu'un valet, ne s'approchera plus de lui. Et c'est de l'autre bout de la scène qu'elle assiste à son agonie, qu'elle lui dit au revoir avant de fuir, nous laissant, nous spectateurs, bouleversés.

Ruy Blas de Victor Hugo, mise en scène Christian Schiaretti. Avec Robin Renucci, Jérôme Kircher, Roland Monod, Isabelle Sadoyan, Clara Simpson, Gilles Fisseau, Yves Bressiant, Philippe Dusigne, Claude Kœner, Romain Ozanon, Antoine Besson, Luc Vernay, Antoine Lyes, Vincent Vespérant et la troupe du TNP : Nicolas Gonzales, Juliette Rizoud, Yasmina Remil, Olivier Borle, Clément Morinière, Julien Tiphaine, Damien Gouy. Au Théâtre des Gémeaux à Sceaux, jusqu'au 29 janvier 2012. Réservations au 01 46 61 36 67 .

06 décembre 2011

Au Vingtième Théâtre, les Epis Noirs revisitent "Andromaque"

 "Monsieur a préféré
faire les choses à l'envers."

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Photos : Les Epis noirs

Ici pas de "serpents qui sifflent sur vos têtes" mais des comédiens, instruments de musique en main, qui revisitent ce grand classique. Les Épis Noirs - c'est le nom de cette compagnie - l'annonce tout de go : ils déRACINEnt Andromaque et en font une "fantaisie barock'". Barock'? Oui, un peu barré et pas mal rock ! 

A la tête de cette troupe, Pierre Lericq signe texte, musiques et mise en scène. L'intrigue est resserée autour des quatre personnages principaux. Une chaîne amoureuse à sens unique : Oreste aime Hermione mais celle-ci aime Pyrrhus qui est amoureux de la captive Andromaque, fidèle à son mari Hector tué lors de la guerre de Troie.

les épis noirs,andromaque,anaïs ancel,muriel gaudin,fabrice lebert,pierre lericq,vingtième théâtrePas facile de faire rire avec une telle histoire. Et pourtant, Les Epis Noirs y parviennent. Pyrrhus (Pierre Lericq) devient ici un crooner un peu baratineur, Andromaque (Muriel Gaudin) a des accents hippies, Oreste (Fabrice Lebert) est légèrement idiot. Quand à Hermione (Anaïs Ancel), la voilà relookée en danseuse de saloon. A ce quatuor, ajoutons le personnage de la mort (Pierre Lericq aussi), finalement le plus sensé et sympathique de tous. La faucheuse, pleine de  sagesse et de douceur, nous livre une vision de la vie assez philosophique.

Chansons bien rythmées (musique live par les comédiens eux-mêmes) et jeux de mots qui font mouche viennent ponctuer ce spectacle sympathique. Une heure vingt bien distrayante !

Les Épis Noirs déracinent Andromaque. Texte, musiques et mise en scène  de Pierre Lericq. Avec Anaïs Ancel, Muriel Gaudin, Fabrice Lebert et Pierre Lericq. Du 9 novembre 2011 au 15 janvier 2012 à 19h30 au Vingtième Théâtre, 7, rue des Platrières - 75020 Paris. Réservations : 01 43 66 01 13.