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13 juin 2011

Théâtre du Soleil : Appel au mécénat pour faire un film d'après "Les Naufragés du Fol Espoir"

naufrages-du-fol-espoir.jpgAriane Mnouchkine lance un appel au mécénat pour boucler le budget du film tiré de la pièce Les Naufragés du Fol Espoir.

Voici le message qu'elle adresse aux spectateurs sur le site du Théâtre du Soleil :

"Oui, vous avez bien lu, nous faisons un film avec Bel Air Media, d’après notre spectacle. Ce film se veut non seulement un hommage aux pionniers du cinéma, mais un salut à tous les pionniers futurs de notre société. Le tournage a commencé en mars, mais pour des tas de raisons techniques et d’organisation, c’est cet été qu’il se poursuivra. En effet, bien que nous ayons obtenu un budget déjà conséquent, nous avons pris conscience que nous avions besoin de plus de temps pour faire "le film que nous voulons faire", celui de nos rêves. Et pour cela, il fallait que le Théâtre du Soleil  augmente sa part dans la coproduction déjà en place. Il nous fallait acquérir du temps. Comment ? Inutile de tourner autour du pot. Grâce à vous. Voilà l’idée : nous lançons une Grande Souscription, en vous proposant d’acheter, à l’avance, un DVD-Mécène du film, un DVD très spécial, très beau, numéroté, assorti de nombreux suppléments (interviews, scènes de fabrication, documents d’époque, dossiers, etc). Un DVD qui fera de vous les mécènes du film, les indispensables complices du tournage. * Et si vous voulez aider plus encore, eh bien, achetez des DVD à vos amis et faites cette propagande active que demandait Jacques Copeau à ses spectateurs, il y a cent ans déjà. "

Vous pouvez, vous aussi, relayer cet appel ou souscrire et ainsi devenir mécène.

31 mai 2011

Ce que nous réserve la Comédie-Française pour la saison 2011-2012

Depuis quelques semaines, les programmes de la prochaine saison théatrale arrivent dans ma boite aux lettres. Et c'est mon petit plaisir que de découvrir, en rentrant fourbue du boulot, des courriers de la sorte. Aussi palpitant à mes yeux que des lettres d'amours émanant d'un mystérieux inconnu (là vous vous dîtes probablement "cette fille est bonne pour l'asile"). Et aujourd'hui était vraiment jour de fête car c'est LE programme le plus attendu de l'année que ma gentille factrice m'a apporté : celui de la Comédie-Française. Un superbe livret rouge que  je me suis empressée de décortiquer.

Cette année, entre les pages présentant les spectacles, point de photos des sociétaires et des pensionnaires mais des plans, des vieilles gravures et des rappels historiques. Car cette saison, la Comédie-Française écrit une nouvelle page de son histoire : sa salle principale, la Salle Richelieu, située place Colette, va devoir subir une rénovation pendant plusieurs mois. Impossible de faire une programmation uniquement au Vieux Colombier et au Studio Théâtre : Richelieu, c'est le bateau amiral de la flotte avec 880 places (contre 300 places au Vieux-Colombier et 136 au Studio-Théâtre). Alors, l'administration du Français a opté pour une structure temporaire, installée dans les jardins du Palais-Royal, d'une capacité de 716 places.

Que sait-on déjà sur cette structure qui devrait accueillir des spectacles dès janvier 2012 ? Que la scène serait aussi grande que celle de Richelieu mais apparemment sans un structure technique (cintres et dessous) aussi performante. Que la structure sera entièrement démontable et réutilisable. On peut voir les plans sur le site du concepteur. La billetterie devrait rester à son emplacement actuel, les comédiens continueront à utiliser leurs loges.

La troupe profite aussi de l'occasion pour sortir de ses murs : des représentations au 104 et au Grand Palais sont prévues. Ainsi que, grande première, une tournée en Chine.

Muriel Mayette, l'administratrice générale de la Comédie-française (et il parait qu'elle approuve à présent l'usage du féminin pour son tître) se veut rassurante dans l'édito de la brochure :

"Sans relâche, sans rien abandonner de nos valeurs, sans interrompre notre pratique de l'alternance, nous allons vivre ce temps d'errance comme un temps de voyage, de tréteaux, chaque soir tendus vers l'excellence, pour un moment de grâce attendu, nécessaire et incontestable. Nous allons continuer à jouer ailleurs en prenant le risque de tout recommencer au début. (...) Provisoirement nous allons déménager ensemble pour que vive notre théâtre."

Et côté programmation ?
Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux (au 104 puis Salle Richelieu) mis en scène par Galin Stoev (L'Illusion comique il y a deux saisons au Français c'était lui) pour ouvrir la saison. J'attends avec impatience L'école des femmes, avec Jacques Lassalle à la mise en scène. Reprise de L'Avare, Bérénice (vu à Versailles cette année) et Andromaque ainsi que d' Un fil à la patte (pour les fêtes de fin d'année puis à nouveau en juillet).
Le Théâtre Ephémère, puisque c'est son nom, sera inauguré par La Trilogie de la Villégiature de Goldoni, mise en scène signée Alain Françon. Sans vous citer tous les spectacles pour cette grande salle, notons aussi Une Puce, épargnez-la de Naomi Wallace, mis en scène par Anne-Laure Liégeois (dont j'avais adoré La duchesse de Malfi au Théâtre 71 à Malakoff cette année)et la reprise de On ne badine pas avec l'amour, un peu à l'étroit cette saison au Vieux Colombier.
Au Vieux Colombier, justement, la saison s'ouvrira par Pluie d'été de Marguerite Duras (M.E.S Emmanuel Daumas). Autres créations :
La Noce de Bertold Brecht, Erzuli Dahomey, déesse de l'amour de Jean-René Lemoine et Amphitryon de Molière.
Spectacle musical, comme cela est à présent la coutume, pour ouvrir la saison au Studio Théâtre. Après Chansons des jours avec et chansons des jours sans, cette année, cela sera au tour des Chansons déconseillées, toujours avec Philippe Meyer à la baguette. Aurélien Recoing mettra en scène Le Petit prince de Saint-Exupéry ; Alain Françon et Gilles David se lanceront dans Le cercle des castagnettes, série de monologues signés Feydeau. Et puis il y aura aussi
Le Jubilé d'Agathe de Pascal Lainé, lecture par Gisèle Casadesus, la plus ancienne des sociétaires honoraires. Un moment à ne pas manquer (en décembre).

Enfin, Peer Gynt d'Ibsen pour 35 représentations au Grand Palais dans une mise en scène d'Eric Ruf, un des sociétaires de la troupe.

Voilà, vous savez à présent non pas tout mais l'essentiel, pour le reste, allez directement sur le site de la Comédie-française. Les abonnements seront ouverts dès le 3 juin.

 

14 avril 2011

Le ministre et la fausse ingénue

Ce matin, le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand était l'invité de l'émission Comme on nous parle sur France Inter. Une émission, présentée par Ali Rebeihi en l'absence de Pascale Clark, dont le sujet était "Comment se passe les nominations qui dépendent du ministère de la culture ?". Un titre un peu général, pour surtout parler de l'affaire Py au théâtre de l'Odéon.

Si vous avez passé une partie de la semaine dernière sur la planète Mars ou au fond d'une grotte, sachez, en résumé, que Frédéric Mitterrand a annoncé le non-renouvellement du mandat d'Olivier Py à la tête de L'Odéon - Théâtre de l'Europe, au profit du metteur en scène Luc Bondy, et ce alors même que le mandat d'Olivier Py court jusqu'au printemps 2012. La nouvelle a fait grand bruit dans le milieu du théâtre : pourquoi ne pas renouveler Olivier Py et surtout pourquoi annoncer cela si tôt ?

Et heureusement que Laure Adler était là, aux côtés d'Ali Rebeihi, pour poser les vraies questions et faire sortir le ministre de ses retranchements. D'entrée de jeu, la journaliste attaque sur ce calendrier, soulignant que rien n'a été annoncé pour des échéances beaucoup plus proches (Murielle Mayette à la Comédie française, par exemple,  voit son mandat s'achever en juillet ...) Elle parle de "précipitation". Réponse du ministre : c'est justement le contraire de la précipitation, à un an de l'échéance. "Mais pourquoi cet agenda ?" persiste la journaliste.  "Il y avait tout d'un coup un climat autour de cette situation, avec une certaine agitation de certains réseaux, de beaucoup de monde, qui impliquait que l'on puisse vider l'abcés en laissant à chacun des protagonistes le temps de s'organiser", rétorque Frédéric Mitterrand. "Quel abcès ?" pas de réponse ...

Que reproche-t-il à Olivier Py ? "Mon soucis, c'était de trouver pour ce théâtre le meilleur rayonnement européen auquel il a droit et qui est conforme à sa vocation. Je regrette de ne pas avoir eu vraiment ce genre de conversation avec Olivier Py." Et d'ajouter, qu'il réfléchit à "une affectation conforme à son talent. Et lorsque l'on dit ça, tout le monde sait à quoi on pense." Ali Rebeihi reprend la parole sans relever la question (il n'était apparemment pas bien réveillé ce matin ...). Mais Laure Adler, coupant la parole à son collègue, veille au grain et ne laisse pas passer ça, quitte à se faire traiter de "fausse ingénue" par le ministre. "Tout le monde pense évidemment au Festival d'Avignon." Voilà donc une annonce un peu plus officielle que toute les rumeurs qui circulaient jusqu'alors.

Reste que les actuels directeurs du Festival d'Avignon, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, sont en poste jusqu'en 2013 et surtout qu'un autre événement au printemps 2012 pourrait modifier la donne : l'élection présidentielle... Que deviendront alors les annonces et promesses de Frédéric Mitterrand aujourd'hui !

La suite demain soir, puisque Laure Adler reçoit dans son Studio théâtre Olivier Py (à 23h15, toujours sur France Inter).

Pour réécouter l'émission en entier, c'est .

 

Epilogue (?) : Frédéric Mittrrand a proposé officiellement à Olivier Py le direction du Festival d'Avignon (après l'édition 2013 donc) et celui-ci a accepté.

Quant à Muriel Mayette, elle devrait voir son mandat renouvelé, d'après la journaliste du Figaro Armelle Héliot (voir son blog)