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08 mars 2011

Debout ...debout ! Debout ... debout !

Depuis ce matin à la radio, dans les journaux, on n'entend que ça : aujourd'hui c'est la Journée de la Femme (merci d'ailleurs de  dire plutôt la Journée DES femmes). Le principe de cette journée me laisse un peu sceptique : à choisir, je préfèrerais vous la laisser cette journée, Messieurs, et prendre les 364 autres ... En même temps, il serait un peu bête de ne pas utiliser cette espace pour parler et ainsi faire avancer la cause des femmes, même s'il s'agit avant tout d'un combat quotidien.

Quel rapport avec le théâtre me direz-vous ? Et bien selon ce principe d'opportunité, je profite de cette journée pour vous parler d'une femme, morte il y a bien longtemps et oubliée de beaucoup. Une expo lui rend hommage en ce moment à Paris.

Il s'agit de Marguerite Durand. Une bibliothèque porte aujourd'hui son nom. Elle est dédiée à l'histoire des femmes et au féminisme. Une partie des fonds a été accumulée par Marguerite Durand elle-même, une partie  collectée après sa mort.

Mais qui est Marguerite Durand au juste ? Une figure du début du XXème siècle, militante de la cause des femmes. Mais ce qui m'amène à en parler sur ce blog, c'est qu'elle a commencé sa carrière en tant que comédienne. Et pas n'importe où : à la Comédie française. Pendant quelques années seulement, avant de se marier et de devenir journaliste. Le féminisme fera son entrée dans sa vie quelques années plus tard ...

Comédienne, journaliste, féministe ... Si vous me connaissez un peu, vous y verrez là le triptyque parfait à mon sens !!

Forcément, au milieu d'une vie si remplie, on n'évoque généralement que brièvement sa carrière de comédienne. Les quelques éléments glanés ça et là nous apprennent seulement qu'elle obtint un premier prix de comédie au conservatoire et qu'elle entra au Français en  1881 "où elle se spécialise dans des rôles d’ingénue". Pour savoir quels rôles précisément se cachent derrière cela, il faudrait se renseigner directement auprès de la Comédie française et consulter la fameuse base La Grange (peut-être qu'un jour, je trouverai le temps de faire cette démarche, ou bien attendrai-je que cette base de données soit enfin mise en ligne ...) On sait aussi qu'elle quitta la Comédie française en 1888 et épousa un député boulangiste. Marguerite Durand fut donc une contemporaine de Sarah Bernhardt. Les deux femmes se sont-elles rencontrées, cotoyées ? La seule chose que je sais - et que j'ai vu - c'est que parmi les nombreuses photos collectionnées par Marguerite Durand figurent plusieurs clichés de Sarah Bernhardt. Pour le reste, on peut tout imaginer.

La suite de l'histoire - pardon de la vie - de Marguerite Durand ne concerne plus le théâtre mais mérite d'être connu : grâce à son époux, elle fréquente le milieu littéraire et journalistique parisien et devient elle-même journaliste. Divorcée, elle entre au Figaro et part couvrir pour ce journal un congrés féministe, bien décidée à se moquer de ces militantes et de leur combat. Mais voilà : ce congrés est finalement pour elle une révélation, un électro-choc. Elle adhère à ce combat et crée un journal entièrement réalisé par des femmes, de l'écriture des articles à la gestion. La Fronde paraîtra de 1897 à 1905.

Une exposition est consacrée au fond de la bibliothèque Marguerite Durand vous disais-je. J'ai eu le plaisir de faire un reportage sur ce sujet et c'est comme cela que j'ai découvert qui était Marguerite Durand. Je vous invite donc vivement à aller voir cette exposition, intitulée "Photo, femmes, féminisme". C'est jusqu'au 13 mars à la Galerie des bibliothèques de la ville de Paris (rue Malher).

Et si vous ne pouvez pas y aller, voici un lien vers le reportage. Une vision assez réduite de l'expo cependant. Mais pour une fois, ce ne sont pas mes images que vous verrez mais ma petite voix que vous entendrez ... Les images, elles sont signées Josiane Szymanski (Son : Daniel Goude, Montage : Nathalie Gallet). Le reportage à été diffusé sur France 3 Ile-de-France.

Pour voir la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessous et avancer jusqu'à 18'30 (vous pouvez aussi regarder le journal en entier si vous avez envie !)

http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?...

22 février 2011

L'homme qui murmurait à l'oreille des ... filles mal réveillées

Pas de théâtre pour moi ces derniers temps. Trop de boulot. "T'as qu'à te consoler en regardant Un fil à la patte sur France 2 ce soir, en direct de la Comédie française " me diriez-vous. Oui mais comme j'ai acheté des billets pour y aller au mois d'avril, je préfère attendre et découvrir ce petit bijou de mes yeux et pas via une captation télé, avec un réalisateur qui décide pour nous où doit se porter le regard ... (et moi j'aime bien regarder le comportement des personnages secondaires quand les personnages principaux parlent)

Mais peu importe. Là n'est pas la question. Je voulais dans ce billet vous parler de mon arme anti-grisaille et anti mauvaise humeur. Et là vous vous dîtes "Waouw ! Mais quel est ce remède miracle ? Il faut que j'aille immédiatement en acheter". Même pas la peine, c'est gratuit. Mon remède miracle, c'est une émission radio que je télécharge chaque semaine, au lieu de l'écouter en direct, et que je conserve précieusement dans mon Ipod pour les moments pas sympas. Et aller bosser trois jours consécutifs à Cergy, et donc se lever bien avant 7h du mat' et se frapper une heure de RER avant même d'attaquer la vraie journée de boulot, c'est précisément un moment pas sympa (surtout quand, élevée au milieu des grands espaces camarguais, on est légèrement claustrophobe)

métro,rer,lectureAu micro pour cette émission radio si magique, Guillaume Gallienne "de la Comédie française" lui-même. Le principe : une heure de lecture, des extraits d'oeuvres autour d'un thème, différent chaque semaine. Pour mon deuxième voyage matinal, j'opte donc pour l'artillerie lourde : une émission consacrée à l'amour au théâtre, pour laquelle Guillaume Gallienne est accompagné d'Elsa Lepoivre, une des ses "collègues" du Français.

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels" sussure Monsieur Gallienne dans mes oreilles, alors que je pose le pied sur le tapis roulant à Châtelet. J'arrive sur le quai bondé.  "On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux" ... qu'importent  les pousseurs et leur gilet jaune qui veillent à la bonne fermeture des portes ... "C'est moi qui ai vécu et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui" 

Un début de journée  avec dans les oreilles un passage d'On ne badine pas avec l'amour - que dis-je, avec LE plus beau passage de cette pièce, ma préférée parmi toutes les pièces du répertoire - est forcément un bon début, fut-il dans un RER malodorant.

Et les lectures s'enchainent. La scène du balcon de Roméo et Juliette, lue à deux voix : le RER passe les gares de La Défense et Nanterre.

S'en suivent, entre autres, des extraits, moins connus, de Partage de midi de Claudel, de Mademoiselle Julie d'August Strindberg, de L'amant de Harold Pinter

Et puis il a y ce délicieux moment où Elsa Lepoivre devient Bérénice.

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?

Une autre voix me sort de ma torpeur. "Cergy Préfecture". Ou la ! J'ai presque failli rater mon arrêt. Un peu de lecture, "Ca peut pas faire de mal", mais ça peut vous faire arriver en retard au bureau.

02 février 2011

On peut être née en 1680 et être toujours furieusement tendance

Quatre heures trente pour réussir à avoir au bout du fil un opérateur et réserver des places ... Pas pour voir les Black Eyed Peas ou U2, non, non, pour du théâtre !

Aujourd'hui s'ouvraient les réservations pour la troisième période de l'alternance à la Comédie française, soit des places pour les représentations à partir du 16 avril. Et j'ai cru que je ne parviendrai jamais à parler à une vraie personne, que j'étais condamnée à écouter le même répondeur, indéfiniment... Mais je me suis acharnée - en recomposant le numéro toutes les 5 à 10 mn - et cela a finalement marché ! Mais c'est quand même de la folie.

 

comédie française,réservation
Photo : Marie-Paule RIGAL

Ne me dites plus après cela que la Comédie française c'est vieillot, poussiéreux et qu'on s'y ennuie. Un tel engouement me fait dire que je ne suis pas la seule à être fan de cette très vieille dame. Cette année, le gros carton, c'est Un fil à la patte de Feydeau, mis en scène par Jérôme Deschamps. Tous les critiques sont dithyrambiques sur le spectacle. J'irai le 18 avril et j'espère ne pas être déçue.

Mais à vrai dire, aucun des spectacles que j'ai vu récemment à la Comédie française, ne m'a réellement déçue. J'ai même souvent été éblouie (La mégère aprivoisée, mise en scène d'Oskaras Korsunovas, a été pour moi une révélation). Et je suis emballée par les nouveaux venus dans la troupe. Merci Murielle Mayette pour ces choix, même si, parfois, il y a eu quelques grincements de dents comme lors du "départ" de Catherine Hiegel. Et le public semble être au rendez-vous donc, au vu de mon temps d'attente ce matin au téléphone.

J'ai fait la gourmande et j'ai copieusement rempli mon panier. En plus du Feydeau, j'ai aussi pris des places pour L'opéra de quat'sous (le 28 avril) et Agammemnon (le 22 mai) et puis EVIDEMMENT des places pour On ne badine pas avec l'amour, ma pièce préférée (juste devant L'illusion comique ...). Mais il va falloir que je sois patiente car ce sera le 31 mai seulement. La distribution ? Pas encore rendue publique mais je croise les doigts pour que mon comédien préféré (devinez-vous même de qui il s'agit !) joue le rôle de Perdican...

Autant de pièces dont j'aurai le plaisir de vous parler ici.

D'ici là, je vais ce soir même assister au "bureau des lecteurs" à la Comédie française (encore). Une lecture de pièces contemporaines qui pourraient rentrer au répertoire. C'est toute cette semaine au Studio théâtre et c'est gratuit, il faut juste téléphoner pour réserver*. Ce soir, la pièce lue s'intitule  Débris de Dennis Kelly (traduit de l’anglais par Philippe le Moine et Pauline Sales) et  c'est justement mon chouchou qui fait la lecture ... je vous raconte cela en détail demain !

 

* Studio théâtre : 01 44 58 98 58