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23 juin 2011

"La Cantatrice chauve" au Théâtre de La Huchette : la vidéo

Voici la vidéo du reportage sur La Cantatrice chauve au Théâtre de la Huchettte, dont je vous parlais il y a quelques temps :



18 mai 2011

Plus de 17 000 représentations pour "La Cantatrice chauve" à La Huchette

"Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s'ils ne peuvent pas guérir ensemble."

Un billet en forme de coup de gueule. J'avais initialement prévu de vous parler de La cantatrice chauve qui se joue au Théâtre de  La Huchette depuis plus de 50 ans. Je suis allée voir la pièce la semaine dernière. Oui mais voilà, de la pièce, je n'ai pas vu grand chose ... la faute à une bande d'adolescents qui n'avait aucune envie d'être là et qui ont transformé la représentation en enfer pour tous les autres, comédiens compris.

Pourquoi forcer les gens à aller au théâtre contre leur gré ? "Pour leur bien" pourrait-on répondre, comme le faisant ma mère en enfournant une cuillère de sirop pour la toux dans mon gosier lorsque j'étais enfant. Et inéluctablement, je rejetais le contenu de la cuillère en même temps que celui de mon estomac. Et bien c'est exactement ce qu'il s'est passé ce soir là au Théâtre de La Huchette. Si, si, je vous assure ! Le jeune homme, passablement aviné, assis juste devant moi a vomi - par trois fois - au cours de la représentation. Et les accompagnants (je n'ose employer le terme d'enseignants) n'ont pas jugé bon de le faire sortir : "Il s'est lui même mis dans cet état, qu'il assume ! Hors de question qu'il sorte" a même laché l'un d'eux. Ce sont surtout les autres qui ont assumé, spectateurs incommodés par l'odeur pendant une heure et comédiens, jouant contre vents et sonneries de téléphone portable (la jeune fille à mes côtés à carrément décroché, non pour dire "je peux pas te parler, je suis au théâtre" mais pour avoir une vraie conversation, sans la moindre gêne, avec son interlocuteur). Et là, cher lecteur, je sais que c'en est trop pour toi, alors je t'éviterais le récit de l'algarade à la sortie  avec les accompagnants qui ne comprenaient pas notre indignation ("Vous nous stigmatisez parce qu'on vient de Roubaix, c'est ça ?"). Naïvement - mais je ne suis pas pédagogue - je pensais qu'une sortie au théâtre ça se préparait, qu'on rappelait au préalable quelques règles élémentaires (on arrive à l'heure, on parle pas, on éteint son téléphone portable ... on n'est pas au cinéma, sur scène, ce sont des vrais gens qui doivent se concentrer pour dire leur texte) et surtout, que lorsqu'on se rendait compte que deux ou trois garnements ont apparemment écumé les bars de la rue avant d'arriver au théâtre et ne sont pas en état de suivre la pièce, on reste avec eux à l'extérieur. Mais j'ai depuis peu passé le cap des 30 ans et  je suis probablement devenue une vieille réac' coincée !!!!!

Et la Cantatrice chauve dans tout ça ? Bien sûr, "elle se coiffe toujours de la même façon" mais elle se porte à merveille. De pièce d'avant-garde, elle est devenue un classique. Et au bout de 17 031 représentations, toujours dans la mise-en-scène de Nicolas Bataille, la mécanique est bien huilée permettant aux comédiens de réussir le tour de force de jouer malgré tout (avec tout de même un petit "si cela ne vous plait pas, vous pouvez sortir" laché entre deux répliques). Chapeau bas ! 

Ce soir-là, pour les besoins d'un reportage, nous avons rencontré Odette Barrois qui a créé le rôle de la bonne Mary en 1950 (ce n'était pas encore à la Huchette mais aux Noctambules). La comédienne a arrêté les représentations il y a tout juste un an, après avoir incarné ce rôle "5000 ou 6000 fois", elle n'a jamais compté ! (Si la pièce est jouée non-stop, les comédiens alternent par quinzaine). Des anecdotes Odette Barrois en a des tonnes ... mais je suis sûre qu'un chahut comme celui auquel eurent droit les comédiens ce soir-là, elle n'avait jamais vu ça !

15 février 2011

"La critique de l'école des femmes" de Molière / Clément Hervieu-Léger / Studio-Théâtre de la Comédie-Française

"Que vous êtes, Madame,
une rude joueuse en critique ..."

"Monter La Critique de l'École des femmes indépendamment de la pièce éponyme, c'est faire le pari que cette comédie "tient" toute seule, c'est croire que la dispute enflammée qui anime ces personnages rejoint, au delà de L'École des femmes, toutes les querelles littéraires et tous les débats esthétiques qui scandent la vie artistique."

Sur ce point-là, je suis parfaitement d'accord avec Clément Hervieu-Léger qui met actuellement en scène La critique de l'École des femmes au Studio-Théâtre de la Comédie française.

Même si l'on connaît peu - voire pas du tout  - l'autre oeuvre de Molière, on peut trouver du plaisir à voir cette pièce-là sur scène. Car cette discussion de salon trouve des résonances en nous. Faut-il ou non aimer une oeuvre lorsqu'elle est populaire ou bien le seul fait qu'elle plaise aux masses la rend-elle culturellement inintéressante ? 

Rendre ce débat actuel. C'est à quoi s'est employé , avec succès, Clément Hervieu-Léger, optant pour des costumes modernes et un décor rappelant les coulisses ou les réserves d'un théâtre. Pour les costumes, on appréciera l'aspect sophistiqué de celui de Climène (gants en cuir rouge, talons hauts, veste touchant le sol et broche XXL) et la simplicité de celui d'Elise, (jean et chemise) renforçant ainsi les différences de personnalité entre les deux.

Christian Hecq (Lysidas) et Elsa Lepoivre (Climène) jouent  avec justesse le côté un peu grotesque des détracteurs de Molière. Elle, en fausse prude qui tombe dans les pommes à peine lit-on quelques vers de la pièce mise en cause ; lui, en auteur un peu fat, se faisant prier pour donner son avis mais balançant franchement ensuite (et là, le phrasé un peu saccadé de Christian Hecq nous rend hilares). Clotilde de Bayser est parfaite en Uranie, très classieuse comme à son habitude.

Bonne idée aussi que de ponctuer le débat par la lecture d'extraits de L'Ecole des femmes. Le marquis (Serge Bagdassarian) et Elise (Georgia Scalliet) nous lisent ainsi la fameuse scène entre Arnolphe et Agnès, alors que Climène est au comble de l'effroi.

Là où je suis moins d'accord avec le metteur en scène, c'est dans la vision qu'il a du personnage de Dorante. Ou du moins, la tonalité qu'il a donné au discours de celui-ci. Lorsque j'ai lu la pièce, je me suis imaginée un Dorante posé, raisonné, un peu moqueur envers ses contradicteurs. C'est lui qui est chargé de défendre Molière, de moucher les détracteurs. Le personnage présenté ici est emporté et colérique. Habituellement, j'adore voir Loïc Corbery sauter d'un bout à l'autre de la pièce, hurler et se mettre en colère. Mais là, était-ce utile ? Son discours ne fait qu'y perdre en crédibilité. Dans un débat, la règle veut que le premier qui s'énerve perde la partie... En cela, le choix du metteur en scène me laisse un peu dubitative. Un petit détail, certes, mais lorsque l'on adore, on peut se permettre de pinailler !

La critique de l'Ecole des femmes de Molière, Studio Théâtre de la Comédie française, mise en scène Clément Hervieu-Léger, avec Clotilde de Bayser, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Christian Hecq, Georgia Scalliet, Jérémy Lopez et Samuel Labarthe. Jusqu'au 6 mars 2011 

Reprise du 22 septembre au 28 octobre 2012

A lire aussi : L'Ecole des femmes, mise en scène par Jacques Lassalle