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18 décembre 2011

"Quadrille" de Guitry au Théâtre Edouard VII : simplement divertissant ... et c'est déjà pas mal !

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"Faut bien rire un peu
tout de même"

Que dire de ce Quadrille proposé en ce moment au Théâtre Edouard VII ? Que vous passerez un agréable moment, assez divertissant, sans pour autant en ressortir en vous disant qu'il s'agit là d'une expérience théâtrale hors du commun ...

Un patron de presse, en couple depuis six ans avec une actrice, s'apprête à la demander en mariage. Mais voilà, la belle tombe sous le charme d'un acteur américain de passage. Voilà pour l'essentiel de l'intrigue.

Le texte de Guitry est drôle et mordant, bien sûr, mais la mise en scène de Bernard Murat reste très conventionnelle, dans un décor un peu empesé (bon OK, c'est Noël, mais de là à  mettre des dorures partout !).

Heureusement, l'interprétation est plutôt bonne. A commencer par François Berléand, quittant ici un peu le côté bourru qu'on lui a beaucoup vu au cinéma. En concubin trompé, il arrive à nous toucher par son humour un peu désabusé mais sans cynisme. Florence Pernel, douceur et bon sens incarnés dans le rôle de la meilleure amie confidente, et François Vincentelli, bellâtre à l'accent italien, tiennent parfaitement leur rôle. Mais c'est Pascale Arbillot qui brille le plus. De la scène où, dans les bras de son nouvel amant, elle tente difficilement de passer un coup de téléphone, à sa crise de larmes devant Berléand - larmes non pas de remords mais de chagrin car le bel acteur est parti - elle nous fait hurler de rire.

Quadrille de Sacha Guitry, mise en scène de Bernard Murat. Avec François Berléand, Pascale Arbillot, Florence Pernel, François Vincentelli, Julie Farenc,
Michaël Rozen et Yves Le Moign'. Au Théâtre Edouard VII. Réservations : 01 47 42 59 92.

21 novembre 2011

"L'Ecole des femmes" à la Comédie-Française, mise en scène de Jacques Lassalle

L-Ecole-des-femmes_imagesspectaclesalle.jpg "L'une est moitié suprême,
et l'autre subalterne :
L'une en tout est soumise
à l'autre qui gouverne."


Mise à jour de l'article le 25 septembre 2012 :

Reprise de L'Ecole des femmes (mise en scène de Jacques Lassalle), au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française, du 25 septembre au 28 octobre 2012. Plusieurs modifications ont été effectuées dans la distribution depuis l'écriture de cet article en novembre 2011 : Adeline d'Hermy reprend le rôle tenu par Julie-Marie Parmentier, Yves Gasc et Simon Eine sont remplacés par Andrzej Seweryn et Christian Blanc.  

Pour la quatrième fois, Jacques Lassalle s'attaque à cette oeuvre de Molière. La troisième c'était en octobre 2011, à Varsovie et en polonais.

C'est à Thierry Hancisse et Julie-Marie Parmentier qu'incombent d'incarner Arnolphe et Agnès. Et le duo fonctionne plutôt bien. Elle, douce et joyeuse, coud des bonnets dans la maison où il la tient recluse. Lui a quelque chose de machiavélique qui nous fait froid dans le dos par instant. Car, finalement, qu'est-ce qu'Arnolphe sinon un monstre qui a élevé une enfant dans le seul but d'en faire sa femme ? La même histoire transposée aujourd'hui figurerait dans la rubrique des faits divers, à bien y réfléchir (Lassalle fait d'ailleurs lui même référence à Natacha Kampusch, cette jeune autrichienne enlevée et séquestrée dans une cave pendant huit ans ) . Mais cet Arnolphe-là peut aussi nous émouvoir tant son amour, et sa jalousie, pour Agnès sont grands. Dans le rôle d'Horace : Jérémy Lopez. Un amoureux assez fou pour franchir les murailles mais pas assez courageux pour affronter ses ainés. Jacques Lassalle nous présente ainsi un Horace coincée entre deux figures paternelles - son père et Arnolphe chez qui il vient naïvement chercher du réconfort - un gamin encore immature qui s'efface devant les adultes. Et malgré la fin heureuse, c'est avec une Agnès pleine de désillusion que s'achève la pièce, Agnès qui quitte la scène sans un regard pour son promis pour qui elle semble ne plus avoir ni amour ni respect. A ce  brillant trio, rajoutons, Céline Samie et Pierre Louis-Calixte dans les rôles de Georgette et Alain, les serviteurs chargés de surveiller Agnès. Les deux comédiens jouent à merveille les nigauds, frustres mais heureux de leur vie au grand air.

Une lecture de l'oeuvre intéressante et de bons acteurs donc. Je serai plus réservée sur la scénographie. La maison où Agnès est recluse est sur une île, au milieu d'un lac. On y accède soit par barque sur par un radeau actionné par un système de poulie. Autour de la maison, un petit jardin et un arbre en carton (ou du moins, la silhouette d'un arbre). Le reste de l'action se déroule sur l'avant-scène. La maison est alors dissimulée par une toile peinte figurant une rue. Par un jeu de transparence, on aperçoit parfois la maison. Un décor qui ne fait pas vraiment rêver. A cela, il faut ajouter une bande sonore - clapotis du lac et pépiements d'oiseaux - agaçante au possible et masquant parfois les dialogues. Dommage, cela aurait pu être un spectacle mémorable.

L'Ecole des femmes de Molière, mise en scène par Jacques Lassalle. Avec Yves Gasc, Simon Eine, Thierry Hancisse, Andrzej Seweryn, Christian BlancCéline Samie, Pierre Louis-Calixte, Gilles David, Julie-Marie Parmentier, Jérémy Lopez et Adeline d'Hermy. A la Comédie-Française, salle Richelieu, jusqu'au 6 janvier 2012 (en alternance). Réservations : 0 825 10 1680

Reprise au Théâtre Ephémère du 25 septembre au 28 octobre 2012

A lire aussi : La Critique de l'école des femmes, mise en scène par Clément Hervieu-Léger. 

03 novembre 2011

"As you like it" de Shakespeare, mis en scène par Cendre Chassanne

 "Et chacun, le temps qu'il est en scène,
joue de nombreux rôles
dans la pièce aux 7 actes"
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Photos : Christophe Raynaud de Lage

Comme souvent chez Shakespeare, il est question dans cette pièce de fratrie. As you like it (ou Comme il vous plaira en français) est une histoire un peu compliquée : deux frères qui se déchirent ; deux ducs, frères aussi, en guerre et leurs filles respectives, deux cousines proches comme des soeurs ... Pour fuir son ainé Olivier, Orlando part se réfugier dans la forêt où vit le duc déchu et où trouvent aussi refuge les deux cousines qui ne veulent pas se séparer. Et dans cette forêt, où ce ne sont pas les fées qui règnent mais une bande de bannis, se tissent plusieurs histoires d'amour dont la principale entre Orlando et Rosalynde, fille du duc déchu.

C'est une mise-en-scène dépouillée que nous propose Cendre Chassanne. Un plateau assez vide, des comédiens qui arrivent en tenues de ville et revêtent leurs costumes devant nous. Costumes assez sommaires : presque des frippes pour certains personnages. Les renégats de la forêt deviennent ainsi des hippies et la pièce une ode à la nature et à la liberté. Une ambiance peace and love renforcée par des chansons pop : pas moins de sept morceaux en anglais émaillent le récit, des morceaux assez agréables à l'oreille que l'on doit au compositeur Roudoudou.

as you like it, cendre chassagne, shakespeare, pascal collinComme cela devient une pratique assez courante en ce moment, il s'agit là d'une nouvelle traduction de l'oeuvre (signée Pascal Collin). Et là encore, on a opté pour des mots plus crus que dans la traduction classique.   

L'intrigue est plaisante mais As you like it reste une histoire assez difficile à suivre. La faute aux nombreuses intrigues et histoires d'amour secondaires qui se juxtaposent, comme souvent chez Shakespeare. Dans cette mise en scène, les acteurs jouent, de plus, plusieurs rôles et l'on peut facilement se perdre en route. Un spectacle assez agréable, donc, même si l'on ne reste pas scotché dans son fauteuil deux heures trente durant.

As you like it de Shakespeare (traduction de Pascal Collin), mis en scène de Cendre Chassagne. Avec Nathalie Bitan, Xavier Czapla,  Agnès Fabre, Isabelle Fournier, Jean-Baptiste Gillet, Carole Guittat, Daniel Kenigsberg, Philippe Saunier, Stéphane Szestak. Le 4 novembre 2011 au Théâtre J. Arp de Clamart (92), le 7 janvier 2012 à l'Espace M. Carmé St-Michel-sur-Orge (91), le 19 janvier 2012 au  Nouveau Relax Théâtre de Chaumont (52), les 25 et 26 janvier 2012 au CDBM Le Perreux / Marne (94), le 6 mars 2012 salle Jacques Brel à Gonesse (95) et le 9 mars 2012 au Centre Culturel de Chevilly-Larue (94)