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17 août 2012

Les 7 pièces de théâtre qu'il ne faudra pas rater

Mi-août, Paris est désert et les représentations théâtrales se font rares : le moment idéal pour se plonger dans la programmation de la rentrée 2012 et faire sa sélection de pièces à ne pas manquer.

Une sélection totalement subjective, j'assume ! Voici donc les pièces vers lesquelles je vais me précipiter.

1 / Dom Juan.
Parce que c'est à la Comédie-Française, bien sûr (et on y est rarement déçu) mais surtout pour la distribution : Loïc Corbery dans le rôle-tître et Serge Bagdassarian en Sganarelle. Et dire qu'il faut attendre encore un mois pour voir cela ! Lever de rideau le 18 septembre 2012 au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française.

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2 / Antigone.
C'est Françoise Gillard qui interprêtera l'héroïne résistante d'Anouilh, sur la scène du Vieux-Colombier. Face à elle, Bruno Raffaelli en Créon. A la mise en scène : Marc Paquien, de retour au Français où il déjà proposé Les affaires sont les affaires d'Octave Mirbeau et La Voix humaine de Cocteau. A voir au Théâtre du Vieux Colombier, dès le 14 septembre.

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3 / Occupe-toi d'Amélie.
amelie.jpegLa pièce est signée Feydeau. Mais on garde surtout en mémoire le film qu'en tira Claude Autant-Lara, en 1949, avec la sublime Danielle Darieux et Jean Desailly. L'histoire : un jeune homme de bonne famille doit se marier pour toucher un héritage. Quoi de plus simple que d'épouser, dans un faux mariage, la maitresse de son ami ? Rien ne se passera comme prévu, forcément, c'est du Feydeau ! 
C'est Hélène de Fougerolles, pour la première fois sur les planches, et Bruno Putzulu qui endosseront les deux principaux rôles, dans une mise en scène de Pierre Laville. A partir du 20 septembre 2012 au Théâtre de la Michodière.

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4 / Volpone ou le renard.
volpone.jpegAprès sa mise en scène de Songe d'une nuit d'été de Shakespeare l'année dernière, Nicolas Briançon s'attaque à cette pièce de Ben Jonson écrite en 1606. Et cette fois, il sera aussi sur scène. A ses côtés : Roland Bertin et Yves Gasc, tous deux sociétaires honoraires de la Comédie-Française, mais aussi Barbara Probst, petite fille de Gisèle Casadesus et élève au Conservatoire National supérieur d'art dramatique. Au Théâtre de la Madeleine à partir du 12 septembre.

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5 / Le Tartuffe.

tartuffe.jpegClaude Brasseur dans le rôle d'Orgon et Patrick Chesnais dans celui de Tartuffe (cela excite un peu ma curiosité), dans une mise en scène de Marion Bierry.
A partir du 11 septembre au Théâtre de Paris.




6 / Les derniers jours de Stefan Zweig
zweig.jpegLe livre, signé Laurent Seksik, m'a bouleversée. Récit de l'exil de Stefan Zweig à Pétropolis au Brésil avec sa compagne Lotte, l'ouvrage retrace les derniers jours de l'écrivain avant son suicide. C'est Laurent Seksik lui même qui signe son adaptation. Patrick Timsit et Elsa Zylberstein feront revivre Zweig et son épouse sur la scène du Théâtre Antoine (à partir du 4 octobre)


7 / Les Mystères de Paris 

Parce qu'on peut aussi passer le périph' pour voir une pièce ! Parce qu'au TOP, c'est souvent top ! Mais surtout parce que j'ai calé à la 482e page du roman d'Eugène Sue. Aller voir cette adaptation théâtrale, mise en scène par William Mesguich, me permettra donc de découvrir ce que sont devenus Rodolphe et Fleur-de-Marie dans le petit millier de pages restantes. Au Théâtre de l'Ouest Parisien à Boulogne-Billancourt dès le 19 octobre.

24 juillet 2012

Avignon : avec "Un ennemi du peuple" d'Ibsen, Thomas Ostermeier nous donne à nouveau une leçon de théâtre.

"Don't want to be a richer man"


Quelqu'un m'a dit un jour "si la mise en scène est bonne, l'interprétation à la hauteur, qu'importe la barrière de la langue". Hier, pour la deuxième fois, Thomas Ostermeier et les comédiens du Schaubühne Berlin m'ont permis de vérifier cet adage. Un ennemi du peuple, présenté à Avignon dans le In, est une telle réussite que l'on oublie que la pièce est en allemand.

Avec Othello - vu au Théâtre des Gémeaux à Sceaux - j'avais déjà été bluffée. Sur la scène de l'Opéra-Théâtre, le metteur en scène allemand dépoussière une nouvelle fois Ibsen, son auteur de prédilection, après  Une Maison de poupée en 2003 (déjà à Avignon) et Solness le constructeur en 2004, entre autres.

Avant de parler de la "magie" opérée par Ostermeier, évoquons d'abord l'histoire. Dans une petite ville thermale, le docteur Stockmann découvre que les eaux sont fortement polluées et néfastes à la santé des curistes. Fort de cette découverte, il imagine devenir le héros de la cité, le sauveur. Mais les thermes sont une manne financière pour la ville. Dénoncer cette pollution, c'est mettre à mal toute l'économie. Stockmann devient, en l'espace d'une journée, un paria. Son frère, conseiller municipal, et ses amis lui tournent peu à peu le dos, le dénigrent, le discréditent publiquement.

Pour cette création, Ostermeier a d'abord travaillé le texte. Une véritable adaptation en a été faite avec Florian Borchmeyer. A l'oeuvre originale d'Henrik Ibsen - écrite en 1882 - des extraits nouveaux ont été adjoints. Certains passages, au tournure de phrase un peu désuettes, ont aussi été un peu modifiés. Il en résulte un texte totalement contemporain, résonnant pleinement à nos oreilles, surtout le passage évoquant la crise financière, la nécessaire remise en cause du système. Car le débat dépasse largement celui de la pollution des thermes et de la question de rendre cela public ou non. La question centrale c'est celle de la vérité face aux contraintes économiques, celle du bien général face aux intérêts particuliers. Le docteur Stockmann, s'adressant au public, va même jusqu'à proner la décroissance. Un véritable débat avec le public s'organise alors. Les comédiens se mèlent aux spectateurs, nous interrogent. Et cela fonctionne pleinement.

Venons en à la scénographie. Mobilier sommaire, murs noirs recouverts de dessin à la craie. Au cours du spectacle, on efface un peu, on réécrit et nous voilà dans un autre lieu. Simple et minimaliste, jusqu'à l'arrivée des comédiens avec des seaux de peinture et des rouleaux : en un clin d'oeil l'espace est - à peu près - repeint en blanc (du coup on se demande comment ils vont remettre cela en ordre pour le lendemain, d'autant que la pièce s'achève par un mitraillage en règle du docteur Stockman à la peinture multicolore. Ostermeier nous a habitués au hors norme : pour Othello, le plateau était entièrement recouvert d'eau et les comédiens pataugeaient durant tous le spectacle.

Mais ce n'est finalement pas cela qui séduit le plus dans ce spectacle. J'ai surtout apprécié la musique pop qui n'agrémente pas le récit mais le complète : les paroles sont d'ailleurs intégrées au surtitrage comme Changes de Bowie et les titres interprêtés par les comédiens eux même. Des comédiens brillantissime de bout en bout.  Stefan Stern, déjà remarquable dans le rôle de Iago dans Othello, confirme son talent dans le rôle du Docteur Stockmann. A ses côtés, Eva Meckbach (Madame Stockmann), seule femme de la distribution, David Ruland ((Aslaksen), Moritz Gottwald (Billing), Chritoph Gawenda (Hovstad), Thomas Bading (Morten Kiil) sans oublier Ingo Hülsmann qui incarne un politicien terrifiant de cynisme.

Hier soir à Avignon, la moitié de la salle était debout au moment des saluts. Une ovation amplement méritée. Seul regret : pas de grande tournée prévue en France, juste quelques dates, début 2013, au TNP à Villeurbanne. Mais cela vaut le déplacement !

20 juillet 2012

Majestueuse "Marie Tudor" mise en scène par Pascal Faber au Théâtre de l'Oulle (Avignon Off)

" Je veux qu'on ait peur, entends-tu, milord? qu'on trouve cela splendide,
ef
froyable et magnifique (...)"

Voici l'article écrit lors de l'édition 2012 du Off. La pièce est reprise en 2013, au même endroit, à 12h30. 

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Il y a foule chaque jour, à l'entrée du Théâtre de l'Oulle à la mi-journée. Mais que joue-t-on ici ? Un énième one-man-show ? Serait-ce un humoriste cathodique qui se produit là ? Que nenni : cette file d'attente, messieurs dames, c'est pour Marie Tudor de Victor Hugo. Voir cela me donne d'emblée le sourire aux lèvres et la suite a illuminé ma journée !

Une reine bafouée par son amant, une jeune fille trompée elle aussi par ce même homme avide. Un pauvre et honnête ciseleur pétri d'amour pour cette jeune fille qu'il a recueillie et élever sans savoir qui elle était. Voilà en quelques mots, l'intrigue (mal) résumée. Si vous ne connaissez pas l'histoire, tant mieux, vous ne prendrez que plus de plaisir à la découvrir au fil de la pièce. "Traiter Marie Tudor comme un véritable drame policier populaire, un thriller décomplexé" : voilà l'intention du metteur en scène Pascal Faber. Intention bien transposée : il y a un vrai suspense dans la mise en scène de ce drame passionnel.

Les décors sont sobres et l'ambiance soignée grâce aux lumières. Un lumière bleutée et du brouillard ne transportent sur les bords de la Tamise la nuit, pour le premier acte ; lumière plus rougeoyante ensuite, lorsque l'on est chez la reine. L'ensemble reste assez sombre, sombre comme ces intrigues de cour, ces luttes d'influences autour de la Reine d'Angleterre. Une parfaite fidélité au texte aussi même si le metteur en scène s'est affranchie de certaines didascalies.

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Mais ce qui fait la qualité de ce spectacle, c'est surtout le niveau de l'interprétation. Waouw ! Il y a de quoi avoir le souffle coupé. Qu'elle est belle cette Marie Tudor (Séverine Cojannot ce jour-là). Majestueuse et digne, puis passionnée et autoritaire. Il faut la voir tenir tête à son amant qui l'a trahie, lui rappeler qui elle est, lui signifier qu'elle a le pouvoir de faire se dresser l'échafaud. En gardant toujours des sanglots étouffés au fond de la voix tant cette décision est dure. Le reste de la distribution ne démérite pas, Pierre Azéma (Gilbert le ciseleur), Frédéric Jeannot (Fabiani) et Flore Vannier-Moreau (Jane) en tête.

Un beau texte et une belle distribution : voilà de quoi garantir le succès de ce Marie Tudor. Ce très beau spectacle pourrait bien être mon coup de coeur de cette édition 2012 ... mais le festival n'est pas encore fini!


Marie Tudor de Victor Hugo, mise en scène Pascal Faber. Avec (en alternance) Pierre Azéma, Florence Cabaret / Séverine Cojannot, Stéphane Dauch / Pascal Guignard, Frédéric Jeannot, Florence Le Corre / Flore Vannier-Moreau, Sacha Petronijevic / Jean Tom. Au Théâtre de l'Oulle (19 place Crillon à Avignon), jusqu'au 28 juillet 2013, tous les jours à 12h30. Réservations : 04 90 86 14 70.