Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24 septembre 2012

"Doris Darling" au Théâtre du Petit Saint-Martin : adorablement détestable !

"De la pitié ? Je suis journaliste, Peggy !
Plus le monde va mal,  mieux je me porte."

?ui=2&ik=31c73607af&view=att&th=139b4c0778df94a0&attid=0.1&disp=emb&zw&atsh=1

Sa façon de vous toiser sur l'affiche vous effraie ? Vous avez bien raison! Doris Wallis, l'héroïne de Doris Darling, est le genre de personne que l'on n'aimerait pas cotoyer dans la vraie vie. Sur la scène du Petit Saint-MartinMarianne Sergent interprête ce personnage créé par l'auteur anglais Ben Elton. Adaptation et mise en scène sont signées Marianne Groves.

Journaliste peau de vache qui trempe sa plume dans le vitriol, Doris est méchante et caustique. Elle ruine les carrières en deux phrases, sans aucun remord. Autour d'elle, sa cour : une assistante aussi dévouée que nunuche (Amélie Etasse), un comptable austère (Eric Prat), un patron de presse spécialisé dans les tabloïds (Yannick Laurent)  ... sans oublier l'incontournable toy-boy (Thierry Lopez)

Le kitsch est ici parfaitement assumé. Les premières minutes peuvent un peu vous décontenancer mais on s'y laisse prendre. Les dialogues sont vachards, politiquement incorrects mais terriblement drôles. Evitez toutefois d'y aller avec des enfants: le langage de Doris Wallis est très, très cru !

Marianne Sergent est formidable dans ce rôle. Pleine d'assurance, en talons de plus de 10 centimètres et microshort, elle arpente le plateau d'un pas déterminé en crachant ses répliques pleines de venin.  On se surprend rapidement à adorer ce personnage détestable, cousine des héroïnes d'Absolutly fabulous. D'autant que les événements ne tournent pas vraiment en sa faveur... (mais chut, ne révélons rien de l'intrigue !)

Alors si vous aimez l'humour décalé et les personnages hors-norme, Doris Darling est un spectacle pour vous !

Doris Farling de Ben Elton, traduction, adaptation et mise en scène Marianne Groves. Avec Marianne Sergent, Amélie Etasse, Yannick Laurent, Eric Prat et Thierry Lopez. Au Théâtre du Petit Saint-Martin, du mardi au vendredi à 21h, le samedi à 16h30 et 21h, le dimanche à 16h. Réservation au 01 42 08 00 32 ou en ligne.

21 septembre 2012

"Occupe-toi d'Amélie" au Théâtre de la Michodière

"Il doit ... il doit y avoir une erreur !"

affiche_occupe_toi_amelie.jpgJe l'avoue, j'avais tort: je n'aurais jamais dû mettre Occupe-toi d'Amélie dans ma sélection des 7 pièces à voir en cette rentrée. Je fais ici amende honorable.

Si, comme moi, vous avez adoré le film avec Danielle Darieux et bien ... restez chez vous et revisionnez le DVD!

Par où commencer? Disons que l'ensemble manque de finesse. C'est du Feydeau, je sais, mais on n'est pas obligé de monter cela avec de gros sabots. Les effets sont artificiels, beaucoup de répliques sonnent faux. Seul Jacques Balutin* s'en sort : pour jouer du boulevard, mieux vaut avoir du métier !

Précisons, en outre, que l'oeuvre de Feydeau a été considérablement amochée. Bon, nous étions prévenus puisque l'affiche précisait "nouvelle version et mise en scène de Pierre Laville". Exit la fête entre amis de la première scène au profit d'un tête à tête entre Amélie et son amant... ça permet de supprimer des personnages! Exit aussi tout le premier tableau de l'acte III (le vrai-faux mariage à la mairie), soit tout de même sept scènes supprimées ... et résumées par trois minutes de dialogues enregistrés, rideau baissé ! Pas top du tout. En même temps, l'ensemble dure 2h10 et c'est bien suffisant ainsi.  

Occupe-toi d'Amélie de Georges Feydeau, nouvelle version et mise en scène de Pierre Laville. Avec Hélène de Fougerolles, Bruno Putzulu, Jacques Balutin, Serge Ridoux, Jean-Christophe Bouvet, Stéphane Roux, Julia Duchaussoy, Jean-Christophe Barc, Antoine Courtray et Constance Chaperon. Au Théâtre de la Michodière, du mardi au samedi à 20h30, matinées le samedi à 17h, le dimanche à 15h. 

*Au sujet de Jacques Balutin, je vous invite à lire l'article que lui a consacré Jean-Noël Mirande sur lepoint.fr

20 septembre 2012

Dom Juan ou le festin de pierre de Molière / Jean-Pierre Vincent / Comédie-Française

"Je ne puis refuser mon coeur
à tout ce que je vois d'aimable" 

(article mis à jour le 8 novembre 2013)


dom juan, moliere, comédie-française, théâtre éphémère, jean-pierre vincent, loic corbery, serge bagdassarian, suliane brahimReprise de Dom Juan de Molière à la Comédie-Française jusqu'au 9 février 2014, Salle Richelieu. 

"Pas d'actualisation" ni de "révérence historique" explique Jean-Pierre Vincent, metteur en scène de la pièce et ancien administrateur de la maison de Molière. A nous de trouver librement une raisonnance contemporaine à cette histoire de libertin rejetant toute croyance. Le metteur en scène s'autorise cependant une pirouette finale dont je vous laisse juge ne voulant pas vous la dévoiler par avance. 

Pour ceux qui auraient raté les billets précédents, le rôle titre a été confié à Loïc Corbery (note aux nouveaux lecteurs ce blog : je suis très fan donc plus du tout objective. Ma déontologie journalistique m'interdit donc de me lancer - à nouveau - dans une critique dithyrambique des qualités théâtrales de ce comédien !). Il incarne un Don Juan plus insouciant que mal-intentionné, un être léger qui butine de fleur en fleur bien plus qu'un prédateur. Et même si le héros demeure un grand provocateur, c'est tête baissée et mâchoire serrée qu'il accueille les reproches paternels, tel un adolescent à qui on vient faire la morale.  

Le côté comique de la pièce tient surtout sur les épaules de Serge Bagdassarian, formidable Sganarelle. Ses mimiques font mouche. La scène 1 de l'acte III, lorsque Sganarelle s'émerveille des capacités du corps humain pour justifier une existence divine, donne ainsi lieu  à  une chorégraphie des plus hilarantes. Elvire, alias Suliane Brahim, est très émouvante ; Jérémy Lopez fort amusant dans le rôle de paysan au parler rustique. 

On rit beaucoup grâce à cette mise en scène qui use de nombreux effets burlesques. Pour autant, le côté pamphlétaire de l'oeuvre, contre les croyances en tout genre, garde toute sa force. Le spectacle frôle les trois heures mais passe en un éclair. Une nouvelle réussite pour la Comédie-Française ! 

Dom Juan ou le Festin de pierre de Molière, mise en scène de Jean-Pierre Vincent. Avec Alain Lenglet,  Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Clément Hervieu-Léger, Gilles David, Suliane Brahim, Jérémy Lopez, Adeline d'Hermy et Jennifer Decker, et les élèves-comédiens de la Comédie-Française Lola Felouzis, Matëj Hofmann, Gabriel Tur, et Jean-Michel Rucheton. A la Comédie-Française, salle Richelieu en alternance jusqu'au 9 février 2014. Réservation : 0 825 10 1680