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17 octobre 2012

Grégory Gadebois très émouvant dans "Des fleurs pour Algernon" au Studio des Champs-Elysées

"A quoi ils pensent les gens intelligents ?"

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Il y a un peu plus d'un an, ils jouaient ensemble sur les planches de la Comédie-Française dans Un Tramway nommé désir. Elle dans le rôle de Blanche Dubois, lui dans celui de Mitch.

Depuis, Grégory Gadebois a quitté la maison de Molière et obtenu le César de la révélation masculine pour son rôle dans Angèle et Tony. Il  retrouve aujourd'hui  Anne Kessler au Studio des Champs-Elysées. La sociétaire de la Comédie-Française le met en scène dans Des fleurs pour Algernon, chef d'oeuvre de Daniel Keyes.

La nouvelle, écrite à la fin des années 50, devient ici un long monologue ; c'est à Gérald Sibleyras que l'on doit cette belle adaptation. Charlie Gordon est un homme un peu simplet, homme de ménage dans une usine. Par son récit, on suit l'expérience dont il a fait l'objet : des scientifiques ont tenté d'accroitre son QI. La technique a fait ses preuves : Algernon, la souris opérée avant Charlie, est devenue sacrément intelligente.  On suit alors l'évolution de Charlie, devenu un véritable génie, son rapport aux autres, forcément différent, ses attermoiements. Rapidement un constat s'impose : la modification n'est pas définitive et Algernon se met à régresser. Charlie comprend alors qu'il va redevenir l'idiot qu'il était, qu'il va oublier toutes les connaissances accumulées depuis l'opération.

Grégory Gadebois est très émouvant dans ce rôle. Avec une grande sensibilité, le comédien passe du rôle de l'idiot à celui du génie en modifiant son phrasé et sa gestuelle rendant ainsi perceptible l'évolution de Charlie. Ses déplacements sont limités : assis sur une chaise qui pivote et avance sur un rail et entouré de lampe, c'est un vrai cobaye au milieu d'un laboratoire. 

La pièce nous questionne ainsi sur la science et ses excès mais aussi sur notre regard sur les gens "simples" : devenu intelligent, Charlie en est-il plus humain ? Durant une heure trente, on est suspendu à la parole de Grégory Gadebois, chamboulés par cette histoire. Un spectacle tout en simplicité mais très réussi. Allez-y !

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, adaptation Gérald Sibleyras, mise en scène Anne Kessler de la Comédie-Française. Avec Grégory Gadebois. Au Studio des Champs-Elysées jusqu'au 31 décembre 2012, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 16h.

Au Théâtre du Petit Saint-Martin à partir du 10 janvier 2013. Réservations au 01 42 08 00 32.

13 octobre 2012

La Scaphandrière : une plongée onirique dans le monde de l'adolescence. A voir au Théâtre de Chaillot

"Quand il pleut des larmes,
concentre ton regard vers la lumière"

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Photo : Christophe Raynaud De Lage 

C'est une plongée dans l'univers des adolescents que nous propose Olivier Letellier avec La Scaphandrière. Le metteur en scène a commandé ce texte au dramaturge québécois Daniel Danis. Un conte sur la famille porté sur scène par le jeune comédien Julien Frégé.

L'histoire est à la fois parfaitement plausible et fortement symbolique : Pierre-Aimé vit dans une famille pauvre, dans une ville où la seule perspective d'enrichissement se trouve au fond du lac. Un lac aux eaux toxiques où les coquillages recèlent de très rares perles rouges. Un à un, les membres de la famille de Pierre-Aimé s'essaieront à cette pêche miraculeuse. L'argent semble facile à gagner mais il faut mettre en péril sa santé (l'eau du lac crée une addiction chez les plongeurs) et les parents de Pierre-Aimé y perdent la vie. Le jeune adolescent reste seul avec sa grande soeur, Philomène. Elle aussi va plonger dans les eaux du lac ...

La mort, l'addiction, la tentation de prendre le mauvais chemin : la pièce aborde des thèmes graves sans jamais tomber dans le pathos. Julien Frégé alterne les scènes comiques et les passages plus graves avec tact. La pièce s'achève sur un beau message d'espoir. Pas une "happy end" mièvre, juste une nouvelle chance, un nouveau départ. 

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Photo : Christophe Raynaud De Lage 

Le décor est simple (un lit sur un plateau nu) mais la scénographie est très travaillée. Le jeu s'appuie sur une petite caméra. Grace à celle-ci, le comédien expose des parties de son corps - yeux, bouche, mains - sur le mur de scène. Un dispositif technique qui permet de donner vie à certains personnages de cette histoire. La lumière et la musique contribuent à créer une atmosphère onirique. 

La difficulté lorsque l'on veut parler à des adolescents est de trouver le ton juste, le bon langage : ne pas leur parler comme à des enfants, ne pas non plus passer pour ringard en employant un parler "jeun's" déjà dépassé. Au vu de la réaction des élèves présents le jour de la représentation, le pari semble réussi. Et nous, adultes, nous retrouvons aussi hypnotisés par ce récit.

La Scaphandrière de Daniel Danis, mise en scène Olivier Letellier, scénographie d’image Ludovic Fouquet, musique, création vidéo, système interactif, régie son et vidéo Didier Léglise. Avec Julien Frégé. À partir de 10 ans. Durée : 1h10

Au Théâtre de Chaillot (Salle Gémier), les samedi 13 octobre 2012 (15h et 20h30), mardi 16 (14h30), mercredi 17 (14h30), jeudi 18 (14h30), vendredi 19 (14h30 et 20h30) et samedi 20 octobre 2012 (15h). Représentations adaptées en langue des signes française : 16 et 18 octobre à 14h30, 20 octobre à 15h.

09 octobre 2012

Un succès du National Theatre de Londres à voir au cinéma

40add39008eb9ffc298a037bc4218552.jpgAprès l'opéra, c'est le théâtre qui s'invite au cinéma. Six pièces françaises seront diffusées dans les salles obscures cette année.

Mais avant cela, les 15 et 22 octobre 2012, c'est au National Theatre de Londres que nous emmènent les cinémas Gaumont et Pathé. Frankestein, la pièce à l'affiche, fut un succès de l'année 2011 Outre-Manche.

Danny Boyle (réalisateur de Slumdog Millionnaire et concepteur de la cérémonie d'ouverture des JO de Londres) à la mise en scène ; Benedict Cumberbatch (héros de la série Sherlock de la BBC) et Jonny Lee Miller (Trainspotting) sur scène : de beaux atouts pour cette pièce de Nick Dear tirée du roman de Mary Shelley. Particularité de ce spectacle : chaque soir, les deux comédiens inversaient leur rôle. Les deux versions seront proposées au cours des deux soirées. 

La pièce sera, bien entendu, diffusée en VO sous-titrée en français  

Plusieurs dizaines de cinémas participent à cette opération.

*LUNDI 15 OCTOBRE / SOIREE 1 : Benedict Cumberbatch (La Créature), Jonny Lee Miller (Victor Frankenstein)
LUNDI 22 OCTOBRE / SOIREE 2 : Jonny Lee Miller (La Créature), Benedict Cumberbatch (Victor Frankenstein)
Spectacle déconseillé aux enfants de moins de 12 ans.