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21 octobre 2012

Au Grand Parquet, Richard Demarcy remet au goût du jour "La Farce de Maitre Pathelin"

"Pas un sou, pas un clou
ni même un poil de lapin"

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Photo : Victor Tonelli 

C'est une des plus vieilles pièces comiques du répertoire français. Une histoire que pour beaucoup nous avons lu dans nos manuels scolaires. La Farce de Maitre Pathelin est à(re)découvrir sur la scène du Grand Parquet, dans une adaptation et une mise en scène de Richard Demarcy.

L'intrigue de cette farce du XVe siècle nous fait aujourd'hui encore sourire. Maitre Pathelin, avocat sans le sou, veut un habit neuf. Pour parvenir à ses fins, il embobine un drapier au marché : que celui-ci vienne déjeuner, on lui remettra l'argent autour d'un bon repas. Et Pathelin de repartir avec le tissus sous le bras. Rendu à l'invitation, le drapier trouve un Pathelin à l'article de la mort, veillé par son épouse Guillemette. Joli subterfuge qui fourni à l'avocat un nouvel habit sans avoir ouvert sa bourse. Un berger vient alors lui demander assistance : son maitre lui fait un procés pour quelques moutons volés. Au tribunal, le maitre, qui n'est autre que le drapier, découvre la bonne santé de Pathelin et comprend la supercherie. Il perd  alors le fil de son récit devant le juge et, oubliant les moutons, accuse Pathelin de vol. Une scène qui - pour la petite histoire - est à l'origine de l'expression "Revenons à nos moutons". Au milieu de toute cette confusion, le juge désavoue le drapier. Le berger et Pathelin triomphent. Mais au moment de se faire payer par son client, Pathelin découvrira qu'on trouve toujours plus malin que soi ...

 

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Photo : Victor Tonelli 

La mise en scène de Richard Demarcy nous ramène aux sources de la farce, jouée sur les marchés : accessoires, costumes et décor semblent faits de bric et de broc avec les moyens du bord et les comédiens apparaissent grimmés comme des clowns, visages blanchis et faux nez. La musique et la chanson occupent une large place dans ce spectacle.

Cette version contemporaine permet de mieux comprendre l'intrigue que le texte original (en français du XVe siècle et vers octosyllabiques). Si certains anachronismes contribuent à renforcer le côté comique, d'autres innovations laissent perplexes. J'ai été assez déconcertée par l'ajout de la fable Le Corbeau et le Renard au beau milieu de la pièce.

Les cinq comédiens font tout de même de ce spectacle un moment fort joyeux. La pièce est accessible à un large public - à partir de 6 ans nous dit-on -  mais pour les plus jeunes, un petit travail d'explication sera, à mon avis, nécessaire.

La farce de Maitre Pathelin, version contemporaine et mise en scène Richard Demarcy, d'après un anonyme du 15ème siècle. Avec Leontine Fall, Antonio Da Silva, Guy Lafrance, Jean-Lacroix Kamga, Nicolas Le Bosse. Au Grand Parquet, jusqu'au 28 octobre 2012, les vendredis et samedis à 20h, les mercredis et dimanches à 15h.

20 octobre 2012

Une plongée éblouissante au coeur des "Mystères de Paris"

"Y'a une riche misère à Paris."

Un magnifique spectacle et une prouesse en ce qui concerne l'adaptation : voilà les deux premières réflexions qui viennent spontanément après avoir vu Les Mystères de Paris, mis en scène par William Mesguich.

Mais comment représenter un roman de plus de 1500 pages sur scène en 2h15 ? C'est la question que je me suis posée dès le départ. L'artifice utilisé est parfait : conserver presque in extenso les scènes clefs et faire appel à un monsieur/madame Loyal (les comédiens endossent sa cape et son chapeau haut-de-forme tour à tour) pour nous résumer le reste de l'intrigue. Adaptation dans l'esprit de l'oeuvre puisqu'on y retrouve par ce biais l'aspect feuilletonnesque du récit d'Eugène Sue. 

Les Mystères de Paris furent en effet - dans un premier temps - publiés par épisode dans Le Journal des débats pendant. On retrouve dans cette histoire, Rodolphe (William Mesguich), jeune aristocrate qui se déguise pour venir en aide aux nécessiteux dans les bas-fonds de Paris. Il rencontre Fleur-de-Marie (Sterenn Guirriec), une jeune fille pauvre livrée à la rue, le Chourineur, repris de justice au grand coeur ... mais aussi des personnages moins sympathiques voire carrément abjects comme la Chouette et son homme, surnommé le Maitre d'école. Au fil de l'histoire, vous découvrirez ce qui pousse Rodolphe à agir ainsi et comment, bien qu'il l'ignore, son histoire est liée à celle de Fleur-de-Marie. 

La scénographie (réalisée par Anne Lezervant) réussit à nous entrainer dans le Paris populaire du 19e siècle.  Quelques tuyaux rouillés sur la scène, des loges à peine dissimulées derrière des rideaux de fils : décor minimum mais énorme travail sur les lumières (signées Mathieu Coutaillier).  On est plongé dans une atmosphère sombre et brumeuse, angoissante à souhait.

Plus de 20 rôles pour sept comédiens : la distribution n'est pas aisée. Chacun doit jongler entre plusieurs personnages haut en couleurs, personnalités très marquées mais pas caricaturales pour autant. Mention spécial pour l'horrible Chouette (Zazie Delem) dont le rire fait froid dans le dos (Cruella et Maléfice peuvent aller se rhabiller!) et la gentille Rigolette (Marie Frémont), affublée d'une zozettement qui la rend encore plus sympathique. Et lorsque deux personnages incarnés par le même comédien se retrouvent dans une même scène, on atteint des sommets : Romain Francisco - le Chourineur profil droit, François Germain profil gauche - surmonte cette difficulté sans que nous perdions le fil un seul instant. 

C'est un réel plaisir de découvrir cette fabuleuse histoire sur scène, de voir ces héros prendre vie. Si vous n'avez jamais lu l'oeuvre d'Eugène Sue, vous apprécierez également, j'en suis certaine. La pièce ne se joue que quelques jours au Théâtre de l'Ouest parisien mais part en tournée et sera pour un mois au Théâtre de la Tempête en mai : n'hésitez pas ! 

Les Mystères de Paris de Eugène Sue, adaptation Charlotte Escamez, mise en scène William Mesguich. Avec Jacques Courtes, Zazie Delem, Romain Francisco, Marie Fremont, Sterenn Guirriec, Julie Laufenbuchler, William Mesguich. Au Théâtre de l'Ouest Parisien à Boulogne-Billancourt (92) jusqu'au 23 octobre 2012.

En tournée ensuite :
Le jeudi 25 octobre 2012 à 20h30 au Théâtre Victor Hugo à Bagneux (92)
Le jeudi 8 novembre 2012 à 20h30 à l’ Espace Fayolle de Guéret (23)
Le mardi  18 décembre 2012 à 20h30 à l’Espace Camille Claudel de Saint Dizier (52)
Le vendredi 22 mars 2013 à 21h00 au Sud Est Théâtre à Villeneuve Saint Georges (94)
Le jeudi 18 avril 2013 à 20h30 au Théâtre Jacques Cœur de Lattes (34)

Et du jeudi 16 mai 2013 au dimanche 16 juin 2013 au Théâtre de la Tempête (du mardi au vendredi à 20h et le dimanche à 16h).

19 octobre 2012

Le bureau des lecteurs de la Comédie-Française se met à l'heure croate (du 24 au 28 octobre 2012)

La semaine prochaine - du 24 au 28 octobre 2012 - le Bureau des lecteurs fait son retour à la Comédie-Française. On ne présente plus l'opération, qui a lieu deux fois par an et qui consiste en la lecture de textes pressentis pour être joués dans une des trois salles de l'institution.

Cette année, l'accent est mis sur la Croatie, dans le cadre de «Croatie, la voici», Festival croate en France. Trois des cinq pièces lues seront donc des traductions de textes en langue croate. Des pièces pas forcément contemporaine puisque l'une d'entre elles fut écrite en 1551.

Voici un aperçu du programme : 

MERCREDI 24 OCTOBRE 2012 à 20h30
Dundo Maroje (1551) de Marin Drzic, traduit du croate et adapté par Sreten Maric. 
Lecture dirigée par Nicolas LORMEAU avec Michel FAVORY, Thierry HANCISSE, Anne KESSLER, Cécile BRUNE, Christian BLANC, Céline SAMIE, Nicolas LORMEAU, Georgia SCALLIET, Félicien JUTTNER, Samuel LABARTHE, Benjamin LAVERNHE, Pierre HANCISSE.

JEUDI 25 OCTOBRE 2012 à 20h30 
Messieurs les Glembay (1928-1931) de Miroslav Krleza, traduit du croate par Nicolas Raljevic. Lecture dirigée par Laurent MUHLEISEN avec Catherine SAUVAL, Michel FAVORY, Christian Blanc , Alexandre PAVLOFF, Georgia SCALLIET, Benjamin LAVERNHE, Pierre HANCISSE.

VENDREDI 26 OCTOBRE 2012 à 20h30 
Europe - monologue pour mère Europe et ses enfants (2004) d’Ivana Sajko traduit du croate par Mireille Robin, avec la collaboration de Natasa Medved et Kei Tritkovic. Lecture dirigée par Nâzim Boudjenah avec Marie-Sophie FERDANE, Benjamin JUNGERS.

SAMEDI 27 OCTOBRE 2012 à 20H30
Dancefloor Memories (2011) de Lucie Depauw. Lecture dirigée par Laurent LALANNE avec Dominique CONSTANZA, Gérard GIROUDON, Samuel LABARTHE

DIMANCHE 28 OCTOBRE 2012 à 14H
Les Corps étrangers (2011) de Aiat Fayez. Lecture dirigée par Jacques Allaire avec Claude MATHIEU, Catherine SAUVAL, Cécile BRUNE, Alexandre PAVLOFF, Clotilde DE BAYSER, Nâzim BOUDJENAH

Le Bureau des lecteurs, au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, les 24, 25, 26, 27 octobre 2012 à 20h30 et le 28 octobre 2012 à 14h. Entrée libre. Réservations au 01 44 58 98 58.

A lire aussi :
Le bureau des lecteurs - février 2011
Le bureau des lecteurs - novembre 2011