Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03 décembre 2012

"Mon amoureux noeux pommier" création de Jean Lambert-wild au Théâtre de Chaillot

"Il est bon de suivre un chemin, 
Il est meilleur de s'en écarter." 

C'est une fable sur la vie et le temps qui passe que nous proposent Jean Lambert-wild, Stéphane Blanquet, Jean-Luc Therminarias, Léopold Frey et François Royet avec Mon amoureux noeux pommier. Une métaphore qui s'appuie sur l'histoire d'un arbre qui vit sa dernière saison. Le spectacle est actuellement présenté au Théâtre de Chaillot.

 mon amoureux noeux pommier,jean lambert-wild,stéphane blanquet,jean-luc therminarias,léopold frey,françois royet,chiara collet,theatre national de chaillot

Photo : Tristan Jeanne Valès et Stéphane Blanquet

Il ne s'agit pas véritablement d'une pièce de théâtre mais d'un spectacle faisant la part belle aux techniques vidéo et d'images en 3D. En cela le spectacle est bluffant. Sur la scène, un pommier sans feuille, "en dur", sur les branches duquel vont venir se positionner des images. Des fleurs, des feuilles mais aussi des petites filles en robes blanches qui, telles des fantômes, se perchent sur l'arbre et virevoltent autour de lui. Entre ces séquences, un fort jolie texte, lu par Marcel Bozonnet et sa voix d'or, nous compte l'histoire d'une vieille femme qui vient trouver refuge au pied de ce pommier pour y finir sa vie. Sur l'avant-scène, la vieille femme en question s'arc-boute avec difficulté à une corde pour avancer sous la neige. Le texte est très beau, répétons-le, avec une dimension poétique et philosophique.

mon amoureux noeux pommier,jean lambert-wild,stéphane blanquet,jean-luc therminarias,léopold frey,françois royet,chiara collet,theatre national de chaillot
Photo : Tristan Jeanne Valès et Stéphane Blanquet

Tout cela semble formidable, je vous le concède, sauf que je n'ai pas tout compris ! Et visiblement, je n'étais pas la seule sceptique dans la salle quand les lumières se sont rallumées. Les scènes d'animation vidéo sont très longues, sans dialogue et avec pour tout fond sonore une musique électro. De quoi s'agit-il au juste ? Des rêveries de la vieille dame sur ce qu'elle fut ? De magie ? De fantômes ? Il nous manque quelques clefs pour saisir cette histoire... Il s'agit pourtant au départ d'un spectacle "Tout public, à partir de 7 ans". La poésie et la technique ne font décidément pas tout.

Mon amoureux noeux pommier, une fable de Jean Lambert-wild, Stéphane Blanquet, Jean-Luc Therminarias, Léopold Frey et François Royet. Avec Chiara Collet et la participation d'Aimée. Voix Marcel Bozonnet. Au Théâtre National de Chaillot, salle Firmin Gémier, jusqu'au 8 décembre 2012.

25 novembre 2012

Richard III de Shakespeare, mise en scène Jérémie Le Louët au Théâtre 13 / Côté Seine

 "Serais-je donc tentée par le diable ?"

C'est une des premières pièces écrites par Shakespeare : Richard III  conclut une tétralogie historique dédiée à la guerre des Deux Roses en Angleterre. Au Théâtre 13/Côté Seine,  Jérémie Le Louët nous en propose une adaptation expurgée des nombreuses références historiques pour conserver l'essentiel : l'ascension d'un tyran mégalo. 

richard iii,shakespeare,théâtre 13,jérémie le louët
Photos (ci-dessus et en bas) : Jean-Louis Fernandez

Sur un plateau dépouillé, l'ambitieux Richard de Gloucester vient nous susurrer, dans un micro en bord de scène, ses horribles plans, tel un serpent cherchant à envouter son auditoire. Son but : conquérir le trône d'Angleterre. Mais Richard n'est pas le premier dans l'ordre de succession. Pour se saisir de la couronne, il n'est rebuté par aucun crime, assassinant ses frères, ses neveux, son épouse et ses alliés. Un chemin vers le pouvoir au bout duquel il trouvera finalement la mort lui aussi, sur le champ de bataille.

Jérémie Le Louët - qui en plus de l'adaptation signe la mise en scène et incarne le rôle titre - a volontairement "coupé les motifs historiques de la pièce" comme il le dit lui-même. On perd un peu le fil dans cette généalogie, certes, mais le coeur de l'intrigue s'en retrouve renforcé: les autres rois sont relégués au rang de figurants à éliminer sans états d'âme.

richard iii,shakespeare,théâtre 13,jérémie le louët

Le metteur en scène s'est également affranchi de tout décor, limitant la scénographie à des jeux de lumières. Une simple ampoule allumée au milieu de la scène, un mur de néons ou encore des lumières par en dessous qui transforment les comédiens en spectre. Et cette merveilleuse scène où Richard brandit une lampe de chantier sous son menton pour déclamer son monologue - comme quand on veut faire peur à quelqu'un dans l'obscurité - exacerbant ainsi la monstruosité du personnage.

Une sobriété qui met en valeur le jeu des acteurs. Jérémie Le Louët est un Richard  calculateur mais ayant des accents désinvoltes par moment. Dominique Massat est poignante dans le rôle d'Elisabeth, reine déchue à la mort de son mari. Le dialogue qui s'engage entre les deux est un temps fort de cette pièce. Un petit bémol : malgré leur belle prestation, je reste peu convaincue par le choix de Stéphane Mercoyrol  et Julien Buchy pour interpréter respectivement Marguerite et la duchesse, sans autre artifice que des robes. C'est un peu déconcertant et cela entraine même la confusion (les lycéens assis à côté de moi n'ont pas compris tout de suite). Il est vrai qu'au temps de Shakespeare, les rôles de femme étaient  confiés aux hommes mais on a un peu évolué depuis, non ? 

Le spectacle n'en demeure pas moins plaisant. L'adaptation permet de resserrer la pièce qui ainsi ne dépasse pas les deux heures et l'on ne "décroche" pas un seul instant. A voir donc.

Voici la bande annonce du spectacle :

richard iii,shakespeare,théâtre 13,jérémie le louëtRichard III de William Shakespeare, mise en scène Jérémie Le Louët.
Avec Julien Buchy, Jonathan Frajenberg, Noémie Guedj, Jérémie Le Louët, Davied Maison, Dominique Massat, Stéphane Mercoyrol. Au Théâtre 13 / Seine, jusqu'au 23 décembre 2012 (les mardi, jeudi et samedi à 19h30, les mercredi et vendredi à 20h30, le dimanche à 15h30). Réservations : 01 45 88 62 22. 
En tournée ensuite : Le 8 janvier 2013 au Théâtre de Cachan, le 15 janvier 2013 à Dijon, le 25 janvier 2013 à Chevilly-Larue, le 29 janvier 2013 à Rungis, les 1er et 2 février 2013 à Alfortville, le 7 février 2013 à Troyes, le 9 février 2013 à Juvisy, le 12 février à Poitiers, le 15 février  2013 à Herblay, le 16 février 2013 à Suresnes, les 19 et 20 février 2013 à Nogent-sur-Marne,   les 22 et 23 février 2013 à Chatillon, le 28 février 2013 au Kremlin-Bicetre, le 12 mars 2013 à Chartres et le 21 mars 2013 à Lattes. 

20 novembre 2012

Hasard de la programmation : le Théâtre de la Tempête met aussi à l'affiche "Un chapeau de paille d'Italie", mis en scène par Gilles Bouillon

"J’étais dans mon cabriolet…

je traversais le bois de Vincennes…"

Non pas un mais deux Chapeau(x) de paille d'Italie à l'affiche en ce moment. Au Théâtre de la Tempête, c'est Gilles Bouillon qui signe la mise en scène. Et si celle-ci est plus classique que celle proposée par la Comédie-Française, elle n'en n'est pas moins intéressante.

Rappelons - brièvement - l'intrigue : Fadinard, jeune rentier, voit son cheval dévorer un chapeau de paille accroché à un arbre. Incident sans gravité si ce n'est que ce chapeau appartient à une femme mariée, en galante compagnie dans les bois. Rentrer tête nue l'exposerait aux soupçons de son mari : Fadinard doit impérativement remplacer ce chapeau et tant pis s'il avait autre chose de prévu ce jour-là, se marier en l'occurence. 

 critique,théâtre de la tempête,un chapeau de paille d'italie,labiche,gilles bouillon©Antonia Bozzi

Cela débute par un rêve, petite liberté prise avec l'oeuvre originale : sur la scène, un centaure déguisé en mariée, un homme avec une tête en myrte et une horloge dont les aiguilles tournent à l'envers. Fadinard dort sur son lit. Instant de répit avant la course folle qui va débuter. Pour ne laisser retomber à aucun moment le soufflé, Gilles Bouillon a opté pour une mise en scène bien rythmée: les cinq actes sont présentés sans pause et, pendant les changements de décor, Fadinard et sa noce poursuivent leur  quête à travers Paris sur l'avant-scène. Une jolie façon de nous tenir en haleine.

Côté décor et costumes, on est à l'époque de Labiche sans tomber dans une reconstitution trop minitieuse qui empèserait le tout. Il faut que cela bouge, que cela aille vite et en cela le contrat est bien rempli. Les interprêtes sont à la hauteur de l'intrigue. Frédéric Cherboeuf (Fadinard) et Jean-Luc Guitton (Nonancourt) notamment, mais soulignons aussi la prestation des jeunes comédiennes : Julie Roux (Helène), Camille Blouet (Clara la modiste) et Juliette Chaigneau (Anaïs, la femme volage) sont lumineuses. Tous chantent et jouent de la musique en plus !

 

critique,théâtre de la tempête,un chapeau de paille d'italie,labiche,gilles bouillon©Antonia Bozzi

Après avoir vu les deux versions à quelques jours d'écart, une évidence s'impose : cette pièce recèle en elle tous les ingrédients du succès, au-delà des mises-en-scène que l'on peut en faire. La mécanique est bien huilée, les dialogues vraiment drôles et les situations toujours cocasses. Pour l'anecdote, lors de la création de la pièce en 1851, le directeur du Palais Royal pensait que cela ferait un bide ... l'histoire dit qu'au lendemain de la première, un spectateur fut frappé d'apoplexie, mort de rire. Peut-être n'est-ce qu'une légende mais vous voilà avertis !

Un chapeau de paille d’Italie de Eugène Labiche, mise en scène Gilles Bouillon. Avec Frédéric Cherboeuf, Jean-Luc Guitton, Cécile Bouillot, Stéphane Comby, Xavier Guittet, Denis Léger-Milhau, Léon Napias, Marc Siemiatycki et les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre: Clément Bertani, Camille Blouet,  Juliette  Chaigneau,  Laure Coignard,  Julie Roux, Mikael Teyssié, Charlotte Barbier ; musicien Alain Bruel.
Au Théâtre de la Tempête, jusqu'au 16 décembre 2012, 
du mardi au samedi 20h, dimanche 16h.
Réservations au 01 43 28 36 36.