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07 janvier 2013

Nicolas Briançon et P-A Leleu dévoilent "D.A.F Marquis de Sade" à quelques jours de la 1ere représentation

sade affiche.jpg

Ecouter un metteur en scène - en l'occurence Nicolas Briançon - présenter sa nouvelle pièce avant même que les représentations n'aient commencé : à quelques jours de Noël, c'est un cadeau que je n'ai pas pu refuser. Un cadeau que je partage avec vous, un peu en retard, pour débuter cette nouvelle année.

Après Songe d'une nuit d'été (repris dans quelques semaines au Théâtre de la Porte Saint-Martin) et Volpone, Briançon fait plus intimiste. Sur la petite scène du Ciné XIII Théâtre à Montmartre, avec seulement quatre comédiens, il s'attaque à l'histoire de Donatien Alphonse François Marquis de Sade. 

Parler de Sade : un pari osé. L'écrivain du 18ème siècle a une réputation sulfureuse. On connait tous le nom, le sustantif "sadisme" qui en découle mais beaucoup moins l'oeuvre et l'homme qui l'a écrite. Et pour cause : ses écrits furent longtemps censurés et, même si l'auteur a fait son entrée dans la Pléiade dans les années 90, son oeuvre n'est pas à mettre entre toutes les mains.

Alors pourquoi mettre Sade s'intéresser à Sade aujourd'hui? C'est Pierre-Alain Leleu, vieux complice de Briançon, qui est à l'origine du projet : "Pierre-Alain est un passionné de Sade explique le metteur en scène. Il m'a apporté ce texte là. Je ne suis pas un Sadien mais ce qui m'importait c'est le personnage derrière les écrits""Le spectacle raconte une partie de la vie de Sade, très courte, qui se passe en prison. Partant de ce cadre, j'ai pioché dans ses oeuvres pour construire le texte. Des choses qu'il a écrite à cette époque là, au cours de son emprisonnement, mais aussi des choses qu'il a écrites bien plus tard" précise Pierre-Alain Leleu qui interprêtera sur scène le  marquis (photo ci-dessous). 

sade001.jpgPhoto : Fabien Dumas

Et Pierre-Alain Leleu de poursuivre : "Je trouve le personnage de Sade absolument dingue. Ce qu'il écrit va vraiment très loin. Je pense qu'il ne faut cependant pas prendre tout au sérieux sinon c'est juste insupportable." Lui voit plutôt dans ces écrits-là une quête de liberté: "Il a passé une grande partie de sa vie en prison, sur lettre de cachet, sans savoir combien de temps il allait y rester. Cette incertitude sur son avenir l'a rendu complètement dingue. La seule liberté qui lui est restée c'est celle de tout dire. Comme un gosse qui fait les choses parce qu'elles sont interdites. C'était sa façon à lui d'être libre." C'est aussi cette soif de liberté qui intéresse Nicolas Briançon : "Il fait des efforts désespérés pour sauvegarder ce qu'il estime être sa liberté. Cette quête  vouée à l'échec, c'est ce qui est passionnant dans le personnage. Son truc, c'est la liberté totale. En ce sens il est intéressant aujourd'hui alors que nous sommes dans une des époque les plus corsetée et fermée que nous ayons eu depuis longtemps. Aujourd'hui la répression s'exerce implacablement par le biais du politiquement correct qui nous empêche de sortir du rang".

 Sade a passé un tiers de sa vie en prison, très exactement 27 ans sur 74, que ce soit sous la monarchie, la République, le Consulat ou le 1er Empire. La pièce s'attache aux premières années de cette détention, en 1784, alors que Sade est transféré de Vincennes à la Bastille. Sous la bonne garde de Lossinote (Jacques Brunet) et avec pour tout visiteur un religieux (Michel Dussarat), l'écrivain s'invente une compagne, à la fois fantasme et émanation de sa conscience, interprêtée par la sculpturale Dany Verissimo (photo ci-dessous). 

sade002.jpgPhoto : Fabien Dumas

Un spectacle à voir dès le 9 janvier 2013 et dont je vous reparle en détail très bientôt. 

Au Ciné XIII Théâtre (rue Junot, Paris 18e). A 21 h 30 (relâche les lundi et mardi), le dimanche à 17 h 30. Réservations au 01 42 54 15 12. 

A lire aussi : la critique de la pièce

01 janvier 2013

Ce que l'on ira voir au théâtre début 2013

Bonne et heureuse année à tous, tous mes voeux pour 2013, que cette année soit prospère pour chacun et théâtralement riche en émotions.  

Merci d'être de plus en plus nombreux sur ce blog. Merci aussi pour vos commentaires toujours aussi intéressants car passionnés. On va essayer de ne pas vous décevoir en 2013. Pas sure de pouvoir faire mieux en ce qui concerne le nombre de pièces vues (près de 90 dans l'année) mais je vais essayer !

Et par quoi les réjouissances vont-elle commencer ?

La Comédie-Française, forcément ! Avec une adaptation de Candide de Voltaire au Studio Théâtre (mise en scène d'Emmanuel Daumas) puis Troïlus et Cressida de Shakespeare (à partir du 26 janvier) pour célébrer la réouverture de la salle Richelieu. Début février, on ira voir Hernani de Victor Hugo mis en scène par Nicolas Loiseau au Vieux-Colombier. Une pièce donnée en bi-frontal comme ce fut le cas pour Peer Gynt l'année dernière au Grand-Palais. Sans oublier Phèdre en mars avec le désormais très convoité Pierre Niney dans le rôle d'Hippolyte et Elsa Lepoivre dans le rôle titre. 

L'Odéon-Théâtre de l'Europe attaquera 2013 en mettant à l'affiche du Beckett avec une Fin de partie dont Alain Françon signera la mise en scène (à partir du 10 janvier). 

Au Théâtre de la Tempête, dès le 18 janvier, Philippe Adrien nous proposera une mise en scène de Partage de midi de Claudel. 

Du côté des théâtres privés

A partir du 2 février, Anny Duperey jouera La Folle de Chaillot de Jean Giraudoux à la Comédie des Champs-Elysées, avec Dominique Pinon et Catherine Salviat.

La Pépinière Théâtre donnera carte blanche à François Morel à partir du 8 janvier. Jusqu'en juin, six spectacles se succèderont. Au programme : Instants critiques (du 8 janvier au 2 mars) puis Hyacinthe et Rose (à partir du 5 février) ou encore Bien des choses (du 5 au 30 mars 2013)

Quelques reprises aussi

Au jeu des chaises musicales, Des fleurs pour Algernon s'installe au Petit-Saint-Martin dès le 10 janvier 2013 et cède sa place au Studio des Champs-Elysées au Porteur d'histoire (à partir du 6 février). Les deux pièces sont sublimes donc ne ratez pas ces séances de rattrapage !

Au Théâtre de la Porte Saint-Martin, exit Les Menteurs et retour le 1er février, pour 60 représentations, du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (mise en scène Nicolas Briançon) avec Lorànt Deutsch (mais sans Mélanie Doutey  cette fois). Vidéo tournée l'année dernière à voir ici

Enfin, Collaboration avec Michel Aumont et Didier Sandre (interrompu l'année dernière suite à un accident de ce dernier) prendra la suite de Volpone à la Madeleine à partir du 25 janvier 2013.

Bon(s) spectacle(s) et à très vite ! 

23 décembre 2012

Calacas : l'éblouissante cavalcade de Zingaro au Fort d'Aubervilliers

calacas,zingaro,bartabas,aubervilliers,cheval,équitation,dressagePetite excursion en dehors du monde théâtral au sens strict pour vous parler d'un magnifique spectacle. Au Fort d'Aubervilliers, Bartabas et la troupe Zingaro reprennent pour la deuxième saison Calacas

Pour ceux qui - de retour d'un voyage intersidéral par exemple - n'auraient jamais entendu parler de Bartabas, sachez que les vraies stars de ses spectacles sont des chevaux. Des chevaux à qui le maitre et sa troupe font accomplir des prouesses. 

Nous voici embarqués pour le Mexique pour une célébration très festive des morts. En espagnol, Calacas signifie squelettes. Ceux-ci sont omniprésents dans le spectacle. Squelettes-danseurs, squelettes-cavaliers, squelettes-marionnettes ou encore squelette-cheval. Pourtant tout est gai dans ce spectacle. La musique des Chinchineros est entrainante et les cavalcades ennivrantes. Le spectateurs se retrouvent entre deux espaces scéniques concentriques, un peu comme entre la terre et les cieux. Les chevaux sont devant nous, autour de nous. Simplement magnifique.

Calacas est un hymne à la vie et à la liberté. La beauté de la mise en scène nous fait oublier la technique. Elle est pourtant bien là avec des piaffers, des pas espagnols et autres figures classiques dignes du Cadre Noir de Saumur. D'autres gestes, plus poétiques, laissent aussi entrapercevoir de longues heures de travail : des chevaux qui suivent une cavalière dans un magnifique caroussel alors que personne ne les dirige directement, un cheval qui fait le mort au sol alors qu'un cygne noir tourne autour de lui ou un autre qui monte sur une minuscule plateforme, les quatre sabots collés, et qui ne bouge pas d'un millimètre lorsque son dresseur fait tourner cette plateforme.

Lorsque l'on connait un peu les chevaux, on est forcément bouche bée. Et si vous n'y connaissez pas grand-chose, vous serez simplement envoutés. Au fond, qu'y-a-t-il de plus beau qu'un cheval blanc lancé au galop sans cavalier ?  

Calacas conception, scénographie et mise en scène : Bartabas. Avec : Laurence Dirou, Michael Gilbert, Noureddine Khalid, Mathias Lyon, Gaëlle Pollantru, Etienne  Regnier, Alice Seghier, Messaoud Zeggane. Musiciens : Sébastien Clément, François Marillier (percussionnistes), Pepa et Luis Toledo (chinchineros). Et les chevaux : Antonete, Arruza, Belmonte, Bombita, Cagancho, Calacas, Chamaco, Chicuelo, Conchita, Citron, Dominguin, Edwin, El Cordobes, El Gallo, El Soro, El Viti, Espartaco, Joselito, Lobero,  Majectic, Manolete, Manor, Manzanares, Nimeno, Paquiri, Phare  ouest,  Posada, Tarzan.
Au Fort d'Aubervilliers, du mardi au samedi à 20h30 (sauf jeudi) - dimanche à 17h30 (Relâche lundi et jeudi et le 25 décembre 2012). Réservations : www.bartabas.fr ou 08 92 681 891
En tournée ensuite à Mulhouse (Du 12/04/13 au 30/04/13, Parc des expositions), Genève (Du 28/05/13 au 07/07/13, Chapiteau Zingaro - Plaine de Plainpalais) et Bègles (Du 20/08/13 au 12/09/13).