Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 décembre 2013

Psyché de Molière / Véronique Vella / Comédie-Française

"Ma fille, sois-lui moins sévère. 
Tu tiens de sa Psyché le destin en tes mains..."

psyché,molière,comédie-française,véronique vella,sylvia bergé,claude mathieu,coraly zahonero,françoise gillard,jérôme pouly,laurent natrella,benjamin jungers,félicien juttner,jennifer decker,pierre hancisse,claire de la rüe du canA la Comédie-Française, Véronique Vella relève - plutôt bien - le challenge de mettre en scène Psyché de Molière, une pièce rarement montée et que l'on dit même immontable.

C'est pour répondre à une commande royale - une pièce monumentale pour célébrer le carnaval - que Molière et Lully créèrent Psyché. Cinq heures de théâtre, de chant et de danse données dans la salle des Machines des Tuileries, le must de la technique à l'époque. Féérie et démesure donc pour raconter l'histoire de cette princesse, si belle qu'elle suscite la jalousie de toutes - de ses soeurs à la déesse Vénus - et dont tous tombent amoureux, le dieu Amour compris. 

De la Terre à l'Olympe, les tableaux se succèdent. Pour cette version - de deux heures seulement, rassurez-vous - Véronique Vella a su tirer le meilleur de tous - les comédiens sont excellents comme à l'accoutumée - et s'appuie sur les talents de chacun : Sylvia Bergé (Vénus) dans un impressionnant morceau de chant lyrique, Coralie Zahonero et Jennifer Decker, les deux soeurs jalouses, aux claquettes, Françoise Gillard (Psyché), excellente danseuse, entraînant Benjamin Jungers (Amour)dans un corps à corps très chorégraphique. Les chansons du chœur, elles, sont entonnées sur un rythme jazzy, accompagnées au piano. Les costumes sont dignes d'un conte de fée. Bref, on en prend plein les yeux!

Petit bémol toutefois : sans aller jusqu'à dire que cela part dans tous les sens, l'ensemble manque un peu d'unité. Peut-être est-ce inhérent à l'oeuvre, oscillant entre comédie et tragédie, alexandrins et vers libres. 

Psyché de Molière, mise en scène et direction des chants Véronique Vella, musique originale Vincent Leterme. Avec Claude Mathieu, Sylvia Bergé, Coraly Zahonero, Françoise Gillard, Jérôme Pouly, Laurent Natrella, Benjamin Jungers, Félicien Juttner, Jennifer Decker, Pierre Hancisse, Claire de la Rüe du Can, les élèves comédiens Heidi-Eva Clavier, Lola Felouzis, Matĕj Hofmann, Paul Mcaller, Pauline Tricot, Gabriel Tur et les pianistes Véronique Briel et Vincent Leterme. A la Comédie-Française, salle Richelieu, jusqu'au 4 mars 2014 (en alternance). Réservations : 0 825 10 1680

06 décembre 2013

Mon Traître de Sorj Chalandon / Emmanuel Meirieu / Théâtre des Bouffes du Nord

"C'est quoi trahir ?"

ira.jpg
Photo CC BY-SA 3.0 Fribbler

C'est une histoire magnifique, capable de susciter à la fois l'émotion et la réflexion. Une histoire que l'on a dévoré au travers de deux romans de Sorj Chalandon, Mon Traître et Retour à Killybegs. Le metteur en scène Emmanuel Meirieu a fait l'audacieux pari d'adapter cela au théâtre. Pari gagnant : le spectacle qui en découle est plutôt réussi même si l'émotion s'est un peu émoussée tant le récit a dû être condensé.

Des deux romans, Emmanuel Meirieu a tiré deux longs monologues. Dans le premier, on découvre Antoine (Jérôme Derre), luthier parisien, au milieu d'un cimetière en Irlande du Nord. Devant lui la dépouille de Tyrone Meehan, ancien héros de la cause irlandaise, mort dans le déshonneur après la découverte de sa trahison. Pour Antoine, Tyrone était un père spirituel, un mentor, un exemple de courage et de droiture. Leur rencontre, leur complicité : Antoine se remémore tout cela. Un traître est-il par moment sincère ? Le second monologue nous apportera une réponse partielle à cette question. Tyrone Meehan (Jean-Marc Avocat) y raconte son enfance, les affrontements entre protestants et catholiques, son entrée dans l'IRA, sa détention en pleine dirty protest ... Un enchaînement d'événements qui ont fait de lui un héros mais aussi un substrat à sa trahison, le conduisant à fournir des renseignements aux Anglais.

Une brume épaisse, l'orage qui gronde, les corbeaux qui croassent, ... une chanson de U2, merveilleusement interprétée par Stéphane Balmino, en guise d'intermède entre les deux monologues : Meirieu parvient à créer une atmosphère autour de ces deux textes. Mais c'est surtout la voix de Jean-Marc Avocat qui bouleverse. Le comédien, parlant dans un souffle, EST Tyrone Meehan. Un être brut à la présence apaisante tel qu'on se l'était imaginé en lisant les romans. 

Mon Traître, d'après Mon Traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon, Mise en scène Emmanuel Meirieu. Avec Jean-Marc Avocat, Stéphane Balmino, Jérôme Derre. Au Théâtre des Bouffes du Nord, du mardi au samedi à 21h, matinées les samedis à 16h, jusqu'au 21 décembre 2013. Réservations au 01 46 07 34 50. Durée 1h10

TOURNÉE 2013/14
11 janvier 2014 : Le Radiant-Bellevue, Caluire et Cuire
Du 21 au 25 janvier 2014 : La MC2 - Grenoble, Scène nationale
Les 31 janvier et 1er février 2014 : Le Théâtre National de Nice, Centre dramatique national
4 février 2014 : Le Mail, Scène culturelle de Soissons

A lire aussi : 

"Le Quatrième Mur" de Sorj Chalandon (roman)

29 novembre 2013

La Jeanne de Delteil / Christian Schiaretti / Théâtre 71

 "Gaie et hardie"

Au théâtre, on est parfois ému par une histoire, touché par un texte, euphorisé par le rire ... et parfois époustouflé par un comédien ou une comédienne. Espanté comme on dit dans mon Sud natal. Ce fut le cas au Théâtre 71 à Malakoff où Juliette Rizoud interprète La Jeanne de Delteil, mise en scène par Christian Schiaretti.

La pièce est une adaptation de Jeanne d'Arc de Joseph Delteil. Juliette Rizoud nous raconte la vie de la bergère de Domrémy, de sa naissance au bûcher. La voilà dans les coulisses d'un théâtre - telle une femme de ménage ou une régisseuse - transformant un établi en cheval, des balais en forêt ou montant à l'assaut des étagères comme s'il s'agissait des remparts d'Orléans.

Sur scène, elle n'est plus seule. Ils sont  10, 100, 1000 à ses côtés tant l'énergie qu'elle déploie est grande. Me voilà soudainement passionnée par la vie de Jeanne d'Arc, personnage historique qui, je dois bien l'avouer, n'avait jusqu'alors que faiblement suscité mon intérêt. Instant de grâce que celui où l'on découvre pour la première fois le talent d'une artiste ... que l'on ne pourra que suivre assidûment après cela. 

La Jeanne de Delteil, d’après Jeanne d’Arc de Joseph Delteil, adaptation Jean-Pierre Jourdain, mise en scène de Christian Schiaretti. Avec Juliette Rizoud comédienne de la troupe du TNP. Au Théâtre 71 à Malakoff jusqu'au 29 novembre 2013. Durée 1h30