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26 janvier 2014

Roméo et Juliette de Shakespeare / Nicolas Briançon / Théâtre de la Porte Saint-Martin

 "Certains seront pardonnés, d'autres châtiés"

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On attendait beaucoup de cette mise en scène de Roméo et Juliette par Nicolas Briançon, au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Trop peut-être. On ne peut pas dire que le spectacle est raté, loin de là, mais on ne dira pas non plus que l'on fut ébloui ... 

Briançon a opté pour une mise en scène assez conventionnelle (de cela, on ne lui fera pas le reproche tant nous fûmes échaudés par celle d'Olivier Py il y a trois ans à l'Odéon). L'intrigue est transposée dans l'Italie des années 1950. Costumes trois pièces, chapeaux noirs, robes sous le genou, un orchestre sur scène... Visuellement, c'est très beau ! La scène de bal, notamment, est plutôt réussie. L'ambiance festive est comme suspendue lorsque les regards de Roméo et Juliette se croisent pour la première fois. 

Cela ne suffit malheureusement pas à faire de la pièce un moment inoubliable. Ana Girardot et Niels Schneider échouent à nous faire ressentir la passion du couple mythique. Elle, pleine d'énergie, est un peu trop appliquée par moment ; lui pas toujours très audible. Quel dommage ! Heureusement, les seconds rôles sauvent un peu l'interprétation. Mentionnons surtout Valérie Mairesse dans le rôle de la nourrice et Bernard Malaka dans celui de Frère Laurent. 

Roméo et Juliette de William Shakespeare, mise en scène de Nicolas Briançon, adaptation de Pierre-Alain Leleu et Nicolas Briançon. Avec Ana Girardot, Niels Schneider, Valérie Mairesse, Bernard Malaka, Dimitri Storoge, Cédric Zimmerlin, Bryan Polach, Charles Clément, Valentine Varela, Mas Belsito, Pierre Dourlens, Pascal Elso, Adrien Guitton, Côme Lesage, Geoffrey Dahm, Eric Pucheu, Ariane Blaise, Marthe Fieschi, Noémie Fourdan et cinq musiciens. Au Théâtre de la Porte Saint-Martin,  du mardi au samedi à 20h et le dimanche à 15h. Réservations au  01 42 08 00 32. Durée : 2h15 

22 janvier 2014

Le Prince d'après Machiavel / Laurent Gutmann / Théâtre 71

"Tout se remplit de désordre et de confusion"

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Photo : Pierre Grosbois

Et si Machiavel vivait de nos jours, à qui dispenserait-il ses conseils ? Au Théâtre 71 à Malakoff, Laurent Gutmann imagine l'auteur du Prince au cœur d'un stage de formation en entreprise.

Nous voici donc dans une salle impersonnelle, aux cloisons vitrées avec chaises pliantes et machine à café ... très, très loin de la cour des Médicis à Florence au XVIe siècle. L'organisatrice, au look de working girl, accueille trois stagiaires. On partage une galette des rois pour bien débuter la journée et l'un des participants se voit couronner. "Vous êtes notre prince, à vous de jouer !" Oui mais voilà, gouverner même au cours d'un exercice dans un séminaire ce n'est pas si aisé ! Le peuple c'est le public à qui l'on distribue des bonbons pour assurer sa place sur le trône (ou plutôt à l'arrière d'une berline, symbole moderne du pouvoir). Le moindre faux pas est fatal : une erreur de gouvernance et la couronne passe sur la tête d'un autre candidat.

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Photo : Pierre Grosbois

Au coin de la scène, le formateur en costume Renaissance alias Nicolas (comme Machiavel) énonce des maximes et des conseils ... extraits tout droit du Prince. Un langage châtié qui tranche avec le reste des dialogues mais, sur le fond, ces stratagèmes pour conquérir et conserver le pouvoir semblent toujours valables. 

Entre quizz et mise en situation, la pratique illustre la théorie façon "philo pour les nuls" . L'interactivité est au cœur de la mise en scène. On rit beaucoup - plus qu'en lisant le livre - mais on retient tout de même les théories de Machiavel. 

Le Prince d'après Nicolas Machiavel, adaptation, mise en scène et scénographie Laurent Gutmann. Avec Thomas Blanchard, Luc-Antoine Diquéro, Maud le Grévellec, Shady Nafar, Pitt Simon. Au Théâtre 71 à Malakoff, jusqu'au 25 janvier 2014, mercredi, jeudi et samedi à 19h30, vendredi à 20h30. Réservations au 01 55 48 91 00. Durée : 1h30. 

En tournée :
- Le 28 janvier 2014 à La Passerelle, scène nationale de St-Brieuc (réservations au 02 96 68 18 40)
- Les 25 et 26 mars 2014 au Théâtre Anne de Bretagne de Vannes (réservations au 02 97 01 62 00)
 

21 janvier 2014

Homme pour Homme de Bertolt Brecht / Clément Poirée / Théâtre de la Tempête

"La chose la plus certaine, c'est le doute."

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Photos : Julien Piffaut

Hier, je vous parlais de Corps étrangers, l'une des deux pièces actuellement à l'affiche au Théâtre de la Tempête. Évoquons à présent Homme pour Homme de Bertolt Brecht. A la mise en scène : Clément Poirée dont j'avais adoré le Beaucoup de bruit pour rien, sur cette même scène en 2011.

Galy Gay est docker. Parti de chez lui pour acheter du poisson, il tombe sur des mitrailleurs de l'armée coloniale britannique. La compagnie n'est pas au complet - le quatrième homme a été abandonné en fâcheuse posture - et ne peut se présenter ainsi devant le sergent lors de l'appel. Qu'importe : Galy Gay le remplacera. Les trois militaires entreprennent donc d'en faire un parfait soldat, sans que le malheureux docker n'ait véritablement son mot à dire. 

Pour nous raconter cette histoire, Clément Poirée a opté pour un décor d'usine. Une papeterie ou une imprimerie, semble-t-il, avec d'énormes rouleaux de papiers. Un décor qui n'a pas grand chose à voir avec l'intrigue mais dont les éléments permettront tour à tour de figurer un temple bouddhiste, une cantine militaire ou un wagon de train. 

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La mise en scène laisse une grande place au comique de geste. On retrouve sur les premières scènes une ambiance qui rappelle celle du cinéma muet. Les comédiens jouent à merveille ce registre, incarnant des personnages très stéréotypés : un bonze enjôleur mais très rusé (Patrick Paroux), la veuve Begbick, cantinière aux allures d'entraîneuse de saloon (Laure Calamy), le sergent (Eddie Chignara) tel le loup de Tex Avery devant les ogives de la tenancière ...

Le ton se fait plus grave sur la fin et le récit gagne en profondeur jusqu'à poser implicitement la question : les hommes sont-ils interchangeables ? Face à la pression le docker Galy Gay (Thibaut Corion) accepte d'endosser une autre identité car c'est toujours mieux que d'être fusillé... Avec son humour grinçant, Homme pour homme nous rappelle que la négation de l'individu commence toujours de façon insidieuse. 

Homme pour homme de Bertolt Brecht, mise en scène Clément Poirée. Avec Bruno Blairet, Laure Calamy, Thibaut Corrion, Eddie Chignara, Pierre Giafferi, Anthony Paliotti, Patrick Paroux, Benjamin Wangermée. Au Théâtre de la Tempête, jusqu'au 16 février 2014, du mardi au samedi à 20h, dimanche 16h. Réservations au 01 43 28 36 36. durée : 2h10.