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31 mars 2015

Ancien malade des Hôpitaux de Paris de Daniel Pennac / Benjamin Guillard / Théâtre de l'Atelier

"Il se peut que j'exagère"

Au Théâtre de l'Atelier, Olivier Saladin, seul en scène, interprète la nouvelle de Daniel Pennac Ancien malade des Hôpitaux de Paris. Un long monologue plein de drôlerie mis en scène par Benjamin Guillard.

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Gérard Galvan, jeune interne ambitieux, est de garde pour le week-end. Venant à bout d'une journée éprouvante car surchargée en patients, il s'apprête à soigner le cas en apparence le plus bénin de cette journée : un monsieur discret qui "ne se sent pas très bien". Indication assez flou du mal qui ronge ce patient dont l'état va bizarrement se détériorer. Tout au long de la nuit, de nouveaux symptômes apparaissent, convoquant au chevet du patient tous les spécialistes de l'hôpital. Tous restent sans voix devant cette maladie mystérieuse.

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Vu comme cela, ça pourrait paraître sinistre. Bien au contraire ! Qui a lu la prose de Pennac connaît sa truculence, ici à son apogée. Il y a quelque chose de gargantuesque dans ce texte. Tout y est démesuré. Le plus trivial est raconté par le menu détail, dans un élan épique et poétique.

Mais si l'on rit autant c'est aussi grâce à l'interprétation d'Olivier Saladin, ancien Deschiens que l'on avait récemment découvert en critique de cinéma. De la cardiologue à la voix sensuelle au médecin à l'accent belge en passant par le responsable du scanner qui marmonne au téléphone, il campe avec dérision une multitude de personnages. La pièce est un vrai régal jusqu'au rebondissement final (ou plutôt aux rebondissements finaux) qui remettent en cause la vocation du jeune interne ambitieux. Mais au fait de quoi souffrait exactement ce malade ?
 
PS : Comme je vous le disais dans le dernier billet, les lecteurs du blog bénéficient d'un tarif préférentiel pour assister à ce spectacle.

Ancien malade des Hôpitaux de Paris de Daniel Pennac, mise en scène Benjamin Guillard. Avec Olivier Saladin. Au Théâtre de l'Atelier, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h, jusqu'au 6 juin 2015 (relâche exceptionnelle les 12 et 13 mai 2015).  Reprise jusqu'au 20 mars 2016. Réservations au 01 46 06 49 24. Durée : 1h15.

26 mars 2015

Théâtre de l'Atelier : un tarif préférentiel pour les lecteurs du blog !

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Le Théâtre de l'Atelier propose un tarif préférentiel aux lecteurs de Mes illusions comiques pour ses deux pièces actuellement à l'affiche.

Pour Les Années de Annie Ernaux, lecture effectuée par la comédienne Dominique Blanc, pour toute place achetée, une place sera offerte (jusqu'au 29 mars inclus, dans la limite des places disponibles).


Pour la pièce de Daniel Pennac Ancien malade des Hôpitaux de Paris, mise en scène par Benjamin Guillard et interprétée par Olivier Saladin, la place est à 15€ (+1,10€ de frais de location) au lieu de 34,10€ (jusqu'au 12 avril 2015, dans la limite des places disponibles).

Pour profiter de ces deux offres, il suffit de réserver directement à la billetterie du théâtre, par téléphone (01 46 06 49 24) et de bien mentionner le nom de code de cette promotion : "BLOGS"

17 mars 2015

Mesure de nos jours de Charlotte Delbo / Claude-Alice Peyrottes / Théâtre de l'Epée de Bois

"Seules leurs voix demeuraient ..."

Au Théâtre de l'Epée de bois, Claude-Alice Peyrottes adapte et met en scène Mesures de nos jours de Charlotte Delbo, écrivaine résistante rescapée des camps.

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Charlotte Delbo est une femme de théâtre. Secrétaire de Louis Jouvet, cette militante communiste décide de rejoindre la Résistance alors qu'elle participe à une tournée en Amérique latine. L'histoire dit que Jouvet tenta de la retenir ... en vain. C'était en 1941. Elle et son mari furent arrêtés un an plus tard. Lui, fusillé au Mont-Valérien ; elle déportée. Un convoi de 230 femmes parti de Compiègne direction Auschwitz, destination pourtant inhabituelle pour les déportées politiques. Quarante-neuf d'entre elles seulement en revinrent, vingt-sept mois plus tard. Avec une idée fixe : témoigner.

Mesures de nos jours est la troisième partie de l’œuvre intitulée "Auschwitz et après". L'ouvrage (dont la forme initiale n'est pas théâtrale précisons-le) se concentre sur la difficulté de reprendre le cours de sa vie après une telle épreuve. Charlotte Delbo fait témoigner quatre résistantes, ses compagnes de captivité, ainsi qu'une déportée juive qu'elle rencontra en maison de convalescence, à l'issue de la guerre.

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Photo : Stéphanie Petitjean


Six voix qui se mêlent et s'entremêlent pour raconter. A tour de rôle, chacune se lève pour livrer son histoire. Les autres écoutent, réagissent. Face à l'horreur de ce qu'elles ont vécu, elles font parfois, malgré tout, preuve d'humour. Est-il plus facile d'avoir un mari ancien déporté lui aussi ? L'une le croit, tant il lui est difficile de communiquer avec son époux. Mais une autre s'empresse de la détromper : les hommes sont de petites natures qui se remettent plus difficilement et geignent du matin au soir.

Le récit le plus poignant est sans nul doute celui d'Ida, la déportée juive que Charlotte rencontra à son retour. Ida Grinspan n'avait que 14 ans à son arrivée à Auschwitz. Le voyage et la déportation, Ida les a vécus seule, loin des siens car l'adolescente avait été placée en famille d'accueil à la campagne au début de la guerre. Une l'émotion renforcée par la présence dans la salle lors de cette représentation là d'Ida. Aujourd'hui octogénaire, Ida a lu et relu les écrits de Charlotte Delbo dont elle est restée très proche, jusqu'à la mort de l'écrivaine en 1985. Mais c'était la première fois qu'elle entendait ces mots, qu'elle se voyait sur scène. Alors forcément, à la fin de la pièce, ses larmes humectèrent les yeux de chaque spectateurs...


Loin d'être sombre, l'oeuvre de Charlotte Delbo nous montre aussi la force de cette amitié née de l'horreur. Les absentes, mortes là-bas, et les interrogations sur ce qui fait que telle a survécu et non telle autre sont au cœur de leurs discussions, certes, mais ce que met en valeur la pièce, c'est l'immense complicité de ces femmes. En cela elle apporte un message positif et porteur d'espoir. 

Mesures de nos jours de Charlotte Delbo, adaptation et mise en scène Claude-Alice Peyrottes. Avec Sophie Amaury, Sophie Caritté, Marie-Hélène Garnier, Claude-Alice Peyrottes, Maryse Ravera et Maud Rayer. Au Théâtre de l'Epée de bois (Cartoucherie de Vincennes), jeudi et vendredi 20h30, Samedi 20h et 16h, dimanche 16h, jusqu'au 22 mars 2015. Réservations au 01 48 08 39 74. Durée : 1h20.