Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12 novembre 2013

Terreur - Olympe de Gouges de Elsa Solal / Sylvie Pascaud / Théâtre du Lucernaire

 "Les petits factieux passent, 
Les grands caractères restent." 

olympe de gouges,elsa solal,sylvie pascaud,anne-sophie robin,lucernaire,théâtre,avis,critique,blog,panthéon

On pourrait presque dire qu'elle est désormais bankable, Olympe de Gouges ! La révolutionnaire, guillotinée en 1793, est en bonne voie pour la panthéonisation. Après une bande dessinée racontant sa vie, signée Catel et Bocquet, voici une pièce de théâtre : au Lucernaire, Sylvie Pascaud met en scène le très beau texte d'Elsa Solal.

Olympe peut-être bientôt au Panthéon vous disais-je. En entendant ce texte, on se dit en tout cas qu'elle y aurait pleinement sa place. Humaniste, Olympe de Gouges s'est opposée à Robespierre et à la violence de la Terreur. "Ce n'est pas le sang qui peut cimenter la Révolution" explique-t-elle. Un humanisme qui la pousse à militer contre l'esclavage et au nom duquel elle refuse l'exécution de Louis XVI et Marie-Antoinette. Féministe aussi : on lui doit la Déclaration de la femme et de la citoyenne. 

« La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune»  

olympe de gouges,elsa solal,sylvie pascaud,anne-sophie robin,lucernaire,théâtre,avis,critique,blog,panthéon

Sur la scène du Lucernaire, Anne-Sophie Robin incarne cette héroïne dont le discours semble si moderne. Quelques scènes de la fin de sa vie, entrecoupées par le son de la lame de la guillotine qui tombe. Effroyable bruit métallique qui nous rappelle, dès le début du récit, le funeste destin d'Olympe. On la retrouve notamment en conversation avec son ami Louis-Sébastien Mercier, écrivain et dramaturge. Un ami qui l'exorte à plus de modération. Il craint pour la vie d'Olympe, voudrait la voir quitter Paris, se mettre en retrait. Le quasi-lynchage public qu'elle vient de subir ne devrait-il pas la raisonner ? Olympe est une exaltée. Impossible pour elle de se taire, de renoncer à écrire même si cela la conduit en prison et devant le tribunal révolutionnaire. Droite dans ses bottines, face à Fouquier-Tinville, elle ne reniera rien, se défendant seule. Une vraie joute oratoire que ce face-à-face !

La pièce s'achève dans l'émotion : à la veille de son exécution, Olympe de Gouges écrit à son fils. Une lettre testament dans laquelle elle lègue "son coeur à la patrie" et "son âme aux femmes". 220 ans plus tard, ses mots résonne en nous. "Ma voix ne se taira pas" prédisait-elle. Et sur ce point là, comme sur beaucoup d'autres, elle fut une visionnaire. 

PS : Et si vous faisiez un tour sur la page Facebook du collectif qui milite pour faire entrer plus de femmes - dont Olympe de Gouges - au Panthéon ?

Terreur - Olympe de Gouges d'Elsa Solal, mise en scène Sylvie Pascaud. Avec Anne-Sophie Robin et en alternance Alain Granier, Martial Jacques et Gilles Nicolas. Au Théâtre du Lucernaire, du mardi au samedi à 18h30, jusqu'au 4 janvier 2014 (relâche exceptionnelle le 29 novembre). Durée 1h

Vendredi 15 novembre 2015, à l'issue de la représentation, un débat sera proposé avec notamment Olivier Blanc (historien) et Elsa Solal. Inscription au 01 42 22 66 87

 

Les commentaires sont fermés.