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04 septembre 2013

"Le Quatrième Mur" de Sorj Chalandon (roman)

Avant de me reprendre ma plume de façon intensive pour chroniquer les pièces de la rentrée, c'est d'un livre dont je vais ici vous parler. Un livre qui évoque le théâtre tout de même : Le Quatrième mur de Sorj Chalandon

L'auteur nous raconte l'histoire d'un metteur en scène qui, pour tenir une promesse faite à un ami mourant, va tenter de monter Antigone d'Anouilh en pleine guerre du Liban. Avec comme challenge supplémentaire de recruter un comédien dans chaque communauté.

sorj chalandon,le quatrieme mur,roman,liban,beyrouth,antigone,anouilh,guerreOn retrouve dans ce magnifique roman tout ce qui faisait déjà la force de Mon traître ou de Retour à Killybegs : un style simple mais qui saisit aux tripes, un sens du détail hérité des années de journalisme. Chalandon, lauréat du prix Albert Londres pour son travail sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie, a passé de longues années à la rédaction de Libération. C'est en journaliste qu'il nous décrit cette guerre du Liban.

On est en 1982. Georges, un jeune metteur en scène français, s'envole pour Beyrouth pour poursuivre l'oeuvre de son ami Sam, metteur en scène grec, condamné par un cancer. Un homme de paix que ce Sam, meurtri dans sa chair par les drames du XXe siècle : l'extermination des juifs de Salonique par les nazis puis la dictature des colonels.

Le projet est fou : faire taire les armes, pendant deux heures, le temps d'une représentation, sur ligne qui sépare les combattants. Dans la troupe, il y a Imane, la Palestinienne du camp de Chatila, Charbel dont le frère est sniper dans les milices phalangistes, Nakad le Druze, Nabil, Nimer et Hussein les Chiites ... "Voler deux heures à la guerre, en prélevant un cœur dans chaque camp", convaincre chacun de laisser jouer un des siens d'abord, de respecter le cessez-le-feu ensuite. Il faudra aussi gérer les tensions entre les comédiens. Georges se jette à corps perdu dans cette utopie. 
Il m'a regardé, il parlait un mauvais anglais.
- Et vous êtes venu faire la paix au Liban ?
Il ne se moquait pas. Il voulait m'entendre. J'ai souri. 
- Je veux juste donner à des adversaires une chance de se parler.
- A des ennemis.
- Si vous voulez.
- Se parler en récitant un texte qui n'est pas d'eux, c'est ça ?
- En travaillant ensemble autour d'un projet commun.
Il a rectifié la bretelle de son fusil d'assaut.
- C'est une forme de répit alors ?
J'aimais bien le mot. J'ai dit oui. Le théâtre était un répit. "
1982, c'est l'année des raids aériens israéliens au dessus de Beyrouth, l'année des massacres de Sabra et Chatila ... La haine entre chaque peuple est à son apogée. L'idéal de paix de Sam, la force du théâtre suffiront-ils à mener ce projet à bien ? 

Récit journalistiques des événement, disais-je, mais surtout formidable déclaration d'amour au théâtre que ce roman. Vous allez adorer ! 

Commentaires

Merci pour ce conseil de lecture.
Quant à moi, j'ai été emballée par Le Misanthrope à la Cigale. Si vous pouvez le mettre sur vos tablettes, je suis sûre que vous ne le regretterez pas!

Écrit par : anne | 05 septembre 2013

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