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19 mai 2013

Michel Fau remet Montherlant sur le devant de la scène avec "Demain il fera jour" au Théâtre de l'Oeuvre

Les pièces d'Henry de Montherlant sont rarement jouées aujourd'hui. La cause ? Probablement le positionnement politique de Montherlant, un peu trop à droite dans le paysage théâtral. Un dédain qu'on ne peut que regretter en voyant ce Demain il fera jour, mis en scène par Michel Fau. La pièce, suite de Fils de personne (1943), est actuellement à l'affiche au Théâtre de L'Oeuvre. 


La pièce fut créée quelques années après la Seconde Guerre Mondiale, en 1949. A l'époque, elle ne sut touver un écho favorable. Personne ne voulait entendre une telle histoire, les plaies étaient encore trop vives, les tensions toujours palpables entre ceux qui avaient résisté et ceux qui n'avaient rien fait.


Juin 1944. Georges Carrion (Michel Fau) est avocat. Pas vraiment collabo mais pas résistant non plus. Lorsque son fils de 17 ans (Loïc Mobihan) lui demande son feu vert pour entrer dans le Résistance, sa première réaction est un refus ferme. Pourquoi risquer sa vie, pourquoi se battre ? Les idéaux, visiblement ne font pas partie de son raisonnement. Carrion a défendu un Allemand durant l'Occupation et il comprend peu à peu qu'on pourrait bien lui reprocher cela, une fois la France libérée ... alors il fait volte-face : un fils résistant, ça lavera les "erreurs" du père.


Michel Fau a su créer une atmosphère oppressante grâce à un décor surrané et un éclairage façon sépia comme vous pouvez le voir ci-dessous dans le reportage que j'ai eu le plaisir de tourner pour France 3 Ile-de-France (notez au passage que la caméra encaisse assez mal l'éclairage orangé de la pièce)



Léa Drucker était l'invitée de Jean-Noël Mirande sur France 3 Ile-de-France samedi 18 mai 2013 pour présenter cette pièce. 



La pièce, très sombre, est fascinante : les rapports filiaux au sein de cette famille nous interpellent encore aujourd'hui, au delà du contexte historique. L'interprétation est irréprochable et le tout jeune Loïc Mobihan est à la hauteur de ses ainés. A 19 ans, il vient de réussir le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Talent à suivre, donc, et pièce à voir !


Demain il fera jour de Henry de Montherlant, mise en scène Michel Fau. Avec Léa Drucker, Michel Fau, Loïc Mobihan et Roman Girelli. Au Théâtre de l'Oeuvre, à 21h du mardi au samedi, matinées le samedi à 18h et le dimanche à 16h. Réservations : 01 44 53 88 88

Commentaires

Ce qui est agaçant, c'est que le commentateur articule "Morbihan" pour le nom de l'acteur alors que c'est "Mobihan", et ce n'est pas la première fois que j'entends ou lit son nom déformé.

Écrit par : anne | 19 mai 2013

J'ai vu la pièce samedi dernier.
Une merveille.
Un bel exercice de style, à vivre comme une tragédie antique, ou un opéra.
Le jeu des acteurs, totalement artificiel, pourrait être ridicule, or il est sublime parce que nous avons affaire à de grands, de très grands acteurs, et à un très beau texte.

Écrit par : Christophe | 27 mai 2013

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