Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23 décembre 2012

Calacas : l'éblouissante cavalcade de Zingaro au Fort d'Aubervilliers

calacas,zingaro,bartabas,aubervilliers,cheval,équitation,dressagePetite excursion en dehors du monde théâtral au sens strict pour vous parler d'un magnifique spectacle. Au Fort d'Aubervilliers, Bartabas et la troupe Zingaro reprennent pour la deuxième saison Calacas

Pour ceux qui - de retour d'un voyage intersidéral par exemple - n'auraient jamais entendu parler de Bartabas, sachez que les vraies stars de ses spectacles sont des chevaux. Des chevaux à qui le maitre et sa troupe font accomplir des prouesses. 

Nous voici embarqués pour le Mexique pour une célébration très festive des morts. En espagnol, Calacas signifie squelettes. Ceux-ci sont omniprésents dans le spectacle. Squelettes-danseurs, squelettes-cavaliers, squelettes-marionnettes ou encore squelette-cheval. Pourtant tout est gai dans ce spectacle. La musique des Chinchineros est entrainante et les cavalcades ennivrantes. Le spectateurs se retrouvent entre deux espaces scéniques concentriques, un peu comme entre la terre et les cieux. Les chevaux sont devant nous, autour de nous. Simplement magnifique.

Calacas est un hymne à la vie et à la liberté. La beauté de la mise en scène nous fait oublier la technique. Elle est pourtant bien là avec des piaffers, des pas espagnols et autres figures classiques dignes du Cadre Noir de Saumur. D'autres gestes, plus poétiques, laissent aussi entrapercevoir de longues heures de travail : des chevaux qui suivent une cavalière dans un magnifique caroussel alors que personne ne les dirige directement, un cheval qui fait le mort au sol alors qu'un cygne noir tourne autour de lui ou un autre qui monte sur une minuscule plateforme, les quatre sabots collés, et qui ne bouge pas d'un millimètre lorsque son dresseur fait tourner cette plateforme.

Lorsque l'on connait un peu les chevaux, on est forcément bouche bée. Et si vous n'y connaissez pas grand-chose, vous serez simplement envoutés. Au fond, qu'y-a-t-il de plus beau qu'un cheval blanc lancé au galop sans cavalier ?  

Calacas conception, scénographie et mise en scène : Bartabas. Avec : Laurence Dirou, Michael Gilbert, Noureddine Khalid, Mathias Lyon, Gaëlle Pollantru, Etienne  Regnier, Alice Seghier, Messaoud Zeggane. Musiciens : Sébastien Clément, François Marillier (percussionnistes), Pepa et Luis Toledo (chinchineros). Et les chevaux : Antonete, Arruza, Belmonte, Bombita, Cagancho, Calacas, Chamaco, Chicuelo, Conchita, Citron, Dominguin, Edwin, El Cordobes, El Gallo, El Soro, El Viti, Espartaco, Joselito, Lobero,  Majectic, Manolete, Manor, Manzanares, Nimeno, Paquiri, Phare  ouest,  Posada, Tarzan.
Au Fort d'Aubervilliers, du mardi au samedi à 20h30 (sauf jeudi) - dimanche à 17h30 (Relâche lundi et jeudi et le 25 décembre 2012). Réservations : www.bartabas.fr ou 08 92 681 891
En tournée ensuite à Mulhouse (Du 12/04/13 au 30/04/13, Parc des expositions), Genève (Du 28/05/13 au 07/07/13, Chapiteau Zingaro - Plaine de Plainpalais) et Bègles (Du 20/08/13 au 12/09/13). 

20 décembre 2012

"Par hasard et pas rasé" : Philippe Duquesne et Camille Grandville rendent hommage à Gainsbourg au Monfort

par hasard et pas rasé.jpg

"C'est pas marqué karaoké !"

Pour l'occasion, la  salle du Théâtre Silvia Monfort a subi une transformation radicale:  c'est dans un cabaret aux lumières tamisées que nous pénétrons pour ce spectacle-concert. Par hasard et pas rasé fait revivre le temps d'une pièce le mythe Gainsbourg.

L'ex-Deschiens Philippe Dequesne - co-auteur du spectacle avec Camille Grandville - y incarne un chanteur de bal un peu ringard qui pour un soir doit interpréter le répertoire de Gainsbourg.

Francky, son orchestre et ses choristes écument bals et cabarets, satisfaisant toutes les demandes. Nougaro, Gainsbourg ... qu'importe l'artiste pourvu qu'il y ait un cachet à la clef. Les voici donc sur scène, quelques heures avant leur concert et, à voir cette répétition, on se dit que c'est plutôt mal barré. A peine arrivés,  les musiciens partent faire l'apéro. Les choristes, elles, sont à la bourre. On rit devant tant d'amateurisme. L'ami Caouette en ouverture, façon grand spectacle de variété, continue de nous faire sourire à l'idée du show qui s'annonce. Nostalgie de ces orchestres populaires qu'on trouve encore dans les fêtes de village. Mais au fil des chansons, le chanteur de bal s'efface. Un peu comme si le fantôme de Gainsbourg venait s'emparer de son corps. Les mimique, la démarche : sans tomber dans l'imitation, Duquesne devient Gainsbourg.  

par hasard et pas rasé 2.jpg

La vie de Francky se mèle alors à celle de Serge. Les amours de l'un se confondent avec celles de l'autre. Sur un écran, Anne Benoit et Yolande Moreau apparaissent. Les choristes deviennent Jane et Bardot. En choisissant les chansons qui émaillent ce spectacle, Philippe Duquesne a voulu mettre en avant une partie du répertoire moins connue de l'artiste. Celle de Gainsbourg avant Gainsbarre, des albums du début des années 70. My lady héroïne, Histoire de  Melody Nelson ou encore, en guise de final, les sulfureuses Variations sur Marilou.

Pour autant, il ne s'agit pas d'une comédie musicale mais d'une vraie pièce de théâtre. Un spectacle parfait pour les fêtes de fin d'année, pas seulement destiné aux fans de l'Homme à tête de chou. À voir au Monfort jusqu'au 19 janvier 2013.

Par hasard et pas rasé, spectacle-concert de Camille Grandville & Philippe Duquesne. Avec Philippe Duquesne, Célia Catalifo, Valentine Carette (en alternance avec Célia Catalifo sur certaines dates) et Adeline Walter, Joël Bouquet (piano et arrangements), Patrice Soler (contrebasse), Guillaume Arbonville (batterie) et la participation filmée d’Anne Benoît & Yolande Moreau. Au Monfort Théâtre jusqu'au 19 janvier 2013, du mardi au samedi à 20h30 (représentation le 31 décembre ; relâches 25 décembre et le 1er janvier). Réservations : 01 56 08 33 88. Formule cabaret avec possibilité de restauration légère (ouverture des portes à 19h15).
En tournée : le 26 janvier 2013 Scène Nationale de Sénart, Combs la Ville, le 2 février 2013 à La Comédie de Reims, le 14 février 2013 au Théâtre de Béziers et le 15 février 2013 auThéâtre de Narbonne. 
 

15 décembre 2012

"Au plus simple" de Frédéric Tokarz au Cine XIII Théâtre

" Je viens pour un petit diner sympa 
pas prise de tête
et vous, vous montez un plan à la con ! "

Ne vous fiez pas au titre : pour écrire l'intrigue de sa pièce, Frédéric Tokarz n'a pas fait Au plus simple.  Une histoire d'amitié et d'amour à voir au Ciné XIII Théâtre

plussimple-3.jpg
Photo : Gilles Bureau

Il y a d'abord Tiphaine et Benoit. Un couple uni à qui  tout semble sourire : une nouvelle maison dans laquelle ils vont bientôt emménager, des vacances aux Seychelles. Une vie parfaite si ce n'étaient quelques problèmes financiers et la menace qui pèse sur l'emploi de Benoit. Pour se rassurer, celui-ci a donc décidé d'inviter à dîner son vieil ami Alex, devenu aujourd'hui son supérieur. Et puisque Tiphaine a de son côté convié Emilie, une amie fraîchement divorcée, pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups et caser ensemble ces deux coeurs esseulés ? Arrivé le premier, Alex flaire très vite le traquenard, refuse ce rendez-vous arrangé, menace de s'en aller. Alors pour sauver la soirée,  Benoit a une idée saugrenue : échanger leur rôle.  

plussimple-10.jpg
Photo : Gilles Bureau

Si chez Marivaux la supercherie révèle souvent le meilleur de chacun, ici cela va au contraire ranimer quelques vieilles rancoeurs et mettre au grand jour les secrets, les non-dits d'une amitié de 20 ans. Le regard d'Emilie sur le trio et ses remarques pleines de candeurs agissent comme un détonateur.

Frédéric Tokarz ne s'embarrasse pas de bons sentiments. Il n'hésite pas non plus à montrer les mauvais côtés, les petites lachetés de ces personnages. Aux côtés du couple Cendrine Ordier / Renaud Danner, Philippe Hérisson traine son blues du divorcé ayant renoncé à l'amour avec classe. Elsa Pasquier est parfaite dans ce rôle de fille enjouée et rieuse.

On rit jaune, on est parfois un peu mal à l'aise mais on ne peut qu'apprécier cette intrigue à tiroir, alliée à des dialogues assez fins.  

Au plus simple de Frédéric Tokarz. Avec Cendrine Orcier, Elsa Pasquier, Philippe Hérisson, Renaud Danner. Au Ciné XIII Théâtre, jusqu'au 5 janvier 2013. Réservations : 01 42 54 15 12.