Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20 novembre 2012

Hasard de la programmation : le Théâtre de la Tempête met aussi à l'affiche "Un chapeau de paille d'Italie", mis en scène par Gilles Bouillon

"J’étais dans mon cabriolet…

je traversais le bois de Vincennes…"

Non pas un mais deux Chapeau(x) de paille d'Italie à l'affiche en ce moment. Au Théâtre de la Tempête, c'est Gilles Bouillon qui signe la mise en scène. Et si celle-ci est plus classique que celle proposée par la Comédie-Française, elle n'en n'est pas moins intéressante.

Rappelons - brièvement - l'intrigue : Fadinard, jeune rentier, voit son cheval dévorer un chapeau de paille accroché à un arbre. Incident sans gravité si ce n'est que ce chapeau appartient à une femme mariée, en galante compagnie dans les bois. Rentrer tête nue l'exposerait aux soupçons de son mari : Fadinard doit impérativement remplacer ce chapeau et tant pis s'il avait autre chose de prévu ce jour-là, se marier en l'occurence. 

 critique,théâtre de la tempête,un chapeau de paille d'italie,labiche,gilles bouillon©Antonia Bozzi

Cela débute par un rêve, petite liberté prise avec l'oeuvre originale : sur la scène, un centaure déguisé en mariée, un homme avec une tête en myrte et une horloge dont les aiguilles tournent à l'envers. Fadinard dort sur son lit. Instant de répit avant la course folle qui va débuter. Pour ne laisser retomber à aucun moment le soufflé, Gilles Bouillon a opté pour une mise en scène bien rythmée: les cinq actes sont présentés sans pause et, pendant les changements de décor, Fadinard et sa noce poursuivent leur  quête à travers Paris sur l'avant-scène. Une jolie façon de nous tenir en haleine.

Côté décor et costumes, on est à l'époque de Labiche sans tomber dans une reconstitution trop minitieuse qui empèserait le tout. Il faut que cela bouge, que cela aille vite et en cela le contrat est bien rempli. Les interprêtes sont à la hauteur de l'intrigue. Frédéric Cherboeuf (Fadinard) et Jean-Luc Guitton (Nonancourt) notamment, mais soulignons aussi la prestation des jeunes comédiennes : Julie Roux (Helène), Camille Blouet (Clara la modiste) et Juliette Chaigneau (Anaïs, la femme volage) sont lumineuses. Tous chantent et jouent de la musique en plus !

 

critique,théâtre de la tempête,un chapeau de paille d'italie,labiche,gilles bouillon©Antonia Bozzi

Après avoir vu les deux versions à quelques jours d'écart, une évidence s'impose : cette pièce recèle en elle tous les ingrédients du succès, au-delà des mises-en-scène que l'on peut en faire. La mécanique est bien huilée, les dialogues vraiment drôles et les situations toujours cocasses. Pour l'anecdote, lors de la création de la pièce en 1851, le directeur du Palais Royal pensait que cela ferait un bide ... l'histoire dit qu'au lendemain de la première, un spectateur fut frappé d'apoplexie, mort de rire. Peut-être n'est-ce qu'une légende mais vous voilà avertis !

Un chapeau de paille d’Italie de Eugène Labiche, mise en scène Gilles Bouillon. Avec Frédéric Cherboeuf, Jean-Luc Guitton, Cécile Bouillot, Stéphane Comby, Xavier Guittet, Denis Léger-Milhau, Léon Napias, Marc Siemiatycki et les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre: Clément Bertani, Camille Blouet,  Juliette  Chaigneau,  Laure Coignard,  Julie Roux, Mikael Teyssié, Charlotte Barbier ; musicien Alain Bruel.
Au Théâtre de la Tempête, jusqu'au 16 décembre 2012, 
du mardi au samedi 20h, dimanche 16h.
Réservations au 01 43 28 36 36. 

Les commentaires sont fermés.