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13 octobre 2012

La Scaphandrière : une plongée onirique dans le monde de l'adolescence. A voir au Théâtre de Chaillot

"Quand il pleut des larmes,
concentre ton regard vers la lumière"

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Photo : Christophe Raynaud De Lage 

C'est une plongée dans l'univers des adolescents que nous propose Olivier Letellier avec La Scaphandrière. Le metteur en scène a commandé ce texte au dramaturge québécois Daniel Danis. Un conte sur la famille porté sur scène par le jeune comédien Julien Frégé.

L'histoire est à la fois parfaitement plausible et fortement symbolique : Pierre-Aimé vit dans une famille pauvre, dans une ville où la seule perspective d'enrichissement se trouve au fond du lac. Un lac aux eaux toxiques où les coquillages recèlent de très rares perles rouges. Un à un, les membres de la famille de Pierre-Aimé s'essaieront à cette pêche miraculeuse. L'argent semble facile à gagner mais il faut mettre en péril sa santé (l'eau du lac crée une addiction chez les plongeurs) et les parents de Pierre-Aimé y perdent la vie. Le jeune adolescent reste seul avec sa grande soeur, Philomène. Elle aussi va plonger dans les eaux du lac ...

La mort, l'addiction, la tentation de prendre le mauvais chemin : la pièce aborde des thèmes graves sans jamais tomber dans le pathos. Julien Frégé alterne les scènes comiques et les passages plus graves avec tact. La pièce s'achève sur un beau message d'espoir. Pas une "happy end" mièvre, juste une nouvelle chance, un nouveau départ. 

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Photo : Christophe Raynaud De Lage 

Le décor est simple (un lit sur un plateau nu) mais la scénographie est très travaillée. Le jeu s'appuie sur une petite caméra. Grace à celle-ci, le comédien expose des parties de son corps - yeux, bouche, mains - sur le mur de scène. Un dispositif technique qui permet de donner vie à certains personnages de cette histoire. La lumière et la musique contribuent à créer une atmosphère onirique. 

La difficulté lorsque l'on veut parler à des adolescents est de trouver le ton juste, le bon langage : ne pas leur parler comme à des enfants, ne pas non plus passer pour ringard en employant un parler "jeun's" déjà dépassé. Au vu de la réaction des élèves présents le jour de la représentation, le pari semble réussi. Et nous, adultes, nous retrouvons aussi hypnotisés par ce récit.

La Scaphandrière de Daniel Danis, mise en scène Olivier Letellier, scénographie d’image Ludovic Fouquet, musique, création vidéo, système interactif, régie son et vidéo Didier Léglise. Avec Julien Frégé. À partir de 10 ans. Durée : 1h10

Au Théâtre de Chaillot (Salle Gémier), les samedi 13 octobre 2012 (15h et 20h30), mardi 16 (14h30), mercredi 17 (14h30), jeudi 18 (14h30), vendredi 19 (14h30 et 20h30) et samedi 20 octobre 2012 (15h). Représentations adaptées en langue des signes française : 16 et 18 octobre à 14h30, 20 octobre à 15h.

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