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24 février 2012

"Il faut je ne veux pas" : un petit bijou magnifiquement orchestré par Besset au Théâtre de l'Oeuvre

" Dites-moi un peu,
vous qui avez le sens commun,
qu’est-ce que signifie cette chose-là :
faire la cour à une femme ? "

il faut je ne veux as,il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée,alfred de musset,je ne veux pas me marier,jean-marie besset,théâtre de l'oeuvre,blanche leleu,chloé olivères et adrien melinIl faut je ne veux pas : derrière ce titre se cachent en réalité deux pièces. La première, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, a été écrite par Alfred de Musset en 1845. Une pièce assez peu jouée aujourd'hui dont on découvre, avec un grand plaisir, la beauté du texte dans la bouche des comédiens. La seconde, Je ne veux pas me marier, est plus récente (2008) et signée du metteur en scène de ce spectacle, Jean-Marie Besset.

Présentée l'une après l'autre, ces deux pièces deviennent une  oeuvre à part entière tant elles se répondent et se complètent. Ce que nous montre Besset dans cet assemblage c'est que, par delà les siècles, le face à face amoureux n'a guère changé. "Vieux refrain, orchestration nouvelle" résume l'auteur et metteur en scène. "D'où vient cette science qu'ont les femmes pour réformer les hommes qui les aiment ? Les adapter constamment à leurs besoins, à leurs désirs ? Renouveler le lien du couple ?"

Une marquise corsetée qui malmène son prétendant en rejetant les formules d'amour toutes faites et refusant qu'on lui fasse la cour. Une future mariée, perdue au milieu des cartons de table à la veille de ses noces, qui  doute et remet tout en cause, au désespoir de son promis. L'une est blonde (Blanche Leleu), l'autre brune (Chloé Olivères) mais ces deux trentenaires  se ressemblent tant,  toute deux en quête d'absolu et rejètant la facilité de certaines relations amoureuses. Face à elles, le même amoureux (Adrien Melin) un peu désarmé, le chapeau haut de forme ou le manteau à la main, ne sachant jamais s'il doit partir ou rester, s'il faut croire ces mots si durs ou s'il faut comprendre le contraire ...

Les trois comédiens sont brillants (Adrien Melin est cependant légèrement meilleur dans le rôle contemporain que chez Musset) et la mise en scène vraiment, vraiment réussie. On appréciera le passage d'une histoire à l'autre: comme dans un déménagement, la maîtresse de maison indique quels objets emporter et laisse place à la nouvelle occupante des lieux qui fait installer ses effets.

Outre cette jolie mise en scène, Jean-Marie Besset réussit à mettre en musique son propre texte, face  aux mots de Musset, si beaux. Il nous livre un décryptage parfait du couple sans jamais tomber dans le théâtre de boulevard et les jeux de mots vaseux. Une finesse qui fait mouche : on rit beaucoup, on se reconnaît souvent, surtout lorsque l'on est soi-même une fille de trente ans (avouons-le, tout aussi prise de tête que les deux héroïnes).

Il faut je ne veux pas d'Alfred de Musset et Jean-Marie Besset, mise en scène de Jean-Marie Besset. Avec Blanche Leleu, Chloé Olivères et Adrien Melin. Au Théâtre de l'Oeuvre, Du mardi au samedi à 21h00, en matinée le samedi à 18h30 et le dimanche à 15h30. Réservations : 01 44 53 88 88

Commentaires

J'ai vu comme vous "Il faut je ne veux pas"... sauf que je l'ai vu trois fois! C'est dire que, malgré les défauts de la pièce de Besset, trop bavarde (n'est pas Musset qui veut), j'y ai pris un extrême plaisir, tant la mise en scène et les acteurs sont brillants. Et j'ai vu hier "Jacques et son maître" à la Pépinière: une excellente soirée grâce à la complicité du couple Pignot/Briançon et à l'allégresse du propos de Diderot/Kundera.

Écrit par : anne | 29 février 2012

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