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05 décembre 2011

La Comédie-Française nous émeut avec "Le Petit Prince" au Studio Théâtre

"On risque de pleurer un peu
si l’on s’est laissé apprivoiser..."


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Il y a des oeuvres avec lesquelles ont n'a pas le droit à l'erreur. Des monuments auxquels on ne peut porter atteinte. A mes yeux, Le Petit Prince en fait partie. Aussi, on ne peut que doublement saluer le travail d'Aurélien Recoing : pour  la prise de risque d'abord, mais aussi pour avoir aussi bien réussi cette adaptation. Une réussite qui doit beaucoup à la scénographie de Muriel Trembleau.

Tout y est. A commencer par la poésie. Il faut voir le narrateur, incarné par Christian Gonon, débuter son récit tout en faisant des tours de magie, cartes à jouer en main. Les enfants sourient mais ne perdent pas une miette du discours, d'autant qu'il s'agit de souligner que les grandes personnes ne comprennent jamais rien. Échange de sourires complices. Et puis bientôt, ce n'est plus à nous qu'il parle mais à lui même. Merveilleuse prestation de Christian Gonon qui porte ce spectacle de bout en bout et nous émeut aux larmes. On est avec lui au milieu du désert, au pied d'une silhouette d'avion noire.

Grande fidélité à l'oeuvre. Au texte mais aussi aux illustrations pour les costumes. Et cela avec seulement quatre comédiens. Pourtant, aucun personnage ne manque : le roi, le vaniteux, l'ivrogne, le businessman, l'allumeur de réverbères ... ils sont tous là, interprêtés par un seul et même comédien, Christian Blanc. Changement de veste, de chapeau, quelques accessoires, un peu de fard sur les pommettes puis sur le nez ... Hop ! Le tour est joué : on saute de planète en planète avec le Petit Prince pour découvrir ces personnages un peu farfelus.

Et puis il y a la rose, si fragile et si vaniteuse, Suliane Brahim, sublime comme d'habitude.

Spectacle réussi donc, aussi permettons-nous de chipoter un peu. Benjamin Jungers, très bon interprête, a la blondeur du Petit Prince mais pas la taille : un peu grandet !  (oui, bon je sais, il faut savoir faire preuve d'abstraction) La pureté et l'ingénuité sont là mais il manque un peu d'enfance et de fragilité. Et puis il y a la rencontre avec le renard. Lire ce passage du livre, ou simplement l'évoquer, me met normalement les larmes aux yeux. Pas ici : le renard (Christian Gonon également) est un peu agressif, trop rugissant. Au lieu d'un animal fuyant et apeuré, on est face à un fauve. Alors la douceur et la mélancolie ne sont pas au rendez-vous et le "J’y gagne, à cause de la couleur du blé" tombe un peu à plat. Qu'importe, j'ai tout de même versé ma larme à la fin.

Et comme je suis sure que vous êtes tous des enfants bien sages, voici un petit bonus :

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, mise en scène d’Aurélien Recoing. Avec Christian Blanc, Christian Gonon, Benjamin Jungers et Suliane Brahim. Au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, du 24 novembre 2011 au 8 janvier 2012 à 18h30. Réservations : 01 44 58 98 58.
Le spectacle sera repris en décembre 2012 au Théâtre de l’Ouest Parisien à Boulogne.

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