Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29 novembre 2011

Le Lucernaire, l'Odéon et le TNP rendent hommage à Laurent Terzieff

C'est mon plus grand regret de théâtrophile : ne jamais avoir vu Laurent Terzieff sur scène. Comment ai-je pu rater cela ? Les aléas du quotidien, les  "j'irai plus tard." Et puis le "plus tard" devient impossible...

Cela fait à présent un an que Laurent Terzieff n'est plus. Trois théâtres se sont alliés pour lui rendre un bel hommage : Le Lucernaire et l'Odéon à Paris, le TNP à Villeurbanne.

Une très belle exposition pour commencer, au Lucernaire, théâtre où Laurent Terzieff a tant joué. Des affiches, des photos de pièces et de films  (Terzieff a tourné dans 65 long-métrages), quelques maquettes, de nombreux documents ... mais aussi la voix de Terzieff grâce à des lectures enregistrées  de textes qu'il affectionnait : Rilke, Milosz, Brecht. "Pour que le comédien soit véritablement un passeur, et non seulement un diseur, ou un 'bien-disant' comme on dit péjorativement, il faut qu'il ait envie de nous faire partager, comme on partage un secret, le plaisir qu'il a éprouvé en découvrant le poême, même si cette découverte est ancienne. Cela suppose que le comédien ne devrait dire que les poètes occupant une place privilégiée dans son esprit" disait Terzieff.

Un hommage qui se devait aussi d'être sur scène. A l'Odéon, c'est une lecture qui sera proposée, le 5 décembre prochain, avec Anne Alvaro, Christophe Maltot et  Benjamin Bellecour (qui donna la réplique à Terzieff en 2006 dans Mon lit en zinc de David Hare).   

Laurent Terzieff, du visible à l’invisible exposition d'archives et de photographies  au Théâtre du Lucernaire, tous les jours de 14h à 22h (entrée libre), jusqu'au 1er janvier 2012. 
Hommage à Laurent Terzieff : Le Théâtre comme engagement à l'Odéon - Théâtre de l'Europe,  lundi 5 décembre à 20h. Réservation : 01 44 85 40 40.
Mais aussi cycle Laurent Terzieff au cinéma au Lucernaire, exposition de portraits sous les arcades de l'Odéon, soirée au Théâtre National Populaire à Villeurbanne ... Programme détaillé

22 novembre 2011

Avignon Off 2012 : du 7 au 28 juillet

image001.jpgHier se tenait l'Assemblée générale de l’association Avignon Festival & Compagnies qui gère le Festival Off. Une assemblée générale au cours de laquelle les dates du festival Off 2012 ont été fixées : ce sera donc du samedi 7 au samedi 28 juillet 2012.

D'autres décisions ont également été prises au cours de cette assemblée, voici un extrait du communiqué :

"L'assemblée générale a également validé les perspectives suivantes :
1 - La mise en place du Collège C, composé de personnalités de la société civile, de représentants des institutions et organismes culturels ainsi que d'acteurs économiques locaux prenant en compte la spécificité du OFF.
2 - La poursuite du développement:
- des publics et des professionnels à travers le site internet, les réseaux sociaux, le maillage des théâtres et festivals partenaires,
- Des partenariats internationaux à travers une semaine internationale du OFF.
3 - La mise en place :
- de résidences de création en automne ou au printemps,
- d'une Agence Technique du OFF (centre de ressources des lieux, mutualisation de moyens : aide juridique et technique, billetterie informatisée, réservations et vente de billets en lignes, locations et achats groupés de matériel),
- d’un catalogue des lieux, destiné aux compagnies et aux professionnels.
4 - La pérennisation de la présidence pendant 3 ans à partir de 2012.

Par ailleurs, devant l'importance de cette manifestation unique dans le paysage culturel national, le Ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand, a voulu marquer l'attachement de l'Etat à ce bouillonnement annuel de la création porteur d’une vision sans cesse renouvelée de la démocratisation culturelle en lui allouant pour la première fois une subvention. Ce geste de reconnaissance à l'égard des artistes et du travail accompli par Avignon Festival & Compagnies permettra l’organisation, au printemps prochain, d’une table ronde sur le OFF, ses enjeux et ses perspectives."

21 novembre 2011

"L'Ecole des femmes" à la Comédie-Française, mise en scène de Jacques Lassalle

L-Ecole-des-femmes_imagesspectaclesalle.jpg "L'une est moitié suprême,
et l'autre subalterne :
L'une en tout est soumise
à l'autre qui gouverne."


Mise à jour de l'article le 25 septembre 2012 :

Reprise de L'Ecole des femmes (mise en scène de Jacques Lassalle), au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française, du 25 septembre au 28 octobre 2012. Plusieurs modifications ont été effectuées dans la distribution depuis l'écriture de cet article en novembre 2011 : Adeline d'Hermy reprend le rôle tenu par Julie-Marie Parmentier, Yves Gasc et Simon Eine sont remplacés par Andrzej Seweryn et Christian Blanc.  

Pour la quatrième fois, Jacques Lassalle s'attaque à cette oeuvre de Molière. La troisième c'était en octobre 2011, à Varsovie et en polonais.

C'est à Thierry Hancisse et Julie-Marie Parmentier qu'incombent d'incarner Arnolphe et Agnès. Et le duo fonctionne plutôt bien. Elle, douce et joyeuse, coud des bonnets dans la maison où il la tient recluse. Lui a quelque chose de machiavélique qui nous fait froid dans le dos par instant. Car, finalement, qu'est-ce qu'Arnolphe sinon un monstre qui a élevé une enfant dans le seul but d'en faire sa femme ? La même histoire transposée aujourd'hui figurerait dans la rubrique des faits divers, à bien y réfléchir (Lassalle fait d'ailleurs lui même référence à Natacha Kampusch, cette jeune autrichienne enlevée et séquestrée dans une cave pendant huit ans ) . Mais cet Arnolphe-là peut aussi nous émouvoir tant son amour, et sa jalousie, pour Agnès sont grands. Dans le rôle d'Horace : Jérémy Lopez. Un amoureux assez fou pour franchir les murailles mais pas assez courageux pour affronter ses ainés. Jacques Lassalle nous présente ainsi un Horace coincée entre deux figures paternelles - son père et Arnolphe chez qui il vient naïvement chercher du réconfort - un gamin encore immature qui s'efface devant les adultes. Et malgré la fin heureuse, c'est avec une Agnès pleine de désillusion que s'achève la pièce, Agnès qui quitte la scène sans un regard pour son promis pour qui elle semble ne plus avoir ni amour ni respect. A ce  brillant trio, rajoutons, Céline Samie et Pierre Louis-Calixte dans les rôles de Georgette et Alain, les serviteurs chargés de surveiller Agnès. Les deux comédiens jouent à merveille les nigauds, frustres mais heureux de leur vie au grand air.

Une lecture de l'oeuvre intéressante et de bons acteurs donc. Je serai plus réservée sur la scénographie. La maison où Agnès est recluse est sur une île, au milieu d'un lac. On y accède soit par barque sur par un radeau actionné par un système de poulie. Autour de la maison, un petit jardin et un arbre en carton (ou du moins, la silhouette d'un arbre). Le reste de l'action se déroule sur l'avant-scène. La maison est alors dissimulée par une toile peinte figurant une rue. Par un jeu de transparence, on aperçoit parfois la maison. Un décor qui ne fait pas vraiment rêver. A cela, il faut ajouter une bande sonore - clapotis du lac et pépiements d'oiseaux - agaçante au possible et masquant parfois les dialogues. Dommage, cela aurait pu être un spectacle mémorable.

L'Ecole des femmes de Molière, mise en scène par Jacques Lassalle. Avec Yves Gasc, Simon Eine, Thierry Hancisse, Andrzej Seweryn, Christian BlancCéline Samie, Pierre Louis-Calixte, Gilles David, Julie-Marie Parmentier, Jérémy Lopez et Adeline d'Hermy. A la Comédie-Française, salle Richelieu, jusqu'au 6 janvier 2012 (en alternance). Réservations : 0 825 10 1680

Reprise au Théâtre Ephémère du 25 septembre au 28 octobre 2012

A lire aussi : La Critique de l'école des femmes, mise en scène par Clément Hervieu-Léger.