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30 octobre 2011

Dan Jemmett, pas à son meilleur, enchaîne Cantona dans Ubu

"Tu veux assommer les passants ?"

Je crois vous avoir déjà dit à quel point j'appréciais le travail de Dan Jemmett. J'ai beaucoup aimé ses mises-en-scène des Précieuses ridicules et de La Grande magie à la Comédie-Française mais surtout sa Comédie des erreurs aux Bouffes du Nord. Alors quand j'ai découvert que Mister Jemmett s'attaquait au personnage d'Ubu, je n'ai pas voulu attendre les représentations parisiennes et j'ai fait le déplacement jusqu'à la Scène Nationale de Sénart à Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne. Que Jemmett confie le rôle de Père Ubu à Eric Cantona contribuait, en outre,  à aiguiser ma curiosité.

Ubu enchaîné, c'est la suite de Ubu Roi. Après avoir conquis puis reperdu, dans le sang, le trône de Pologne, Père Ubu et sa femme, ici interprêtée par Valérie Crouzet, viennent en France. Leur idée : devenir esclave pour enfin être tranquilles. Une idée de l'esclavage toute ubuesque puisque, voulant se mettre au service d'une jeune fille, ils la maltraitent et  bousculent quelque peu son entourage, avant de finir en prison puis aux galères. Une pièce rarement jouée dont Dan Jemmett nous propose une adaptation (avec des coupes mais aussi un enrichissement du texte avec d'autres oeuvres d'Alfred Jarry selon nos confrères de Télérama).

Disons-le franchement : je fus profondément déçue !

Voilà Père et Mère Ubu captifs d'un petit théâtre de guignol, scène sur la scène, au milieu d'une cuisine rétro. Le propriétaire des lieux, est un petit Monsieur méticuleux (Giovanni Calo) en costume trois pièces et parapluie. Un look british mais un accent latin à couper au couteau, rendant parfois le texte difficilement compréhensible.

C'est dans cette cuisine que se déroule toute l'intrigue : en prenant son petit déjeuner, le petit Monsieur anime les ustensiles et les victuailles - théière, toasts, oeufs- tels des marionnettes et compose ainsi tous les personnages. Difficile de suivre l'intrigue ! A plusieurs reprises, il se lève et ouvre le rideau rouge qui dissimule Père Ubu et sa femme. Ce sont là les seuls passages  à peu près intéressants de la pièce : les mots d'Ubu - Cornegidouille, chandelle verte et autre bouzine - collent bien au phrasé et à la gouaille de l'ex-star du ballon rond ; Mère Ubu est, elle, vulgaire et grimaçante à souhait.

Oui mais voilà, on se lasse vite de ces incessantes ouvertures/fermetures de rideau et ce qui se passe en dehors est ennuyeux au possible. Et puis, tout au long du spectacle, King Eric reste assis dans son trône. Certes, il se penche vers nous, s'avance menaçant, nous arrangue mais il faudra attendre les saluts pour voir se déployer sa carcasse.

Déjà, dans Face au Paradis (mis en scène par Rachida Brakni) Canto était réduit à l'immobilité, couché au sol et coincé dans les décombres d'un centre commercial. J'ai toujours cru que le principal atout d'un footballeur était son jeu de jambes. Visiblement, les metteurs en scène ne sont pas de mon avis ... ou alors veulent-ils éviter la prise de risque avec un comédien débutant, mal à l'aise avec les déplacements sur scène ?

Une heure dix, c'est très court, mais cela peut paraitre très long lorsque l'on s'ennuie ! Au moment des saluts, je me suis rappelée que Dan Jemmett avait aussi signé la mise-en-scène du Donneur de Bain au Théâtre Marigny. Ce blog n'existait pas encore, sinon j'aurais également pu vous raconter combien cette pièce m'avait déplu ... Du plaisir à la souffrance, au théâtre, il n'y a souvent qu'un pas !

Ubu enchainé d'Alfred Jarry, mise en scène de Dan Jemmett. Avec Eric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo. En tournée dans les Scènes nationales puis au Théâtre de l'Athénée, du 16 mars au 14 avril 2012.

Commentaires

Quelle déception cette pière Ubu enchaîné, le 21/02/2012 à Arcachon Olympia.
A peine une heure de spectacle (c'est suffisant tellement on s'est ennuyé) au lieu d'une heure et 45 minutes annoncée dans la presse.
Vous parlez de salut à la fin de la pièce pour voir Cantona déplié! et bien nous pas de salut à la fin, rien, nada : lumières dans la salle et pas d'acteurs pour saluer le public ! C'est peut-être dans le prolongment de la pièce, c'est le père Ubu qui décide ! Cantona décide pour les deux autres acteurs? Valérie Crouzet et Giovanni Calo sont aux ordres de ce Monsieur Cantona tellement mauvais comme acteur ! Il a le meon ce Cantona. Je regrette de lui avoir donné de l'argent ; j'aurais dû le verser à la fondation de l'Abbé Pierre Emmaüs!!!

Écrit par : CARTIERE | 22 février 2012

Bonjour du Val d'essonne!
A Corbeil, " Ubu"? chouette..Ouah, avec Cantona et une chouette comédienne? Banco, on réserve : 4 sexa un peu cultivés (!) Allez, au plaisir de Jarry!
Hou la,la ! c'est plus du surréalisme, c'est du n'importe quoi! Texte incompréhensible du " p'tit en mi-deuil", éructations de " l'alligator en fauteuil", vomissements d'une furie criarde !!! Quest-ce qu'y disent????
Bref, même si la sono. n'est pas toujours excellente dans ce théâtre, là ..c'est l'bouquet;
Un peu plus d'1 heure à se dire: " ça va p'être s'arranger!" Eh bien : non !
En plus...une musique aux décibels incontrôlés , à se mettre des boules Quiès, affreux !
Bon ! déçus , vous l'avez compris, nous avons décidés de relire Jarry dans nos fauteuils....Et là....nous avons compris ...et apprécié.
Bien l'bonsoir chez vous! Cordialement.

Écrit par : NEVEUX Michel | 10 mars 2012

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