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05 octobre 2011

Galin Stoev et la Comédie-Française illuminent "Le jeu de l'amour et du hasard"

"Ce superflu−là sera mon nécessaire."

La Comédie-Française au 104 pour quelques représentations : si vous avez raté cette information-là, c'est que vous étiez en voyage sur une autre planète ! Une des multiples actualités de la maison de Molière en cette rentrée pour elle TRES chargée (je vous parlerai bientôt de l'exposition au Petit Palais).

Cap donc sur le 19ème arrondissement et le très moderne 104 - un lieu de culture installé depuis 3 ans dans les anciens locaux des pompes funèbres municipales - pour voir Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux*.  Sur le papier, il y avait de quoi se réjouir en lisant la distribution et l'on ne fut pas déçu. L'histoire : Silvia est promise à Dorante. Avant d'accepter le mariage, elle veut le voir sous son vrai jour en se présentant à lui dans le costume de sa servante Lisette. Idée tellement judicieuse que Dorante a eu exactement la même, laissant son rôle à son valet Arlequin.

De Galin Stoev, je gardais en mémoire la mise en scène très sombre de L'Illusion comique, salle Richelieu il y a deux saisons. Alors devant Le Jeu de l'amour et du Hasard, c'est d'abord la couleur qui m'a le plus surprise. Du pastel dans les costumes et des motifs muraux fleuris. Le tout  donnant une impression de fraicheur et de gaité, dans un style 18ème siècle.

Dans un style seulement car les tenues de ces demoiselles - Léonie Simaga  dans le rôle de Silvia et Suliane Brahim dans celui de Lisette - sont beaucoup plus sexy qu'au siècle de Marivaux et les décors tout à fait modernes (des cases en acier et quelques chaises). Et puis à ma connaissance, il n'y avait pas de chamallows au temps de Marivaux. Des chamallows qui nous valent chez Stoev une discussion cocasse, bouches pleines de ces friandises spongieuses, entre Orgon (le toujours clownesque Christian Hecq) et Lisette (qui en matière de sucrerie à déjà une perruque qui ressemble à une barbe à papa !). 

Un régal donc que cette pièce-là. Les interprêtes sont tous très justes. Outre les trois déjà cités, on retrouve Pierre Louis-Calixte, dans le rôle d'Arlequin endossant le costume de son maitre, et le tout jeune Pierre Niney dans le rôle du fantasque Mario, inventeur fou (quelle drôle mais bonne idée). Mais il y a surtout Alexandre Pavloff dans le rôle de Dorante. Bouleversant lorsqu'il tombe sous les charmes de Silvia qu'il croit n'être qu'une servante. Son jeu tout en sobriété nous laisse pourtant deviner son combat intérieur : faut-il oser franchir la barrière sociale et aimer librement ? Et son émotion frappe juste, nous touche en plein coeur. Trop rare Alexandre Pavloff qu'on aimerait voir beaucoup plus souvent distribué sur la scène du Français. 

Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, mise en scène par Galin Stoev. Avec Alexandre Pavloff, Léonie Simaga, Pierre Louis-Calixte, Christian Hecq, Suliane Brahim et Pierre Niney. Comédie-Française, A partir du 11 octobre 2011, c'est Salle Richelieu que se joue la pièce. Jusqu'au 31 décembre 2011. Réservation : 0 825 10 1680.

Commentaires

Entièrement d'accord sur la trop grande rareté de Pavloff. Il avait été un très grand Néron (composition moderne, très inquiétante) au Vieux-Colombier. Enfin, là, il semble avoir un rôle à sa mesure. J'ai hâte de le voir, et j'espère que cela sera aussi repris la saison prochaine. Savez-vous si c'est le succès ou une autre raison qui décide de la poursuite d'un spectacle pour une seconde saison?

Écrit par : anne | 06 octobre 2011

Je pense que le succès doit influencer la reprise d'une pièce mais est-ce le seul critère ? Je vous promets de poser la question la prochaine fois que je vais faire un reportage à la Comédie-Française !

Écrit par : Audrey | 07 octobre 2011

Cela me fait penser que je crois que je ne l'ai jamais lue ! Ou peut-être que je ne l'ai pas finie, car je me souviens très précisément du début... Eh bien, je crois que je vais la reprendre !

Écrit par : Minyu | 08 octobre 2011

Faites-vous souvent des reportages au Français ?

Écrit par : Minyu | 08 octobre 2011

En général, une pièce par an, parfois 2 les bonnes années ...

Écrit par : Audrey | 09 octobre 2011

Cette pièce, actuellement jouée à la salle Richelieu, est une pure merveille !
Tous les acteurs, sans exception, jouent merveilleusement bien : une exceptionnelle Léonie Simaga (qui était déjà époustoufflante il y a quelques mois dans l'Opéra de quat'sous), un génial Alexandre Pavioff, d'irréprochables Christian Hecq et Suliane Brahim, un Pierre Louis-Calixte dont le jeu est toujours aussi plaisant, et un Pierre Niney très prometteur pour la suite de sa carrière. Ils méritent clairement une « ovation debout » lors de leurs représentations !

Écrit par : Julien ÉLIE | 23 octobre 2011

C'est un excellent spectacle, peut-être pas indépassable pourtant. Le jeu très moderne du quatuor est fort plaisant, mais à certains moment, on n'entend pas très bien le dialogue de Marivaux, comme si ses finesses n'étaient pas adaptées à ce jeu rapide. J'ai été gênée aussi par le fait que Lisette, présentée comme un personnage d'une grande finesse (merveilleuse Suliane Brahim, la plus grande des "jeunes " du Français actuellement), se laisse prendre à un "Dorante" joué de manière très plébéienne et volontairement gauche par Calixte: cela crée un problème de vraisemblance. Et l'on m'avait tellement vanté Pavloff que j'ai été un peu déçue finalement: il est quelque peu fade. Donc une très-très bonne soirée, mais pas pour autant le "Jeu" du siècle (qui commence...)

Écrit par : anne | 26 octobre 2011

Incroyable ! Personne ne dit qu'au théâtre éphémère, cette pièce est inaudible à partir du quinzième rang ! Évidemment, les critiques sont toujours placés aux premières loges !... Ayant assisté à la pièce au rang "X" (cela va jusqu'à "Z"), je n'ai pas entendu les trois quarts de la pièce. Les acteurs chuchotent pour les premiers rangs. Certes, on connaît cette pièce presque par cœur, mais tout de même !.. On se moque un peu du spectateur !

Écrit par : Haddock | 22 décembre 2012

Personnellement, j'ai vu la pièce au 104 l'année dernière donc je ne sais pas ce que cela donne au Théâtre Ephémère.
Mais vous n'êtes pas le premier à écrire ici que le son n'est pas très bon dans les rangs les plus élévés.
Et si je n'ai pas constaté cela, ce n'est pas parce que "les critiques sont toujours placés aux premières loges" mais parce que j'achète mon abonnement très tôt et j'opte pour des premières catégories (pour info avec un abonnement, la place en 1er cat est à 30 euros au lieu de 39 donc pas beaucoup plus qu'un billet unique en seconde catégorie) donc oui, je suis souvent dans les premiers rangs !

Écrit par : Audrey | 22 décembre 2012

Les commentaires sont fermés.