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22 septembre 2011

"Roméo et Juliette" revu par Olivier Py à l'Odéon - Théâtre de l'Europe

"Amère réalité
d'une image divine"

Cela faisait un petit moment que l'on n'avait pas parlé d'Olivier Py pour ses mises en scène : le directeur de l'Odéon - Théâtre de l'Europe a surtout fait l'actualité ces derniers temps pour le non-renouvellement de son mandat à la tête de cette institution. On se rappelle que le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand avait nommé son successeur alors même qu'il restait encore une année à faire à Olivier Py. On se rappelle aussi les protestations que cela avait soulevé et comment s'était conclu l'affaire: Olivier Py dirigera le Festival d'Avignon à partir de la saison 2014.

romeo et juliette,odéon,olivier py,shakespeare,camille cobbi,matthieu dessertine,quentin faureMais pour l'instant, le metteur en scène est encore à l'Odéon et il nous propose, en cette rentrée SA version de Roméo et Juliette de Shakespeare. Et si  j'emploie les majuscules, c'est parce qu'il ne s'agit pas seulement de revoir cette pièce par la mise-en-scène : Olivier Py a également retraduit le texte. Une traduction dans une langue beaucoup plus quotidienne et contemporaine (la rose sous un autre nom, dans la scène du balcon, n'embaume plus comme chez François-Victor Hugo : chez Py, le verbe "sentir" suffit !) et surtout, beaucoup plus crue que la traduction classique.

"On passe de la blague de corps de garde à la philosophie la plus subtile. Shakespeare s’adresse à tous les niveaux de la société : au parterre, qui doit rire à ses blagues de cul, comme à la reine, qui n’est peut-être pas la dernière à s’esclaffer" expliquait le metteur en scène à nos confrères du JDD, dimanche dernier, "ça m’a toujours embêté de voir 'fils de pute' traduit par 'faquin'”.

Et c'est le point positif de cette version du grand classique anglais. Pour le reste : je suis plus que réservée ! Les jeux de mots shakespeariens, une fois traduits, sont suffisamment explicites : pas besoin de mimer une copulation pour que l'on comprenne, on n'est pas neuneux !!!! Cela vire souvent au grotesque.

Côté scénographie : des néons en fond de scène et la salle qui reste à demi-allumée pendant la représentation -  pas top non plus (limite génant au second balcon où j'étais) - et un décor minimaliste, composé seulement de quelques estrades à roulettes. Bof, bof, bof !

Mais bon, il est vrai, j'ai la pruderie et les goûts d'une dame de 80 ans, I know ! Mais je suis aussi une incorrigible optimiste qui voit toujours des trucs biens même quand je n'aime pas quelque chose. Ici, c'est dans la distribution qu'on les trouve. De la jeunesse sur scène : Camille Cobbi (Juliette), Mathieu Dessertine (Roméo) et Quentin Faure (Tybalt et Lady Capulet) sont tous trois sortis du conservatoire il y a peu. Et ils assurent, surtout la demoiselle. Heureusement que Juliette était là pour sauver la soirée !

Roméo et Juliette de Shakespeare, traduction et mise en scène OlivierPy. Avec Olivier Balazuc, Camille Cobbi, Matthieu Dessertine, Quentin Faure, Philippe Girard, Frédéric Giroutru, Mireille Herbstmeyer, Benjamin Lavernhe, Barthélémy Meridjen, Jérôme Quéron, David Broutté, Fabrice Charles, Gilles Hollande, Vincent Val. Musique au piano interprétée sur scène par Jérôme Quéron. Odéon Théâtre de l’Europe, du 21 septembre au 29 octobre 2011. En tournée ensuite. Réservations : 01.44.85.40.40. Le texte est publié aux éditions Actes Sud – Papiers.

Commentaires

Soyons francs, ce spectacle n'est pas à la hauteur de la réputation, très exagérée, du metteur en scène. Il n'y a pas réellement de mise en scène, pas de point de vue, pas de traitement… un décor bien fait certes, mais c'est le minimum. On a tout juste l'impression d'assister à des travaux d'élèves, travaux bien faits, malgré le jeu vieillot et criard de roméo. C'est navrant et bien triste. Olivier Py n'est pas le grand metteur en scène qu'on pourrait attendre pour un poste aussi prestigieux que le sien, son travail est fainéant et manque cruellement de vision. Mais visiblement le monde du théâtre français se voile les yeux avec son enfant gâté…
E.

Écrit par : etienne | 22 septembre 2011

on est plus près du mauvais théâtre de boulevard que de Shakespeare. Pour qui Monsieur Py se prend-il ?

Écrit par : Martin | 05 octobre 2011

commençons par le + : 1 belle utilisation du décor & de l'espace (je préfère la symbolique à des décors bouffants qui fait disparaître le jeu des acteurs..), 1 mise en scène bien calibrée dans le rythme pour tenir la longueur, 2d rôles intéressants, de l'humour bien dosé dans le drame (un peu grotesque parfois, oui, mais c'est marrant au final)
Mais Juliette est 1 réelle déception ! Je comprends pas votre critique (ou alors j'ai pas eu de chance, c'était pas sa soirée...)
Elle ne croit en rien en ce qu'elle dit, 0 rupture, tout en force quand ça pleure ou crie... 0 émotion qui passe, je décrochais quand elle parlais (ça m'a fait ça qu'avec elle !), c'est dire .. Le malheureux Roméo faisait ce qu'il pouvait pour paraitre amoureux en face d'elle et lui donner la réplique, mais je ne sentais pas d'amour...

Écrit par : air_zed | 29 septembre 2011

Dès les premières phrases on comprend :
Guerre civile clanique à Vérone. Deux soldats se promettent, une fois la victoire obtenue, de s'occuper des filles du clan d'en face. Car "j'en ai une grosse, et bien dure".
Et le public de glousser à la perspective des viols de masse, par les soudards vainqueurs, des femelles du clan vaincu *.
Le reste est à l'avenant. Racoleur.

La question est de savoir si Shakespeare a voulu faire une bouffonnerie salace, ou raconter une histoire qui méritait de devenir l'archétype de l'amour sublime, impossible et malheureux.
Dans le premier cas, merci à M. Py le justicier.
Dans le 2ème cas, M. Py qui écrit sur ses affiches "Roméo et Juliette de W. Shakespeare version française" ("parodie gauloise" serait plus approprié), est un escroc.
Je vais donc m'enquérir d'une v.o. de l'oeuvre, pour juger dans quel cas nous sommes.

* (Le même public qui serrait les poings à l'évocation de Sarajevo et Srebrenica).

Écrit par : Dominique Poisson | 09 octobre 2011

J'en sors . Tous les poncifs du théâtre dit moderne sont là: actes sexuels homo mimés, humour déplorable, mise en scène sans intérêts le tout avec une légèreté et un sens de la suggestion digne d'un troupeau d'éléphants dans un théâtre de porcelaine. Et que dire de la traduction je vous renvoie à la Pléiade. C'est long, sans aucune grâce ni sensualité : consternant.

JG.

Écrit par : GARCIA | 28 octobre 2011

J'avais espéré le voir, les différents avis et l'article me font un peu déculpabiliser, mais c'est toujours dommage de ne pas pouvoir se faire un avis par expérience personnelle de la représentation. Il m'a toujours semblé que les talents de Py s'exprimaient pourtant assez biens dans l'opéra, comme je n'ai jamais vu de pièce de théâtre de lui pour faire de comparaison, peut-être y'aurait-il ici un avis sur la question?

Écrit par : Fanny | 01 novembre 2011

"Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère !". Hier soir à La Rochelle, je suis partie à l'entracte. Je ne suis pas bégueule et les blagues salaces ne me gênaient pas plus que ça. Je les ai trouvées lourdingues, trop appuyées, tuant tout l'humour du texte. Le décor, moche, pas signifiant, cette mode (facilité ?) de vêtements contemporains, la salle qui reste allumée pour que les comédiens puissent y circuler par moments, les mêmes acteurs jouant plusieurs rôles ... rien de novateur. Cette course poursuite incessante des comédiens avec gambades, sauts, virevoltes, escalade des praticables était plutôt fatigante comme l'était leur diction, presque toujours proche de la vocifération. Bouger beaucoup, crier le texte ne parvient pas à donner du rythme au spectacle. Roméo était adorable et faisait ce qu'il pouvait ; Juliette tournoyait gracieusement mais sa voix nous empêchait de croire qu'elle devait avoir 14 ans et qu'elle était follement amoureuse de son Roméo. Je n'ai pas pu me résoudre à attendre de la voir mourir...
C'est la première fois que je m'enfuis à l'entracte de ce théâtre de La Coursive où nous voyons tant de très beaux spectacles dans le cadre de programmations très éclectiques.

Écrit par : Meresse | 16 novembre 2011

J'étais également hier soir à la représentation de La Rochelle. J'adhère à toutes vos remarques, mais je suis tout de même restée pour voir si je ne m'étais pas trompée sur mon jugement lors de la première partie. Eh bien non. Aucune émotion à la mort des 2 amants. J'ai juste apprécié le jeu de Roméo et Juliette, même si Juliette m'a déçue à la fin de la représentation : aucune douleur apparente, aucun amour véritable pour son amant. Je ne sais pas s'il est vraiment utile d'adopter des adaptations contemporaines pour se mettre au niveau des ados qui peuplaient la salle de La Coursive, je reste dubitative devant une mise en scène alliant décors basiques et éclairage de la salle inintéressant. Je n'avais pas été aussi déçue par un spectacle depuis le concert de Miossec dans cette même salle (Il ne connaissait pas ses chansons et s'était présenté complètement ivre ce soir-là). Espérons que La Coursive nous réserve de belles surprises cette année afin que nous ne restions pas sur cette note amère.

Écrit par : Lamagnère | 16 novembre 2011

@ Meresse: Il est facile de critiquer quand on ne comprend pas les partis pris: non les lumières ne restent pas allumées dans le public pour que les comédiens puissent circuler, c'est une évocation évidente au théâtre du Globe où les représentations se faisaient en plein jour.

Après libre à chacun d'avoir son avis mais celui devrait être un minimum réfléchit.

Écrit par : Garcia | 22 décembre 2011

Voilà que ,ne connaissant pas encore vos "réserves"(le mot est faible),je viens de me faire avoir au T.N.P. de Villeurbanne ou la pièce est donnée ces jours-ci.
Quelle déception,et quelle tristesse! Je me demande si mon âge avancé n'est pas en cause,mais non ,ce n'est pas ma faute si le texte est aussi médiocre,et la mise en scène aussi peu rigoureuse.

Écrit par : michel | 07 janvier 2012

J'interviens en tant que novice... je n'ai vu que très peu de pièces de théâtre aussi mon avis n'est il absolument pas construit autour de références passées... il s'agit d'un avis brut de brut.
Je n'ai pas non plus connaissance de la façon dont les représentations se passaient au théâtre du globe... ce qui est certes un "éclairage" intéressant sur le parti-pris mais n'excuse à mon avis en rien la faiblesse de l'ensemble...
Nous avons failli partir à l'entracte... mais je voulais me faire un avis sur l'ensemble de la pièce.

Quelques points positifs cependant :

j'ai apprécié le décor minimaliste et certains jeux d'éclairage très cinématographiques. Le jeu des comédiens qui campent les rôles des amis de Roméo m'a plutôt convaincu. Ils ammènent une fraîcheur bienvenue à l'ensemble. Dommage que l'un deux ne meurt pendant le premier acte et que l'autre soit quasi absent...

Une scène intéressante lorsque le père de juliette la maltraite... la scène est jouée 2 fois d'affilée ce qui lui donne un aspect un peu fou et dramatique.

Pour le reste...

Juliette si elle est plutôt crédible, n'arrive cependant pas à nous faire croire au grand amour qu'elle est supposée avoir pour Roméo... la faute sans doute à un Roméo que l'amour a rendu totalement niai... et malheureusement grotesque.
Durant toute la pièce, Roméo se lamente, déclame et vocifère... aucune subtilité... les scènes pendant lesquelles il intervient deviennent rapidement pénibles et on a hâte qu'il meurt enfin...

Quelques vraies fausses bonnes idées aussi... ces comédiens qui endossent plusieurs rôles... si ça marche à peu près pour la mère/cousin de Juliette, ça ne fonctionne pas du tout pour le prétendant/père de Juliette ... la scène du repas (mis à part l'éclairage) est totalement ratée... peut-être la faute à un comédien qui en fait lui aussi 3 tonnes...
Enfin les textes... encore une fois je n'ai que peu de références mais ça m'a paru bien fades... est-ce bien du Shakespeare ?

Car au final, si l'idée était de moderniser l'oeuvre, le résultat est à mon sens complètement hasbeen...

Je vais me revoir le Roméo et Juliette de Baz Luhrmann... il m'avait à l'époque vraiment enthousiasmé car pour le coup le film avait réussi là ou Olivier Py échoue très clairement : moderniser l'oeuvre tout en respectant le texte original.

Écrit par : Philippe | 20 janvier 2012

Je ne suis d'accord avec aucune de vos critiques .. Pour ma part , je trouve qu'Olivier Py reste fidèle à lui même . L'on retrouve sa personnalité , ses caractéristiques à travers cette adaptation ( religion , parti politique , homosexualité ... )
Ayant vu cette piece à la Comédie de Reims , on a tout de suite été prevenu que c'était du Shakespear à la sauce Py . Une piece modernisée et certes avec une traduction qui s'éloigne de l'original .. Mais c'est ce qui fait la modernité et la différence avec les autres adaptations .
Le décor à la fois simpliste reste très fonctionnel , la musique présente sur scène et un jeu d'acteurs plutôt convaincant , personnellement je retrouve totalement le metteur en scène qu'est O. Py dans Roméo et Juliette .

Écrit par : Jerem | 18 mars 2012

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