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20 mai 2011

Mille francs de récompense de Victor Hugo à l'Odéon - Théâtre de l'Europe

"Paris est grand, Paris est bon ; je viens m'y perdre et m'y retrouver"

 Laurent Pelly, victor Hugo, theatre de l'odeon, mille francs de recompenseJ'avoue : de Victor Hugo dramaturge je connaissais Hernani, Ruy Blas, Angelo tyran de Padoue, Lucrèce Borgia... mais Mille francs de récompense, jusqu'à la semaine dernière, je n'en avais jamais entendu parler. Jusqu'à ce que je vois une affiche. C'est surtout le nom de Laurent Pelly à la mise en scène qui m'a donné envie d'y aller. Et c'est tant mieux car cette pièce est un petit joyaux.

L'histoire, c'est un peu celle des Misérables. Un récit à tiroir avec des situations qui s'entrecroisent et se recoupent. L'histoire débute dans une famille démunie devenue la proie des huissiers. Témoin de cela, un cambrioleur à qui la jeune fille de la maison, Cyprienne, a permis de traverser l'appartement pour s'enfuir par les toits. Le voleur, Glapieu, décide alors de faire une bonne action.  A mi-chemin entre Jean Valjean et Gavroche, il tente de rétablir une certaine forme de justice sociale face aux banquiers et aux bourgeois et devient, un peu malgré lui, le deus ex machina de l'intrigue. 

La pièce a été créée l'année dernière au Théâtre national de Toulouse que Laurent Pelly co-dirige. Le metteur en scène (dont on peut également voir en ce moment L'Opéra de quat'sous à la Comédie-française) et son équipe ont opté pour un décor assez épuré, laissant une grande place à l'imagination du spectateur : des armatures en fer dessinant tour à tour un appartement ou un tribunal et permettant à Glapieu de se transformer en passe-muraille pour venir nous interpeller. La distribution est irréprochable à mes yeux : Jérôme Huguet parvient à rendre Glapieu vraiment attachant, Emmanuel Daumas campe avec humour un fêtard devenu substitut du procureur contre son gré (avec une scène où, déguisé en chevalier, il vient en aide à la jeune fille éplorée tel Don Quichotte) mais surtout Christine Brücher et Emile Vaudou réussissent à jouer une mère et une fille au comble du désespoir sans tomber dans le pathos.

Car tel était le risque avec cette pièce, véritable mélodrame avec une happy end comme on en fait plus. Laurent Pelly évite avec brio de plonger dans le côté "gnangnan" et met superbement en valeur les longues tirades humanistes, permettant ainsi à Victor Hugo de nous interpeller par delà les années.

Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Laurent Pelly avec Vincent Bramoullé, Christine Brücher, Emmanuel Daumas, Rémi Gibier, Benjamin Hubert, Jérôme Huguet, Pascal Lambert, Eddy Letexier, Laurent Meininger, Jean-Benoît Terral, Émilie Vaudou et avec la participation de François Bombaglia. Au Théâtre de l’Odéon jusqu'au 5 juin 2011. Réservation :  01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

Commentaires

Je l'ai vue aussi ! Seulement c'était à Lyon, la pièce étant en tournée... C'est comme cela que j'ai découvert Laurent Pelly. J'ai tout simplement adoré (particulièrement le jeu de lumières, dans la maison). J'ai juste trouvé qu'il en avait fait un peu trop avec les énormes têtes des fêtards...

Écrit par : Minyu | 21 mai 2011

Je pense que les "énormes têtes de fêtards" sont inspirées des dessins de Daumier, un caricaturiste politique de l'époque, très connu pour avoir croqué Louis-Philippe en Gargantua.

Écrit par : Audrey | 22 mai 2011

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