Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16 mai 2011

"Mademoiselle Julie" de Strindberg au Théâtre de La Colline

"Mademoiselle croit vraiment
à ce qu'elle raconte ?"

Voir Mademoiselle Julie le lendemain de On ne badine pas avec l'amour, c'est un peu faire le grand écart. Une cinquantaine d'années seulement sépare les deux oeuvres - le suédois August Strindberg a écrit cette pièce en 1888 - mais on ne pouvait faire deux personnages aussi diamétralement opposés : face à la chaste Camille de Musset, tout juste sortie du couvent et ne songeant qu'à y retourner - la Julie de Strindberg apparaît plus que délurée, aguichant une soirée durant son domestique. Pourtant, les deux femmes ont un point commun : leur rapport aux hommes est lourdement influencé par les femmes de la génération d'avant, des religieuses aigries pour Camille, une mère à la vie dissolue pour Julie. Des filles qui paient pour les erreurs du passé en somme, mais une fin aussi dramatique pour l'une comme pour l'autre : on n'est heureux en amour ni chez Musset, ni chez Strindberg.

Mais laissons-là les comparaisons et venons en plus précisément à cette Mademoiselle Julie que nous propose le théâtre de La Colline et Christian Schiaretti. La pièce est un huis-clos : toute l'action se passe dans la cuisine. C'est la nuit de la Saint-Jean, la plus courte de l'année. Au dehors, la fête bat son plein, tout le village chante et danse. Julie, elle, préfère papillonner à l'office autour de Jean, le valet. D'un oeil critique, Christine la cuisinière observe le manège. Car il n'est pas de bon ton pour une aristo de s'encanailler de la sorte. Mais que cherche Julie au juste : la provocation ?  Un peu d'amour et de tendresse ? Se convaincre qu'elle peut séduire ? Et c'est quand le pas est franchi, la relation consommée, que le huis-clos prend toute sa noirceur, que l'ambiance devient réellement oppressante.

On regrettera plusieurs choses dans cette mise en scène : certains passages très longs, sans paroles (comme la scène d'introduction où Christine, interprêtée par Clara Simpson, fait la cuisine pendant cinq bonnes minutes sans piper mot ou encore cette scène de transition où des figurants viennent renverser les meubles dans la cuisine, au ralenti, pendant que Julie et Jean se sont réfugiés dans la chambre de celui-ci) et ces néons rouges, assez hideux, de part et d'autre de la toute petite portion du plateau  qui sert de scène (bonne idée cependant de n'utiliser qu'une petite partie du plateau pour accentuer cette impression d'enfermement). Et puis il faut le dire : Clémentine Verdier qui interprête le rôle tître ne m'a pas entièrement convaincue, l'émotion n'était pas au rendez-vous.

Heureusement, Wladimir Yordanoff  sauve à mon sens cette création. Si au début de la représention, je me suis demandée s'il avait vraiment l'âge de ce rôle, il incarne finalement un Jean très crédible, notamment dans les passages où il ne mâche pas ses mots face à Julie. La différence d'âge confère au final à son personnage un charisme et une forme d'autorité qui contribuent à conduire Julie à sa perte.

On attend à présent avec impatience de voir une autre mise en scène de cette même pièce, cet été au festival d'Avignon. Une mise en scène signée Frédéric Fisbach avec Juliette Binoche et Nicolas Bouchaud dans les rôles principaux...

Commentaires

À mon humble avis, Juliette Binoche, qui n'a jamais été une bonne actrice de théâtre, est bien trop âgée pour le rôle...

Écrit par : anne | 16 mai 2011

C'est un peu ma crainte aussi ...

Écrit par : Audrey | 16 mai 2011

J'ai pour ma part nettement préféré l'interprétation de Clémentine Verdier à celle, plate et peu convaincante, de la grande Juliette...

Écrit par : Maria | 11 avril 2012

Les commentaires sont fermés.