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25 avril 2011

"Un tramway nommé désir " de Tennessee Williams à la Comédie-Française

"Je ne veux pas de réalisme,
je veux de la magie"

Les historiens du théâtre retiendront-ils, dans plusieurs décennies, qu'avec cette pièce Tennessee Williams fut le premier auteur américain à entrer au répertoire de la Comédie française ? Ou bien souligneront-ils plutôt cette mise en scène japonisante de Lee Breuer, préférant à un décor réaliste, un plateau épuré et des estampes suspendues à des cintres ?

Ce que je retiendrai, quant à moi, c'est ce côté bestial que je ne soupçonnais pas chez Eric Ruf. Le comédien - qui joue également cette saison le Pyrrhus d'Andromaque - campe un Stanley Kowalski plutôt convaincant (et il est pourtant difficile de passer après Marlon Brando), tantôt charmant, tantôt détestable par sa goujaterie. Et Blanche DuBois ? C'est Anne Kessler qui interprête ce rôle, une Blanche enfantine, fragile au possible, qui évolue sur un fil. Cette Blanche-là restera, à mon avis, dans les mémoires. N'oublions pas Françoise Gillard (Stella) une de mes comédiennes préférées de la maison de Molière (inoubliable Catharina dans La Mégère apprivoisée, mise en scène par Oskaras Korsunovas)et Grégory Gadebois qui révèle tout son talent dans le rôle de Mitch (et me fait ainsi un peu plus regretter de ne pas avoir vu Angèle et Tony au cinéma !).

Et puis il y ces tenues somptueuses avec lesquelles Blanche débarque dans l'appartement miteux de sa soeur ... Luxueuses parures symboles du faste passé auquel se raccroche désespérément Blanche, avant de sombrer peu à peu dans la folie. Je vous parlais d'un décor épuré : des estrades noires, un lit, une table, un coffre. Et pourtant, on ressent parfaitement l'ambiance de ce petit appartement à la Nouvelle-Orléans, la moiteur et l'exiguïté des lieux qui étouffent Blanche. Une atmosphère en partie restituée grâce à la musique Vieux Sud et aux musiciens présents sur scène. Des parties musicales qui rallongent cependant un peu le spectacle. Du coup, la pièce passe la barre des trois heures et manque parfois un peu de rythme. Dommage.

Un tramway nommé désir de Tennessee Williams (texte français de Jean-Michel Déprats), mise en scène de Lee Breuer. Avec Anne Kessler, Éric Ruf, Françoise Gillard, Christian Gonon, Léonie Simaga, Bakary Sangaré, Grégory Gadebois et Stéphane Varupenne. Salle Richelieu, en alternance jusqu'au 2 juin 2011.

Commentaires

Je suis du même avis, 3h c'est bien trop long ! Enfin bon, ça reste du grand spectacle !

Écrit par : betclic | 30 avril 2011

Vu!
Vraiment très moyen pour moi. Kessler en fait un peu 3 tonnes en "déclâmant" comme si elle jouait Phèdre (ce qui est peut-être un parti pris, mais bon...), la mise en scène et les décors ne font que parasiter le fabuleux texte qui, normalement, se suffit à lui-même. Je n'ai pas compris le principe des "50" personnes (environ!) sur scène alors que normalement l'angoisse monte à cause du trio qui se repli sur lui-même...
Et puis 3 h...vraiment très bof

Écrit par : marie-eve | 02 mai 2011

Les commentaires sont fermés.