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15 février 2011

"La critique de l'école des femmes" de Molière / Clément Hervieu-Léger / Studio-Théâtre de la Comédie-Française

"Que vous êtes, Madame,
une rude joueuse en critique ..."

"Monter La Critique de l'École des femmes indépendamment de la pièce éponyme, c'est faire le pari que cette comédie "tient" toute seule, c'est croire que la dispute enflammée qui anime ces personnages rejoint, au delà de L'École des femmes, toutes les querelles littéraires et tous les débats esthétiques qui scandent la vie artistique."

Sur ce point-là, je suis parfaitement d'accord avec Clément Hervieu-Léger qui met actuellement en scène La critique de l'École des femmes au Studio-Théâtre de la Comédie française.

Même si l'on connaît peu - voire pas du tout  - l'autre oeuvre de Molière, on peut trouver du plaisir à voir cette pièce-là sur scène. Car cette discussion de salon trouve des résonances en nous. Faut-il ou non aimer une oeuvre lorsqu'elle est populaire ou bien le seul fait qu'elle plaise aux masses la rend-elle culturellement inintéressante ? 

Rendre ce débat actuel. C'est à quoi s'est employé , avec succès, Clément Hervieu-Léger, optant pour des costumes modernes et un décor rappelant les coulisses ou les réserves d'un théâtre. Pour les costumes, on appréciera l'aspect sophistiqué de celui de Climène (gants en cuir rouge, talons hauts, veste touchant le sol et broche XXL) et la simplicité de celui d'Elise, (jean et chemise) renforçant ainsi les différences de personnalité entre les deux.

Christian Hecq (Lysidas) et Elsa Lepoivre (Climène) jouent  avec justesse le côté un peu grotesque des détracteurs de Molière. Elle, en fausse prude qui tombe dans les pommes à peine lit-on quelques vers de la pièce mise en cause ; lui, en auteur un peu fat, se faisant prier pour donner son avis mais balançant franchement ensuite (et là, le phrasé un peu saccadé de Christian Hecq nous rend hilares). Clotilde de Bayser est parfaite en Uranie, très classieuse comme à son habitude.

Bonne idée aussi que de ponctuer le débat par la lecture d'extraits de L'Ecole des femmes. Le marquis (Serge Bagdassarian) et Elise (Georgia Scalliet) nous lisent ainsi la fameuse scène entre Arnolphe et Agnès, alors que Climène est au comble de l'effroi.

Là où je suis moins d'accord avec le metteur en scène, c'est dans la vision qu'il a du personnage de Dorante. Ou du moins, la tonalité qu'il a donné au discours de celui-ci. Lorsque j'ai lu la pièce, je me suis imaginée un Dorante posé, raisonné, un peu moqueur envers ses contradicteurs. C'est lui qui est chargé de défendre Molière, de moucher les détracteurs. Le personnage présenté ici est emporté et colérique. Habituellement, j'adore voir Loïc Corbery sauter d'un bout à l'autre de la pièce, hurler et se mettre en colère. Mais là, était-ce utile ? Son discours ne fait qu'y perdre en crédibilité. Dans un débat, la règle veut que le premier qui s'énerve perde la partie... En cela, le choix du metteur en scène me laisse un peu dubitative. Un petit détail, certes, mais lorsque l'on adore, on peut se permettre de pinailler !

La critique de l'Ecole des femmes de Molière, Studio Théâtre de la Comédie française, mise en scène Clément Hervieu-Léger, avec Clotilde de Bayser, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Christian Hecq, Georgia Scalliet, Jérémy Lopez et Samuel Labarthe. Jusqu'au 6 mars 2011 

Reprise du 22 septembre au 28 octobre 2012

A lire aussi : L'Ecole des femmes, mise en scène par Jacques Lassalle

 

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